‹ Œuvres oratoires de BossuetChapitre 90 sur 441 · Fin de l'emprunt, l'année suivante · texte numérisé non relu

Fin de l'emprunt, l'année suivante

par cette proposition. Mais quand je vois les saints Pères, parlant de Nôtre-Seigneur, prendre plaisir à l'appeler par honneur le Fils d'une vierge, je ne puis plus douter qu'ils n'aient estimé que ce titre lui plaisait fort, et qu'il lui était, extrêmement honorable. Sur quoi j'apprends une chose de saint Augustin l, qui donne, à mon avis, un grand poids à cette pensée. La concupiscence, dit-il, qui se mêle, comme vous savez, dans les générations communes, corrompt tellement la matière qui se ramasse pour former nos corps, que la chair qui en est composée en contracte une corruption nécessaire. Je ne m'étends point à éclaircir cette vérité : je me contente de dire que vous la trouverez dans mille beaux endroits de saint Augustin. Que si ce commerce ordinaire, ayant quelque chose d'impur, fait passer en nos corps un mélange d'impureté, je puis assurer au contraire que le fruit d'une chair virginale tirera d'une racine si pure une pureté sans égale. Cette conséquence est certaine, et suit évidemment des principes de saint Augustin. Et comme le corps du Sauveur devait être plus pur que les rayons du soleil, de là vient, dit ce grand évêque, « qu'il s'est choisi dès l'éternité une mère vierge : Ideo virginem matran... pia ficle sanctum germen in se fieri promerentem... de qua crearetur elegit2. » Car3 il est bienséant4 que la sainte chair du Sauveur fût, pour ainsi dire, embellie de toute la pureté d'un sang virginal, afin qu'elle fût digne d'être unie au Verbe divin, et d'être présentée au Père éternel comme une victime vivante pour l'expiation de nos fautes : tellement que la pureté qui est dans la chair de Jésus est dérivée en partie de cette pureté angélique que le Saint-Esprit coula dans le corps de la Vierge, lorsque, charmé 5 de son intégrité inviolable, il la sanctifia par sa présence, et la consacra comme un temple vivant au Fils du Dieu vivant.

Faites maintenant avec moi cette réflexion, Chrétiens. Mon Sauveur, c'est l'amant et le chaste époux des vierges : il se glorifie d'être appelé le Fils d'une vierge ; il

1. De Pecc. merit., lib. Il, n. 59. — prunt, l'année suivante (19 lignes). Contr. Julian.. lib. v. n. 17. 4. Var. : il fallait... fût formée du

2. De Peccat. merit. et mntw.,lib. sang d'une vierge, — d'une chair II, cap. XXIV, n. 38. virginale.

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