là. : d'innombrables douleurs. 6. Ibid., Il
Sermons de Bi ssuel . 5
âme de cet [te] union intime que vous aviez avec elle, rassasiez-nous tellement de vos saints mystères, soyez tellement en nous par la participation de votre chair et de votre sang, que vivant plus en vous qu'en nousmêmefs], nous ne respirions autre chose que d'être consommés avec vous dans la gloire que vous nous avez préparée !
Passons maintenant à la seconde partie de cet entretien.
[Second Point.]
Si nous reconnaissions dans la sainte Vierge qu'elle eût été assujettie aux ordres communs, nous croirions peut-être que son corps serait demeuré dans les ombres de la mort. Mais si nous y remarquons, au contraire, une dispense générale de toutes les lois: si nous y voyons une conception sans péché, un enfantement sans douleur, une chair sans rébellion, une vie sans tache, une mort sans peine ; si son époux n'est que son gardien, son mariage la protection de sa virginité, son Fils le fruit de son intégrité inviolable ; si, lorsqu'elle le conçut, le Saint-Esprit tint la place de la nature, et les délices de la virginité celle de la concupiscence ; qui pourra croire qu'il ne lui soit rien arrivé de miraculeux dans sa sépulture? Joignez à cela que cette altération qui change nos corps leur vient sans doute de la corruption du péché ; que notre chair doit être nécessairement corrompue, afin que, laissant à la terre ses vieilles souillures, elle puisse être un jour renouvelée par l'esprit de Jésus- Christ, et que nous devenions 1 ainsi enfants de Dieu au " corps et en âme, parce que nous sommes enfants de la résurrection : FUii sunt Dei, cum sint filii resurrectionis3. Or qu'y avait-il à purger dans la chair de la sainte Vierge? C'est d'elle que le Fils de Dieu a emprunté ce corps qu'il a donné pour le paiement de nos dettes ; et ne voyant point au monde de source plus pure, il a puisé dans ses chastes flancs ce sang qui a lavé nos iniquités. Elle est donc ressuscitée, la très innocente Marie. Non, la corruption n'a osé toucher ce corps virgi-