‹ Œuvres pastorales de Mgr BessonChapitre 24 sur 41 · AU MARIAGE DE M. LE BARON DE BERNIS · texte numérisé non relu

AU MARIAGE DE M. LE BARON DE BERNIS

dévouement. Elle sait que la meilleure des mères a trouvé en vous le plus respectueux des fils. Elle sait que dans toute votre famille il n'y a personne qui ne doive • l'accueillir avec un légitime orgueil et une vive joie. Elle sait que le nom qu'elle va porter signifie depuis des siècles, à Nîmes et dans tout le Languedoc, religion, fidélité, vertu héréditaire. Avec votre main et votre cœur, vous lui donnez aujourd'hui tout ce qui peut rendre une femme chrétienne saintement fière et vraiment heureuse.

Entrez, Mademoiselle, dans la maison de votre époux avec autant de confiance que ce jeune Tobie en a mis à vous inviter et à vous prévenir. Vous y apportez non seulement la grâce et les charmes de votre âge, mais une instruction religieuse profonde, un sens droit, ferme et pratique, et une maturité de raison et de caractère qui a frappé et réjoui depuis longtemps ceux qui vous connaissent. Vous avez été dans cette paroisse un exemple d'édification : c'est assez d'en avoir été la parure; Dieu, qui l'a embaumée des fleurs de votre vertu, en a destiné les fruits à une autre Eglise. Venez, c'est à l'Eglise et à la ville de Nîmes, c'est à notre société catholique de profiter et de jouir à présent de votre foi et de votre charité.

La Providence vous y prédestinait dans la conduite mystérieuse des soins affectueux qu'elle a pris de vous-même et de votre jeune époux pour vous rendre, à l'insu l'un de l'autre, dignes de vous rencontrer et de vous connaître un jour. La petite-nièce de Mgr de Becdelièvre, évêque de Nîmes, retrouvera dans cette ville le nom, le portrait, le souvenir en-

core vivant d'un grand et généreux prélat. On vous racontera qu'il a occupé pendant quarante ans ce siège illustre, qu'il a doté d'une belle église la paroisse Saint-Charles, et que les frères des Ecoles chrétiennes, si chers à notre peuple, sont entrés il y a cent ans dans notre ville épiscopale, appelés, encouragés, établis par ses soins paternels, dont nous recueillons encore aujourd'hui les fruits et les bienfaits. Deux prélats de la maison de Bernis occupaient alors l'un la coadjutorerie d'Albi, l'autre l'ambassade de Rome. Ils entretenaient avec Mgr de Becdelièvre des rapports agréables. C'est pour moi une douce satisfaction de penser qu'ils unissent aujourd'hui clans le ciel leurs mains et leurs vœux audessus de nos têtes, et que tant de bénédictions que je demande sont ratifiées, pour leurs petits-neveux, par l'intercession de ces illustres prélats, dans les conseils de la divine Providence.

Les cent ans qui nous séparent de ces glorieux souvenirs n'ont altéré en rien dans les deux familles l'esprit chrétien, le dévouement à l'Eglise, F amour des pauvres et des bonnes œuvres. Tel était votre oncle, Mademoiselle, tel est votre grand-père aujourd'hui. L'université catholique de Toulouse le compte parmi ses plus insignes bienfaiteurs, je ne lui décerne pas d'autre louange ; les pauvres, qui sont depuis des siècles les clients de votre famille, prient aujourd'hui pour vous; ils envoient les anges pour ouvrir votre maison et en faire une vraie maison de charité.

Voilà les bénédictions que vous recueillez, époux chrétiens, dès le début de votre carrière. A vous,

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