‹ Œuvres pastorales de Mgr BessonChapitre 33 sur 41 · DU COLLÈGE SAINT-STANISLAS, A NIMES · texte numérisé non relu

DU COLLÈGE SAINT-STANISLAS, A NIMES

Le 27 juillet 1879,

Mes chers Enfants ,

J'ai essayé de peindre, dans un ouvrage récent, les béatitudes de la vie chrétienne. Il y aurait un autre volume à faire pour un collège aussi chrétien que le vôtre, ce seraient les béatitudes du collégien.

Rassurez-vous, ce n'est pas un volume que je viens vous réciter; dans un sujet comme celui-là, on pense bien plus qu'on n'écrit, et on sent surtout bien plus qu'on ne pense. Le bonheur dont je vous parle, vous l'avez trop bien goûté cette année même pour que je risque de demeurer au-dessous de ma tâche en es« sayant de le peindre.

Vous avez fait le bonheur de vos maîtres par votre travail, votre docilité, votre affection, et, ce qui est plus rare que tout le reste, par votre reconnaissance.

Vos maîtres ont fait le vôtre par leur application à tous leurs devoirs, leur cordiale entente et leur una-

nimité touchante à seconder les efforts de leur supérieur, lequel^ à son tour, n'a pas d'autre bonheur que de vous savoir aussi heureux que des écoliers peuvent l'être, car il met lui-même tout son bonheur non pas à commander, mais à être utile : Potius :>rodesse quam prseesse.

L'apprentissage du bonheur chrétien se fait aussi parles relations des élèves entre eux. Vous vous aimez les uns les autres, et c'est beaucoup dire. Vous avez les uns pour les autres des égards mutuels, vous vous rendez réciproquement service, et, par une agréable et douce tolérance, vous goûtez non pas le plaisir affreux d'une camaraderie coupable, mais le plaisir pur d'une vive et sincère amitié.

Que Dieu vous garde dans la pratique de ces grands sentiments qui font l'homme et le chrétien. Loin de vous la bassesse et la flatterie ! Loin de vous la dénonciation et l'espionnage ! Loin de vous l'envie, ce fléau public, le péché capital du xixe siècle, le crime révolutionnaire par excellence, la honte de nos mœurs, la ruine de la France moderne !

Plaise à Dieu que nos collèges demeurent , dans l'époque troublée que nous traversons , l'asile de l'honneur, de la discrétion et de la pudeur. Et quand tout retentit autour de vous de dénonciations intéressées, de personnalités blessantes, d'injures prodiguées à tout ce qu'il y a de grand et de saint, soyez heureux, mes enfants, en jouissant de votre ignorance du monde. Soyez francs, désintéressés, généreux ; soyez aimables ; on croira encore à la vertu, on croira encore au bonheur.

Le bonheur, vous le goûtez dans vos études et

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