Joan., xix, 27. nous voyez, tout autant que nous
3. Bossuet avait d'abord écrit : sommes de chrétiens, tous couverts « pour en mettre leurs fils au monde du sang du Sauveur dont nous par violence ». Puis, sans rien effa- sommes teints et blanchis, et que cer, il écrivit dans l'interligne : <( en vous remarquez en nous ses mêmes tirer » et « enfants ». On doit donc linéaments. (Variante.)
lire, semble-t-il, comme dans notre 7. Var. : il est à propos de.
doctrine, ô Fidèles, est bien digne de votre audience) que tous les chrétiens dont la vie répond à la profession qu'ils ont faite, portent imprimés en leur âme les traits naturels et la véritable image de Notre-Seigneur. Comment cela se fait-il ? Certainement la manière en est admirable. Vivre chrétiennement, c'est se conformer à la doctrine du Fils de Dieu. Or je dis que la doctrine du Fils de Dieu est un tableau qui est tiré sur sa sainte vie 1 : la doctrine est la copie, et lui-même est l'original ; en quoi il diffère beaucoup des autres docteurs qui se mêlent d'enseigner à bien vivre : car ceux-ci ne seront jamais assez téméraires pour former sur leurs actions les règles de la bonne vie : mais ils ont accoutumé de se figurer de belles idées, ils établissent certaines règles, sur lesquelles ils tâchent eux-mêmes de se composer. Tout au contraire, le Fils de Dieu étant envoyé au monde pour y être un exemplaire achevé de la plus haute perfection, ses enseignements étaient dérivés de ses mœurs: il enseignait les choses parce qu'il les pratiquait ; sa parole n'était qu'une image de sa conduite. Que fait donc le Saint-Esprit dans l'âme d'un bon chrétien? Il fait que l'Évangile est son conseil dans tous ses desseins, et l'unique règle qu'il regarde dans ses actions. Insensiblement la doctrine du Fils de Dieu passe dans ses mœurs : il devient, pour ainsi dire, un Évangile vivant ; tout y sent le Maître dont il a reçu les leçons, il en prend tout l'esprit, et si vous pénétriez dans l'intérieur de sa conscience, vous y verriez les mêmes linéaments, les mêmes affections, les mêmes façons de faire qu'en notre Sauveur.
Et c'est ce qui touche sensiblement la bienheureuse Marie, comme il m'est aisé d'éclaircir par un exemple familier. Vous verrez quelquefois une mère qui caressera extraordinairement un enfant sans en avoir d'autre raison, sinon que c'est, à son avis, la vraie peinture du sien. C'est ainsi, dira-elle, qu'il pose ses mains ; c'est ainsi qu'il porte2 ses yeux; telle est son action et sa contenance. Les mères sont ingénieuses à observer jus-
1. Var. : est UIl vrai portrait de sa Sic cculos, sic ille manus, sic orajerebat. vie. (jEneid., lit, 490).