Lâchât : Veut. 5. Edit. : les citoyens. — Var
2. Lâchât : Elle semble prête à parmi ses citoyens, descendre vers non?. {Elle semble
1er novembre 1649, en la chapelle de Navarre.
Diacre, et bientôt directeur de la confrérie du Rosaire, Bossuet ne se bornera plus à méditer en compagnie de ses condisciples. Dès le présent discours l, il s'adresse à la fois aux jeunes ecclésiastiques et aux fidèles : « ... Prenez garde, chrétiens, lorsqu'on vous parlera du royaume céleste, de ne vous le pas représenter à la façon de ces choses basses... » La date est donnée par l'écriture et par l'orthographe, identiques à celles du panégyrique de saint Gorgon, et différant sur plusieurs points des manuscrits qui vont suivre.
Sommaire. — Omnia vestra sunt. — Félicité des saints, accomplissement de l'œuvre de Dieu. (1er p.) — Gloire de Jésus- Christ et l'amour du Père sur eux. Ego claritatem, quam dedisti mihi, dedi eis. (Joan., xvn, 22.) Dilectio qua dïlexisti me, in ipsis sit, et ego in eis. (Joan., xvn, 2G.) (2e p.) — Dieu étendra les âmes pour les rendre capables d'une félicité plus haute, d'une joie surnaturelle. Advocabit cselum. desursum et terrain discernere populum sinon. (Ps. xlix, 4.) Paraphrase de quelques psaumes. Débris de la vie immortelle. Beatus vir qui non abiit in consilio : fin.
Omnia vestra sunt, vos autem Christi.
Tout est à vous, et vous êtes à Jésus-Christ, dit le grand Apôtre parlant aux justes. [I Cor., m, 22, 23.]
Si nous employions 2 à penser aux grandeurs du ciel
1. Ma. fr. 12,821, f. 26, pour le corps rés dans le ciel la moitié du temps du discours. L'exorde est à la fin que nous perdons à. songer aux vains (f. 32 verso). La première rédaction intérêts de ce monde, nous ne vide cet exorde, seule partie qui -oit Trions pas, comme nous faisons, en double, se trouve au f. 13. Xous dans un mépris si apparent (var. : la donnons en variante. dans une négligence si lâche) des
2. Var. : lre rédaction. M. Lâchât affaires de notre salut. Mais c'est un l'a placée en tète de la Méditation malheur (var.: une des punitions) sur le Bonheur des saints, publiée ci- qu'apporte notre péché : ce tyran ne dessus. Il y a fait (YIII, 1), dés sa s'est pas contenté de nous faire perpremière page, des fautes de lecture dre le royaume dans l'espérance duque nous nous contenterons de cor- quel nous avions été élevés (var. : riger. sans les signaler en détail : que nous attendions), il nous a telle-
(( Si nous employions à penser ment ravalé (var.: été) le courage aux avantages qui nous sont prépa- que nous n'osons plus prétendre à sa
la moitié du temps 1 que nous donnons inutilement aux vains intérêts de ce monde, nous ne vivrions pas, comme nous faisons, dans un mépris si apparent des affaires de notre salut. Mais tel est le malheur où nous avons été précipités par notre péché : il ne s'est pas contenté de nous faire perdre le royaume dans l'espérance duquel nous avions été élevés ; il nous a tellement ravalé le courage, que nous n'oserions quasi plus aspirer à sa conquête, quelque secours qu'on nous offre pour y rentrer. A peine nous en a-t-il laissé un léger souvenir ; et, s'il nous en reste quelque vieille idée qui ait échappé à cette commune ruine, cette idée, Messieurs, n'a pas assez de force pour nous émouvoir ; elle nous touche moins que les imaginations de nos songes. Cela fait que nous ne concevons qu'à demi ce qui regarde l'autre vie ; ces vérités ne tiennent point à notre âme déjà préoccupée des erreurs des sens.*
conquête, quelque secours qu'on nous offre pour y rentrer. A peine nous en a-t-il laissé un léger souvenir ; ou, s'il nous en demeure encore quelque vieille idée qui ait échappé à cette commune ruine, cette idée, Messieurs, n'a pas assez de force pour nous émouvoir ; elle nous touche moins que les imaginations de nos songes. Ce qui est plus cruel, c'est qu'il ne nous donne pas seulement le loisir de penser à nous. Il nous entretient toujours par de vaines flatteries (rar. : perpétuellement de vaines prétentions); et, comme il n'a rien qui nous puisse entièrement arrêter, toute sa malice se tourne à nous jeter dans une perpétuelle inconstance, tantôt d'un côté, tantôt d'un autre, et nous faire passer cette misérable vie dans un enchaînement de désirs incertains et de prétentions mal fondées. Cela fait que nous ne concevons qu'à demi ce qui regarde l'autre vie ; ces vérités ne tiennent quasi pas à notre âme déjà préoccupée des erreurs des sens. En quoi nous sommes semblables à ces insensés desquels parle le Sage, qui, sans considérer les grands desseins de Dieu sur ses saints, s'imaginaient qu'ils fussent enveloppés dans le même destin des impies, parce qu'ils les voyaient sujets à la même nécessité de la mort : Videbunt finem .<«pientis. et non intelligent quid cogita-
rerit de illo Deus (Saj)., IV, 17).
Souffrirez-vous pas bien, Messieurs, que, pour nous délivrer de ce blâme, nous donnions un peu de temps à considérer la providence de Dieu sur les saints ? Certes nous ne pouvons rien dire qui contribue plus à leur gloire ni à notre édification.
Comme c'est par là qu'ils (var. : l'endroit par où ils) estiment plus leur félicité, aussi doit-ce être ce qui nous excitera davantage. Voyons donc dans ce discours les grandes choses que (var. : ce que) Dieu s'est proposé de faire en ses saints, quid cogitaverit de Mis Dominus : comme il les a regardés dans toutes ses entreprises : quœ sit magnitudo virtutis rjus in nos qui credimus (Ephes., I, 19) ; comme il les a inséparablement attachés à la personne de son Fils, afin d'être obligé de les traiter comme lui : Vos autem Christ i.
Après avoir établi ces vérités, il ne me sera pas beaucoup difficile de vous persuader des merveilles qu'il opérera (var. : fera) dans l'exécution de ce grand dessein. Ce que je tâcherai de faire fort brièvement en concluant ce discours. Je vous prie d'implorer avec [moi] l'assistance du Saint-Esprit par l'intercession de la sainte Vierge. )) [Are.]