Joan., xix, 27. 2. Joan.. xix
bien haut auprès du Père éternel ; Marie étant notre Mère, son affection la rabaisse jusqu'à compatir à notre faiblesse : en un mot, elle peut nous soulager, à cause qu'elle est Mère de Dieu ; elle veut nous soulager, à cause qu'elle est notre Mère. C'est dans la déduction de ces deux raisonnements que je prétends établir une dévotion raisonnable à la sainte Vierge sur une doctrine solide et évangélique ; et je demande, Fidèles, que vous vous y rendiez attentifs.
[Premier Point.]
L'une des plus belles qualités que la Sainte Écriture donne au Fils de Dieu, c'est celle de médiateur entre Dieu et les hommes. C'est lui qui réconcilie toutes choses en sa personne ; il est le nœud des affections du ciel et de la terre, et la sainte alliance qu'il a contractée avec nous, nous rendant son Père propice, nous donne un accès favorable au trône de sa miséricorde. C'est sur cette vérité qu'est appuyée toute l'espérance des enfants de Dieu. Cela étant ainsi, voici comme je raisonne. L'union que nous avons avec le Sauveur nous fait approcher de la majesté divine avec confiance. Or, quand il a choisi Marie pour sa mère, il a fait, pour ainsi dire, avec elle un traité tout particulier ; il a contracté une alliance très étroite, dont les hommes ni les anges ne peuvent concevoir l'excellence1; et, par conséquent, l'union qu'elle a avec Dieu, le crédit et la faveur qu'elle a auprès du Père, n'est pas une chose que nous puissions jamais concevoir. Je n'ai point d'autre raisonnement à vous proposer dans cette première partie ; mais, afin que nous en puissions pénétrer le fond, je tâcherai de déduire par ordre quelques vérités, qui nous feront reconnaître la sainte société qui est entre Jésus et Marie ; d'où nous conclurons qu'il n'y a rien dans l'ordre des créatures qui soit plus uni à la majesté divine que la sainte Vierge.
Je dis2 donc, avant toute chose, qu'il n'y eut jamais mère qui chérît son fils avec une telle tendresse que faisait Marie ; je dis qu'il n'y eut jamais fils qui chérît sa mère avec une affection si puissante3 que faisait Jésus.