POUR LA FÊTE DE LA COMPASSION
Prêché à Navarre, dans la confrérie du Rosaire. 1651.
Ce long discours 1 a été assigné par M. Lebarq (Hist. critique, p. 124) à la fête du Rosaire. Le manuscrit porte au dos : Dévotion. Vierge. Ros.; ce qui indique simplement que le sermon a été prêché dans la confrérie du Rosaire. Comme le texte est emprunté à l'évangile de la messe de la Compassion, il n'y avait pas lieu de corriger sur ce point les premiers éditeurs. Quant à la date, on ne saurait, avec Lâchât, la reculer jusqu'en 1655, puisque Bossuet, comme nous le verrons bientôt, y renvoie, le 8 septembre 1052. Gandar a bien su reconnaître ici une composition ,de Navarre; il la choisit même comme type des essais de cette époque (Bossuet orateur. 2(1-25). Les allusions aux calamités publiques avaient persuadé à tort au savant auteur des Études sur la vie et les ouvrages de Bossuet (Floquet, t. I, P- 261), qu'elle s'adressait à l'auditoire de Metz; ces allusions ne conviennent que trop à la situation de la capitale elle-même pendant la Fronde. Le discours s'adresse aux auditeurs de l'extérieur.
Bossuet n'a pas compris parmi les oeuvres qu'il résuma plus tard ce sermon d'écolier, touchant et naïf, mais un peu diffus. Le sommaire que donne Lâchât (t. IX, p. 523) est celui du sermon de 1057.
Dicil Jésus Matri suœ : Muïier, ecce Filius tuus. Deinde dicit discipulo : Ecce Mater tua.
Jésus dit à sa Mère : « Femme, voilà votre Fils. » Après il ciit à son disciple : « Voilà votre mère. » (Joan., xix, 26, 27.)
Si jamais l'amour est ingénieux, si jamais ii produit de grands et nobles effets, il faut avouer que c'est particulièrement à l'extrémité de la vie qu'il fait paraître ses plus belles inventions et ses plus généreux transports.