Var. : attirail. n'est pas en son pouvoir. Par exeni
6. Les éditeurs intercalent ici pie, si vous rencontrez des voleurs un long fragment de la lre rédac- qui vous voient en état de leur
Et c'est là, Messieurs, ce qui [a] animé les puissances de la terre contre les défenseurs de la foi. Ces âmes héroïques n'ont pu plaire au monde, et le monde ne leur a pu plaire : voilà la cause de leurs contrariétés. Le monde ne leur a pas plu, c'est pourquoi ils l'ont méprisé. Ils n'ont pas plu au monde, de là vient que le monde a pris plaisir d'affliger ce qui n'était pas à lui. Et le tout est arrivé par un ordre secret de la Providence, afin d'accomplir cette parole mémorable de notre divin Sauveur : « Je ne suis pas venu pour donner la paix, mais pour allumer la guerre : Non vent pacem mittere, sed gladium l. »
Vous voyez bien par là en quoi consiste le courage d'un véritable martyr. Je vous ai promis de vous en faire voir une idée excellente en la personne de notre saint : c'est ce que je ferai, s'il plaît à Dieu, dans la suite de ce discours. Je m'en vais tâcher de vous mettre devant les yeux, en deux points, une âme héroïque, un courage inflexible, que l'espoir des grandeurs n'a point
résister, ou ils se retirent, ou, s'ils vous abordent, c'est avec beaucoup de civilité. Ils n'en sont pas pour cela ni moins voleurs, ni moins avides de carnage et de pillerie ; mais la crainte les oblige à dissimuler. Vous voyez donc bien qu'elle étouffe les sentiments de l'âme, mais qu'elle ne les ôte (Deforis, Lâchât : détruit) pas. Cela n'appartient qu'à l'amour ; c'est lui qui, pour ainsi dire, tient la clef de l'âme, qui l'ouvre et qui la dilate pour y faire entrer les objets. « Os nostrum patet ad vos, o Corinthii, cor nostrum dilatatum est : Pour vous, ô Corinthiens, j'ouvre ma bouche et mon cœur, » (Deforis, Lâchât : L'amour que j'ai pour vous, ô Corinthiens, ouvre ma bouche...) dit le grand Apôtre (II Cor., vi, 11), pour leur témoigner son affection. Et c'est pour cela que, selon la doctrine du même (Deforis, Lâchât : du grand) Apôtre, la loi ancienne, qui était une loi de crainte, « a été écrite au dehors sur des tables de pierre :
Forinsecus in tabulis lapideis, » parce que la crainte n'a point d'accès au dedans l'âme ; au lieu que la loi nouvelle est gravée dans le fond du cœur : In tabulis cordis carnalibus
(II Cor., m, 3). parce que c'est la loi d'amour. Par où il appert qu'il est bien plus difficile de vaincre un mauvais amour qu'une mauvaise crainte, parce que l'amour tenant dans l'âme la place principale, il faut faire pour le chasser une plus grande révolution, et partant ceux que le monde a pris par inclination sont bien plus captifs que ceux qu'il abat par la frayeur des supplices.
Ce que j'ai été bien aise de (Def., Lâchât : Ce que j'ai dû) vous faire remarquer afin que vous connussiez (Def., Lâchât: connaissiez) quelle est la nature de la guerre que le monde vous a déclarée, et combien il faut que le soldat de Jésus-Christ soit armé de tous côtés. Car du reste il importe peu à la gloire de saint Gorgon laquelle des deux entreprises est plus difficile, puisqu'il a également [triomphé] en l'une et en l'autre ; c'est le partage de mon discours. » — Cette rédaction a été remplacée par celle que nous donnons dans le texte. Les éditeurs les amalgament, à l'exemple de Deforis. On voit de plus comment ils corrigent Bossuet dans le détail, l Matt., x. 34.
amolli, que la crainte des supplices n'a point ébranlé. Plaise seulement à cet Esprit qui souffle où il veut, de graver dans nos cœurs l'image de tant de vertus, afin que tout autant que nous sommes assemblés dans ce temple au nom du Seigneur, nous soyons tellement animés d'un si bel exemple, que nous ne vivions et ne respirions plus que pour Jésus-Christ.
[Premier Point.]
Saint Gorgon vivait en la cour des empereurs Dioclétian et Maximian, et avait une charge très considérable dans leur maison. Chacun sait combien l'on estime ces sortes d'emplois chez les princes, et combien les font valoir ceux qui les possèdent. Surtout quiconque a tant soit peu lu l'histoire romaine y a pu remarquer quel crédit les empereurs donnaient ordinairement à leurs domestiques que leurs offices appelaient plus souvent près de leurs personnes. Mais sans m'amuser à des conjectures, je n'ai qu'à vous produire le témoignage d'Eusèbe, évêque de Césarée, qui a vécu dans le siècle de notre saint, personnage grave et recommandable à jamais pour nous avoir donné en un si beau style1 l'histoire des premiers temps de l'Église. \ oici donc ce qu'il dit de saint Gorgon et des compagnons de son martyre : Ils étaient montés au suprême degré d'honneur auprès de leurs maîtres, et leur étaient chers ne plus ne moins que s'ils eussent été leurs enfants. Voilà peu de mots, mais il ne pouvait rien dire qui nous2 fît paraître un si grand crédit. Vous remarquez bien que ces paroles nous font entendre, non seulement qu'ils étaient en très bonne posture auprès de leurs maîtres, que les empereurs avaient de grands desseins pour les avancer, mais encore qu'ils avaient pour eux une tendresse très particulière, que notre historien n'a pu exprimer qu'en disant qu'ils les aimaient comme [leurs] 3 propres enfants : lis seque ac germani filii cari erant4. Or ce n'est pas mon dessein de vous exagérer beaucoup leur pou-
1. Édit. : en si beau style. rations dans Deforis,Versailles,ete.)