PROMULGATION
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L'ENCYCLIQUE
8ANCTA DBI OIVITAS DB SA SAINTBTÉ LB PAPB LÉON ZIII
(4 MAB8 HDOOOLXZXI)
Antun, le 4 mart 1881.
Messieurs et chers Coopérateurs,
Je viens aujourd'hui vous donner communication de l'encyclique Sancta Deicivitas adressée par Sa Sainteté le pape Léon XIII à tous les évèques du monde catholique, le 3 décembre 1880.
Trois grandes œuvres y sont instamment recommandées à notre sollicitude pastorale :
L'Œuvre de la Propagation de la Foi ;
L*Œuvre de la Sainte -Enfance ;
L*Œuvre des Écoles d'Orient.
Sous des formes diverses, et sans se proposer identiquement lo même but, ces trois œuvres se rallaclietiL cependant à une même pensée et ont élé inspirées à leurs fondateurs par un même sentiment : toutes tes trois procJidenl de ce besoin d'expansion et de conquêtes spirituelles qui constitue le propre esprit de l'apostolat.
Etendre toujours plus loin sur la terre le royaume de Dieu; coramuniquer à un plus ^rand nombre d*&mes ces flammes sacrées de la vraie foi et de la charité que le Sauveur est venu apporter sur la terre (1); combattre, réduire, vaincre et faire disparaître do ce monde les tént;bres de l'idol&trle, de la superstition, de l'impiélé; ramener au bercail de l'Eglise et à la sainte unité de ses enseignements, de sa hiérarchie, de sa douce et maternelle autorité, les nations entraînées dans le schisme ou l'hérésie; en un mot, accomplir le vœu si louchant exprimé par notre divin Maître i[uelques heures avant la consommation do sa Passion : < Père> faites qu'ils soient un comme nous sommes un » (2) : depuis dix-huit siècles, l'apostolat catholique n'a cessé de s'appliquer à ce labeur, le plus grand, le plus noble, te plus saint, qui puisse solliciter les Ames généreuses, et mille fois digae
de provoquer de leur part toutes les formes du dévouement.
Dire dans quelle mesure les trois œuvres recommandées par le Saint-Père ont contribué à Tévangélisation du globe, à Textension de la vérité révélée, au salut et à la sanctification des âmes rachetées par le saint baptême, ou ramenées au sein de l'unité par la profession de la foi catht^que, ce serait refaire en grande partie Thistoire de rÉglise pendant les soixante dernières années.
Je n'entreprendrai pas ce travail, dont les lignes principales vous sont d'ailleurs connues.
Mais je profiterai de cette communication, Messieurs et chers Coopérateurs, pour encourager
de nouveau votre zèle en faveur de ces œuvres, et tout particulièrement des deux premières, qui, Dieu soit loué, ont pris chez nous^ dans ces derniers temps, un véritable essor, et motivent de notre part les plus sincères actions de grâces. Il n'est pas douteux que la parole de Léon XIII n'imprime partout à ces œuvres une nouvelle et vigoureuse impulsion. Chaque pasteur aura certainement à cœur de répondre pour sa part aux désirs du Saint-Père. La piété se recueillera ; le zèle deviendra plus actif; do nouvelles industries seront employées pour intéresser les fidèles aux développements de l'apostolat catholique; et, malgré les épreuves de toute sorte qui accablent à cette heure TÉglise de France, nous voudrons
loiis faire quelque cliose poui' seconder les vœux du successeur do saînl Pierre.
Nolie bien-aiinee France I Je viens de la nommer! N'esl-ce pas pour nous le sujet d'une fierté bien permise et d'une trës légitime consolation de pouvoir rappeler que ces trois grandes œuvres d'apostolat, honorées par le Pape d'une mention si spéciale et d'un si puissant patronage, sont nées sar le sol de notre patrie et ont eu pour premier berceau des eœurs frani^aisl Au milieu de tant d'humiliations iniligées depuis onze ans à notre pays, il y a là pour nous un véritable honneur et le motif d'une vive gratitude envers la divine Providence, qui n'a pas voulu nous déshériter de toute gloire, ni nous priver de toute joie.
Oui, sous le poids de ses tristesses et de ses accablements, la France, qui se montre toujours si prodigue du sang et de l'or de ses fils pour envoyer jusqu'aux rivages les plus lointains des messagers de la Bonne Nouvelle et faire rayonner dans le monde tout entier la lumière sacrée de i'Évangile et de l'Église de Jésus-Christ, la France peut s'appliquer les paroles prophétiques d'Isaîe.
Elle peut dire:
n Les îles m'attendent, je dois faire partir les H navires qui emporteront au loin mes fils avec « l'or et l'argent que leurs fr^res leur confieront, « pour étendre l'Iionneur du nom du Seigneur et
M procurer la gloire du Saint d'Israël! Et ils
4 iront trouver les peuples qui n'ont pas encore c entendu parler du vrai Dieu, et ils annonceront « sa gloire aux gentils 2> ({).
Puissions-nous tous avoir notre part dans ce magnifique travail! A nos vaillants missionnaires chez les nations iniidëles, hérétiques ou schismatiques, la part principale, celle du dévouement personnel allant jusqu'aux plus héroïques sacrifices : Primum apostolos (2) ; à nous, une part moins éclatante, mais encore bien méritoire, la part de la prière, qui est l'expression du zèle, et la part de l'aumône qui rend possibles les labeurs et les conquêtes des ouvriers et des soldats de rÉvangile.
Vous voudrez bien, Messieurs et chers Coopérateurs, donner lecture à vos paroissiens de la présente communication et leur faire connaître intégralement l'encyclique du Saint-Père. Les pieuses réunions de la période quadragésimale vous fourniront d'excellentes occasions d'exciter, d'encourager, de développer chez les fidèles confiés à vos soins l'estime de ces œuvres, et un dévouement proportionné à leur incontestable importance.
Vous trouverez ci-joint l'itinéraire de ma visite pastorale pour la présente année 1881.
(l) IsaYe, ch. LZ. v. 9, 19 et 66.
(S) ICor. xn, 28.
Je vous renouvelle, Messieurs et chers Coopéraleurs, l'assurance de mes sentiments les plus affectueusement dévoués en Notre-Seigneur.
LETTRE ENCYCLIQUE