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veut absolument qu'on lui amène les vierges, il les a toujours en sa compagnie, elles suivent cet Agneau sans tache partout où il va. Que s'il aime si passionnément les vierges, dont il a purifié la chair par son sang, quelle sera sa tendresse pour cette Vierge incomparable, qu'il a élue dès l'éternité pour en tirer la pureté de sa chair et de son sang ? Concluons donc de tout ce discours que l'amitié réciproque du Fils et de la Mère est inconcevable, et que nous pouvons bien avoir quelque idée grossière de cette liaison merveilleuse, mais de comprendre quelle est l'ardeur et quelle est la véhémence de ces torrents de flamme qui de Jésus vont déborder sur Marie, et de Marie retournent continuellement à Jésus, croyez-moi, les Séraphins, tout brûlants qu'ils sont, ne le sauraient faire. Mais d'autant que quelques-uns pourraient se persuader que cette sainte société n'a point d'autres liens que la chair, il me sera aisé de vous faire voir, selon que je l'ai promis, et par les vérités que j'ai déjà établies, avec quels avantages la sainte Vierge est entrée dans l'alliance de Dieu par sa maternité glorieuse ; et de là, je vous laisserai à conclure quel est son crédit auprès du Père éternel.
Pour cela, je vous prie de considérer que cet amour de la Vierge, dont je vous parlais tout à l'heure, ne s'arrêtait pas à la seule humanité de son Fils. Non, certes ; il allait plus avant, et par l'humanité, comme par un moyen d'union, il passait à la nature divine, qui en est inséparable. Et, pour vous expliquer ma pensée, j'ai à vous proposer une doctrine sur laquelle il est nécessaire d'aller pas à pas, de peur de tomber dans l'erreur ; et plût à Dieu que je pusse la déduire aussi nettement comme elle me semble solide ! Voici donc comme je raisonne. Une bonne mère aime tout ce qui touche la personne de son fils. Je1 sais bien qu'elle va quelquefois plus avant, qu'elle porte son amitié jusqu'à ses amis, et généralement à toutes les choses qui lui appartiennent ; mais particulièrement pour ce qui regarde la propre personne de son fils, vous savez combien elle y est sensible 2. Je vous demande maintenant : Qu'était la divinité au