‹ Œuvres pastorales de Mgr BessonChapitre 31 sur 41 · A LA MAITRISE DE LA BASILIQUE · texte numérisé non relu

A LA MAITRISE DE LA BASILIQUE

insupportable. Elle commence à n'avoir plus ni historien qu'elle puisse avouer, ni orateur qu'elle veuille entendre, ni poète qu'elle ose citer et retenir. Cette langue, il faut se résigner à l'apprendre dans les modèles du grand siècle, ou bien renoncer à la parler et à la comprendre. Ne fréquentez jamais d'autres auteurs, enrichissez votre esprit de leurs pensées, de leurs sentiments, de leurs images. Professez un implacable dédain pour la langue de la révolution, de peur que si cette langue s'acclimate sur vos lèvres, elle ne fasse descendre dans votre esprit les ténèbres, dans votre cœur la bassesse, dans votre vie tout entière des habitudes d'insolence et de grossièreté.

Les lettres chrétiennes, honneur de la vieille France, font tout le charme des relations sociales. A mesure que vous les connaîtrez mieux, vous vous sentirez plus civilisés et plus Français. Avec elles vous contracterez ce tact exquis, ce sentiment des convenances, cette politesse aisée et naturelle, ce ton modeste et simple auxquels on reconnaît l'homme instruit, l'homme complet, qui s'est formé dans la meilleure compagnie qui soit au monde. Voilà des trésors dont la révolution travaille activement à dépouiller les familles et même les collèges. Que notre chère maîtrise en connaisse tout le prix et devienne une école de politesse aussi bien que de bonnes mœurs.

Personne, mes chers enfants, ne s'en réjouira plus que votre évêque. Vous êtes les fils de sa prédilection, étant les hôtes de son palais, travaillant, obéissant, jouant, priant sous ses yeux. Que de fois mes yeux se portent tour à tour de cette cour et de cette salle d'études aux murs de cette basilique dont nous

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