‹ Œuvres pastorales de Mgr BessonChapitre 23 sur 41 · AU MARIAGE DE M. LE BARON GUILLAUME DE RERNIS · texte numérisé non relu

AU MARIAGE DE M. LE BARON GUILLAUME DE RERNIS

ET DE MLLE DE SOLAGES Le 5 juin 1880, dans l'église de Saint - Thomas d'Aquin, à Paris.

Mes très chers Frères,

Les bons mariages sont écrits dans le ciel : ainsi s'exprime le bon sens chrétien, et la mystique la plus profonde l'explique et le confirme. Quand on étudie les voies de la divine Providence, on reconnaît que Dieu a établi entre les âmes de secrètes harmonies qui font qu'elles se cherchent, qu'elles s'attirent et qu'elles s'appellent réciproquement, lorsqu'elles doivent marcher ensemble dans le chemin de la vie et faire leur salut en s'appuyant Tune sur l'autre.

Parmi les âmes destinées au mariage, il n'en est pas une à qui le ciel n'ait prédestiné une autre âme, qui sera son ange, son guide et sa compagne. Cette heureuse rencontre est la récompense de la vertu. Il n'appartient qu'aux cœurs purs de se connaître et de se comprendre ainsi, en écoutant la voix de Dieu, qui les appelle pour les réunir et les confondre dans

l'accomplissement des mêmes devoirs, et ne plus faire qu'an dans le même nom et dans le même amour. C'est ainsi qu'on voit et qu'on entend Dieu au milieu de la pureté des noces chrétiennes : Beati mundo corde, quoniam ipsi Deum videbunt.

C'est avec ces présages rassurants et si variés que nous venons bénir ces jeunes époux. Si j'interrogeais le monde sur leur avenir, le monde répondrait qu'on n'a rien négligé pour assortir de part et d'autre cette brillante union. Une haute naissance, une grande fortune, des alliances avec tout ce que le Languedoc, la Provence et la Bretagne comptent de plus honorable : voilà les biens qui ont été apportés et mis en commun avec une égale mesure. Les convenances sociales sont rarement aussi respectées et aussi satisfaites. Mais il y a un heureux accord et un doux échange de promesses plus précieux encore. C'est, des deux côtés, une jeunesse pleine d'espérances; une égale pureté de mœurs, trésor si rare aujourd'hui; une foi chrétienne également vive, sincère, irréfutable, et la pratique des devoirs religieux aussi chère à l'époux, qui en a fait la règle de toute sa vie, qu'à l'épouse, justement éprise d une fidélité si constante envers Dieu et envers l'Eglise.

Je suis votre témoin, Monsieur, et j'ai quitté mon siège pour répondre de vous devant cette famille, cette assemblée, cette Eglise, assurant bien haut que vous étiez, par votre conduite autant que par votre nom, vraiment digne de présenter à l'autel du mariage la noble jeune fille qui vous était prédestinée. Elle sait tout ce qu'elle doit attendre de votre honneur, de votre piété, de votre tendresse et de votre

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