FRAGMENT SUR
A Navarre, vers 1G51.
Les éditeurs ont interpolé ce fragment 1 clans le Premier sermon de l'Assomption (1660).
Après la triomphante Ascension du Sauveur Jésus et la descente tant promise et tant désirée de l'Esprit de Dieu, vous n'ignorez pas que la très heureuse Marie demeura encore assez longtemps sur la terre. De vous dire quelles étaient ses occupations et quels ses mérites pendant son pèlerinage, je n'estime pas que ce soit une chose que les hommes doivent entreprendre. Si aimer Jésus, si être aimé de Jésus, ce sont deux choses qui attirent les divines bénédictions sur les âmes, quelle abîme de grâce n'avait point, pour ainsi dire, inondé celle de Marie ! Qui pourrait décrire l'impétuosité de cet amour mutuel, à laquelle concourait tout ce que la nature a de tendresse, tout ce que la grâce a d'efficace? Jésus ne se lassait jamais de se voir aimé de sa Mère ; cette sainte Mère ne croyait jamais avoir assez d'amour pour cet unique et ce bien-aimé ; elle ne demandait autre grâce à son Fils sinon de l'aimer, et cela même attirait sur elle de nouvelles grâces.
Il est certain, Chrétiens : nous pouvons bien avoir quelque idée grossière de tous ces miracles ; mais de concevoir quelle était l'ardeur, quelle la véhémence de ces torrents de flammes, qui de Jésus allaient déborder sur Marie et de Marie retournaient continuellement à Jésus, croyez-moi, les Séraphins, tout brûlants qu'ils sont, ne le peuvent faire. Mesurez, si [vous] pouvez, à son amour la sainte impatience qu'elle avait d'être réu-