‹ Œuvres pastorales de Mgr BessonChapitre 27 sur 41 · AU MARIAGE DE M. VINCENS · texte numérisé non relu

AU MARIAGE DE M. VINCENS

crés encore. Deux évêques ont souhaité cette alliance et ils la bénissent, aujourd'hui même, du haut de leur siège. L'un, Mgr l'évêque d'Orléans, a répondu de vous, Monsieur, et il pouvait le faire. Vous avez été élevé dans un de ces collèges que son illustre prédécesseur avait fondés avec tant de gloire et qui seront l'éternel honneur de sa mémoire et de notre patrie. Vous avez eu des moines pour maîtres, vous avez apprécié leurs soins, vous regrettez leur départ, vous gardez leur souvenir avec une pieuse reconnaissance. Ces beaux sentiments sont le plus bel éloge qu'on puisse faire d'un jeune homme chrétien, et quel que soit votre mérite, vous n'aurez point de moi d'autre louange. Quand on rend justice à l'Eglise persécutée, c'est faire assez voir qu'on a l'esprit large, le cœur noble, le caractère ferme. Un jour, Monsieur, vos talents vous feront une place dans la hiérarchie des fonctions publiques. Vous êtes de ceux qui peuvent attendre, sans rien perdre de leurs droits.

Et vous, Mademoiselle, vous avez eu aussi pour répondant et pour parrain un grand prélat. Mgr l'archevêque d'Albi a aussi souhaité, il a aussi voulu ce mariage. Il vous connaît et il vous aime, et le dire, c'est assez vous louer. Mais pourquoi ne dirais-je pas toutes les marques d'intérêt et de vive sympathie qu'il vous a données ? Il a béni votre enfance à Perpignan et il a recueilli à Albi les premières larmes que vous avez versées, des larmes dont on doit parler, même un jour de noces, car vous les versiez sur le tombeau de la meilleure des mères. Cette mère, en faisant le sacrifice de sa vie, vous recommandait au bon archevêque. Voici le fruit de sa prière et de

cette protection si bienveillante : c'est la grâce que vous recevez en ce jour, c'est la grâce d'un heureux mariage.

J'ai souhaité à mon tour d'en être le témoin et de le bénir. Vous êtes mon diocésain, Monsieur, étant né à Uzès, clans une de mes villes épiscopales. Monsieur votre père y a laissé de nobles et religieux souvenirs ; ces souvenirs sont des lois pour les évêques, car les évêques comptent parmi leurs devoirs la reconnaissance envers les gens de bien.

Il m'est bien agréable aussi, Mademoiselle, de vous dire que je dois quelque chose à Monsieur votre père, et que c'est une dette que j'acquitte à présent à l'autel. Préfet du Gard, il a été équitable et bon envers l'Eglise. La place qu'il tient aujourd'hui dans la magistrature ne serait-elle pas déjà une récompense? Il appartient à une cour dont les lumières, l'impartialité, la bienveillance, sont connues et appréciées par tous ; il apprécie lui-même plus que personne l'honneur qu'il en reçoit et qui rejaillit sur vous et sur votre famille.

Je veux relever encore un des traits qui me frappent dans cette cérémonie. Dieu, dans sa miséricorde, a rapproché, par cet heureux mariage, deux familles où la mort avait fait de cruels vides. Il manquait une mère à la jeune épouse, l'Eglise la lui donne aujourd'hui dans la mère de son époux. Il manquait à l'époux les conseils d'un père, l'Eglise lui montre aujourd'hui celui qui l'appellera son fils et qui sera heureux de tout le bonheur dont il fera jouir sa fille. Plus haut, ce sont, dans une génération encore plus vénérable, des grands-parents à aimer. Je vais pré-

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