AU MARIAGE DE M. VINCENS ET DE MLLE GIZOLME
Le 5 mai 1881» dans l'église de Sainte-Perpétue, à Nîmes.
Le sacrement que je viens administrer ici, nos très chers frères, est appelé grand dans le Christ et dans l'Eglise. C'est saint Paul qui le qualifie de la sorte, montrant par ce mot quelle est son importance et combien les nœuds du mariage sont sacrés et indissolubles. Il y a dix-huit siècles que l'Eglise parle cette langue en bénissant les jeunes époux, dix-huit siècles qu'elle dit au mari : Aimez votre femme comme le Christ a aimé son Eglise ; à la femme : Obéissez à votre mari comme l'Eglise obéit au Christ, comme le Christ lui-même a obéi à Dieu son père, et fait sa volonté sainte.
Rien ne changera cet ordre merveilleux, qui est, dans la famille comme dans l'Eglise, dans le temps comme dans l'éternité, l'ordre même de Dieu. Voici la pierre sur laquelle il faut s'asseoir pour trouver un fondement solide aux espérances, aux vœux, aux biens même temporels que les époux mettent en commun. Les lois humaines peuvent inventer une autre union, la déclarer passagère, et la dissoudre au gré
des erreurs et des préjugés du jour. Mais ces lois passeront, et le droit restera : le droit tel que Dieu Ta proclamé à l'origine du monde, en disant que le premier homme et la première femme ne seraient qu'un dans une seule chair ; le droit tel que le Christ Ta restauré ; le droit tel que l'Eglise catholique le professe, le garde et le maintient, dût-elle y mettre la tête de ses martyrs et y jouer la paix du monde. Mais non, c'est la paix du monde qui serait compromise une fois que les lois sacrées du mariage seraient abolies. La paix du monde n'est assurée que par la paix de la famille. Et il n'y a de paix pour la famille que dans le respect du sacrement que saint Paul a déclaré grand, auguste et saint dans le Christ et dans l'Eglise.
Combien il m'est doux de rappeler cette loi dans l'assemblée qui m'écoute ! Les témoins du mariage que nous célébrons en seraient au besoin les panégyristes et les défenseurs. Ils appartiennent par leurfoi à l'Eglise une, vivante et véritable, à l'Eglise catholique, apostolique et sainte, hors de laquelle il n'y a point de salut. Ils tiennent dans la société française un rang élevéauquel ils font honneur par leur caractère, leurs talents et leurs services. Ce sont des hommes éminents dans la magistrature, clans l'armée, dans la marine, dans les finances et l'administration, avec qui l'Eglise se félicite d'avoir les meilleurs rapports. Leur présence même nous atteste combien l'Eglise est grande à leurs yeux, et à quel prix ils estiment dans un mariage ses prières et ses bénédictions.
Mais ce n'est pas tout. Il y a ici des auspices plus sa-