INTRODUCTION VII
Deforis lui-même, dans ses préfaces diffuses, mais instructives, nous fait connaître toutes les autres peines qu'il avait dû se donner. Avant d'interpréter ces manuscrits avec plus ou moins de bonheur, mais avec une incontestable application, il lui avait fallu les chercher, et longtemps, principalement dans les diocèses de Meaux, de Troyes et de Metz. En 1718, quatorze ans après la mort du grand Bossuet, son neveu, sacré évêque de Troyes, avait emporté en cette ville les portefeuilles contenant les Serinons. Ils passèrent de là (1743) aux mains de M. Chasot, Premier président au Parlement de Metz, et petit-neveu de l'évêque de Meaux. Vingt ans environ après la mort de M. Chasot, sa veuve entendit les appels chaleureux des bénédictins. De concert avec son frère, le Président de Montholon, et avec le conseiller Choppin d'Arnouville, son gendre, elle leur remit libéralement de nombreux autographes, qui vinrent grossir la collection commencée par l'abbé Le Roy, grâce à ses anciennes relations avec l'évêque de Troyes. Quand les erreurs de Deforis seraient cent fois plus graves et plus nombreuses que celles qu'on est en droit de lui reprocher, cette découverte capitale devrait encore faire bénir sa mémoire.
Il est vrai, un nombre assez considérable de sermons, de ceux que Bossuet avait rédigés ou du moins esquissés par écrit, ont échappé à ses investigations. Peut-être étaient-ils déjà détruits à cette époque. Ce qui semblerait autoriser cette triste conjecture, c'est l'impossibilité où nous nous voyons tous, les uns après les autres, de retrouver une pièce, même de celles qu'il n'a pas publiées, qui n'ait passé sous ses yeux. Il fît paraître d'abord en 1772 trois volumes in-i°, qui devinrent les tomes IV, V, VI des Œuvres complètes. Ils contenaient les sermons pour l'A vent et le Carême, et sur les principaux mystères. Ils furent suivis en 1778 des sermons détachés, dont le plus grand nombre se rapportait aux fêtes de la sainte Vierge. On lisait aussi dans le tome VII (1778) douze discours composés pour des vêtures ou professions de religieuses ; et trois panégyriques, ceux de saint Sulpice, de saint François de Sales et de saint Benoît. Les oraisons funèbres, classiques et autres, for-