‹ Œuvres pastorales et oratoires (volume 2)Chapitre 23 sur 44 · UN JUBILÉ EXTRAORDINAIRE · texte numérisé non relu

UN JUBILÉ EXTRAORDINAIRE

A not vinéTxibUt frèret let patriarche*, primâft, archevêçtie» et iviqnet ayant paix et communion avec le Siège apoitolique et à not chère /lit toue lee fidilee d» Chriet, eàiMt et héniéielim

apoftoUqw.

LÉON XIII, PAPE

YÉNÉRABI^S frères et CHERâ FILS,

L'Eglise militanle de Jésus-Christ, qui peut le mieux donner au genre humain le salut et la paix, est si gravement éprouvée par le malheur des temps, que chaque jour elle est assaillie par de nouvelles tempêtes, pareille, en vérité, à cette barque de Génésareth qui, pendant qu'elle portait Notre-Seigneur Jésus-Christ et ses disciples, était violemment secouée par les vents et les flots. En e£Fet, ceux qui font la guerre au catholicisme deviennent chaque jour plus nombreux, plus forts, plus audacieux ; et il ne leur suffit pas d'abandonner ouvertement les célestes doctrines.

mais ils font de suprêmes etrorLs pour siiparer absolumenl l'Eglise de la société civile, ou au moins pour l'empêcher d'avoir aucune aclion sur la vie publique des peuples. D'où il arrive que, dans l'accomplissement de la charge qu'elle a reçue divinement de »on Auteur, l'Eglise se sent de toutes paris environnée et gênée par de grandes diEBcultés.

Les plus funestes résultats de celle criminelle conjuration retombent principalement sur le Pontife romain, à qui, pendant qu'il est dépossédé de ses droits légilimes et entravé de mille manières dans l'accomplissement de ses grandes fonctions, on laisse, par dérision, comme une ombre de la majesté royale. Aussi, placé par un conseil delà divine Providence au faite do ce pouvoir sacré, et chargé de l'administralion de l'Eglise universelle, Nous Renions depuis longtemps et Nous avons souvent dit combien est dure et calamitease la situation que nous ont faite les vicissitudes des temps.

Nous ne voulons pas rappeler une h une tes épreuves du Siège apostolique ; mais tout lemondfl sait manifeslemenl ce qui se fait depuis plusieurs années dans noire ville de Rome. Ici, en eUel, au centre même de la vérilé callioliquc, un se joue de la sainlelé de la religion, on s'attaque à la dijgnilédu Si^ge apostolique, et la majesté ponliPi- '«ale esl en butle aux fréquentes injures des mé-

chants. On Nous a ravi plusieurs fondations que nos prédécesseurs, qui les avaient pieusement et généreusement établies, avaient transmises à leurs successeurs pour qu'elles fussent inviolablement conservées. On ne s'est même pas arrêté devant la violation de lin sti tut sacré destinée la propagande du nom cAr^^im, Institut qui, ayantbien mérité non seulement de la religion, mais aussi du genre humain, n'avait jamais subi aucune atteinte de la force dans les temps antérieurs. Beaucoup de temples du rite catholique ont été fermés ou profanés; ceux du rite hérétique, au contraire, se sont multipliés, les mauvaises doctrines ont été répandues impunément par les écrits ou par les actes. Ceux qui se sont emparés du gouvernement des affaires s'appliquent continuellement à faire des lois injurieuses pour TEglise et pour le nom catholique, et cela en face de Nous, dont tous les soins, de par Tordre de Dieu luimême, doivent pourvoir à ce que la société chrétienne ne souffre aucun préjudice et à ce que l'Eglise jouisse de tous ses droits.

Sans aucun égard pour le pouvoir d'enseigner qui réside dans le Pontife romain, ils interdisent à Notre autorité de veiller sur l'instruction de la jeunesse, et s'il Nous est permis, — ce qui n'est interdit à aucun particulier, — d'ouvrir à nos frais des écoles pour l'instruction de la jeunesse, la violence et la rigueur des lois civiles font invasion

jusque dans ces écoles. Nous sommes d'aulani plus vivement ému d'ua si funeste spectacle que Nous n'avons pas les moyens sufllsants de suhvenir, autant que Nous le souhaiterions, aux nécessités occasionnées par tant Je maux. En elTet, Nous sommes vraiment plus sous le pouvoir de nos ennemis que Nous ne Nous appartenons, et l'usage même delà liberté qu'on Nous concède ne repose sur aucun solide fondement, puisque le bon plaisir d'un autre pput Nous l'enlever ou l'amoindrir.

Cependant, il est manifeste, d'après une expérience quolidionne, que la contagion du mal gagne de plus en plus dans le reste de la société chré- Uenne et s'étend à un grand nombre d'hommes. Car les peuples séparés de l'Eglise tombcnl chaque jour dans des calamités plus grandes, et partout oîi la foi catholique est éteinte ou affaiblie, la porte est ouverte au dévergondage des idées et à la curiosité malsaine des nouveautés. Lorsqu'on a méprisé le très grand et très noble pouvoir de celui qui tient la place de Dieu sur terre, il est évident qu'il ne reste dans l'autorité des hommes aucun frein assez fort pour retenir les esprits indomptés des rebelles ou pour réprimer, dans la multitude, l'ardeur d'une liberté en démence. AqbsÎ la société civile, bien qu'elle ait déjji subi de grands malheurs, cst-olle épouvantée par la perspective de périls plus grands encore.

C'est pourquoi il est nécessaire que l'Eglise, pour repousser les efforts de ses ennemis et accomplir sa charge au profit de tous^ travaille et combatte beaucoup. Mais dans ce combat violent et varié, où il s'agit de la gloire divine et où on lutte pour le salut éternel des ftmes/ toute la valeur et toute riiabileté lie l'homme seraient vaines si Ton ne s'inspirait des leçons divines appropriées aux temps. Or, dans les temps de troubles et d'afflictions pour le nom chrétien, le meilleur refuge contre les peines et les angoisses a toujours consisté à redoubler de prières pour demander à Dieu de venir au secours de son Eglise attaquée et de lui donner, avec la force de combattre, le pouvoir de triompher. Nous donc, suivant cette constante coutume, et conformément à l'exemple de nos pères, sachant bien que Dieu se laisse d'autant plus* fléchir que plus grande est dans les hommes l'ardeur du repentir et la volonté de rentrer en grâce avec lui, Nous annonçons par cette lettre^ au monde catholique, un jubilé extraordinaire, afin d^obtenir le secours céleste et devenir en aide aux âmes en péril.

C'est pourquoi, confiant dans la miséricorde du Dieu tout-puissant et dans l'autorité des bienheureux apôtres Pierre et Pauly en vertu du pouvoir de lier et de délier que le Seigneur Nous a accordé malgré Notre indignité, Nous accordons à tous et à chacun des fidèles de l'un et de l'autre

— 37S — sexe l'indulgence plénière de Ions les péchés, en forme de jubilé général, àla coadilion de remplir, — pour ceux qui habilenl l'Europe, depuis le 19 mars prochain, jour consacré au culte de saint Joseph, l'époux de la Bienheureuse Vierge Marie, jusqu'au 1" novembre, jour de la solennité de tous les Saints, inclusivement, et pour ceux qui sont hors d'Europe, depuis le même jour, 19 mars, jusqu'au dernier jour de la présente année 4881, inclusivement, — les prescriptions suivantes qui sont : pour les habitants ou les h4tes de Rome, de visiter deux fois la basilique de La- Iran et les basiliques Valtcane et Libérienne, et là d'y prier Dieu pieusement quelque temps pour la prospérité et l'exaltation de ce Sainl-Sifege apostolique, pour l'extirpation dos hérésies et la conversion de tous ceux qui sont dans l'erreur, pour la concorde des princes chrétiens et la paix et l'union de tout le peuple fidèle, selon nos intentions; en outre, déjeuner une fois, en n'usant que de la nourriture strictement quad rages i maie, à l'un des jours qui ne sont pas compris dans i'indult de carême ou consacrés, d'après le précepte de l'Eglise, à un même jeune de droit strict; enfin, de recevoir le très saint sacrement de l'Eucharistie, après avoir confessé régulièrement IcQrs péchés, et de faire quelque offrande, à litre d'aumAne, à une oeuvre pie.

A cet elVet, Nous rappelons spécialement les

institutions dont Nousavons recommandé naguère dans une lettre les intérêts à la charité des chrétiens, savoir, la Propagation de la Foiy la Sainte'- Enfance et les Ecoles d'Orient : institutions que Nous avons grandement à cœur et que Nous Nous proposons d'établir et de propager jusque dans les contrées éloignées et barbares, afin de les mettre à même de subvenir à tous les besoins.

Quant à tous ceux qui habitent hors de Rome, en quelque lieu que ce soit, ils devront visiter deux fois, aux intervalles prescrits, trois églises qui seront désignées à cet effet par les Ordinaires des lieux ou par leurs vicaires etofficiaux, ou sur leur délégation et à leur défaut par ceux qui ont charge d'âmes, ou trois fois, s'il n'y a que deux églises et six fois s'il n'y en a qu'une ; ils devront pareillement accomplir les autres œuvres prescrites ci-dessus.

Nous voulons que cette indulgence puisse être appliquée aussi, par manière de suffrage, aux âmes qui sont sorties de celte vie en union avec Dieu dans la charité. Nous accordons d'autre part aux Ordinaires des lieux la faculté de réduire, selon leur prudence, à un moindre nombre les visites aux églises susdites, pour les chapitres et les congrégations de séculiers comme de réguliers, les communautés, confréries^ universités ou collèges quelconques qui les feront en procession.

Nous permettons aux navigateurs et aux voya-

geurs rie gagner la même indulgence, à leur retour ou à leurarrivéedans une slalion déterminée, en visitant six fois l'église majeure ou paroissiale, et en accomplissant convenablement tes autres œuvres, comme il a été prescrit plus haut. Quant aux réguliers de l'un el l'autre sexe, même & ceux qui sont cloîtrés àperpéluité età tous autres laïques el ecclésiastiques, séculiers ou réguliers, qui se trouvent cmpécliés par détention, infirmité corporelle ou tout autre juste cause, de remplir les prescriptions susdites ou quelques-unes d'entre elles, Nous accordons el Nous permettons k leurs confesseurs de les commuerend'autres lEUvresde piété, ou même d'en différer l'accomplissement à un auti-e temps rapproclié, en y ajoutant la permission de dispenser de la communion les enfants qui n'ont pas encore été admis à la première communion.

En oulre, Nous concédons à tous et à chacun des fidëles, lant laïques qu'ecclésiastiques, aux séculiers et au réguliers de tout ordre el de tout institut, même de ceux qu'il faudrait nommer spécialement, la faculté de se choisir à cet effet quelque confesseur que ce soit, tant séculier que régulier, pourvu qu'il soit approuvé. Les religieuses, novices el autres femmes vivant dans le cloître, pourront user aussi de cettefacullé, pourvu qu'elles s'adressent à l un [confesseur approuvé pour les religieuses. Aux confesseurs eux-mêmes.

mais seulement à Toccasion et pendant le temps du jubilé. Nous conférons les mêmes pouvoirs que Nous leur avons donnés lors du jubilé pro* mulgué par Nos lettres apostoliques du 15 février 1879yIcommençantpar ces mots : n Pontifices Ma^ œimi », à l'exception toutefois de ce que Nous avons excepté par ces mêmes lettres.

Mais, pour que les fruits dé salut que Nous avons en vue soient plus sûrement et plus abondamment recueillis dans ce saint jubilé, il faut que tous s'appliquent avec ardeur, particulièrement pendant ce temps, à mériter la protection de Tauguste Mère de Dieu, par leurs hommages et leur piété envers elle. Nous remettons aussi et nous confions ce saint jubilé à la garde et à la protection de saint Joseph, le 1res chaste époux de la bienheureuse Vierge Marie, que le souverain pontife Pic IX, de glorieuse mémoire, a déclaré patron de«r£glise universelle, et dont Nous désirons que tous les fidèles chrétiens réclament chaque jour l'assistance. De plus, Nous exhortons tout le monde à entreprendre par piété des peler rinages aux sanctuaires des Saints particulièrement vénérables et consacrés en chaque pays par un culte local et traditionnel, et dont la plus ce* lèbre pour Tltalie est la sainte maison de Notre- Dame-de-Lorette, que recommande le souvenir des plus augustes mystères.

A ces fins, en vertu de la sainte obéissance,

Nous enjoignons" et Nous ordonnons h lous et à chacun des Ordinaires des lieux, el à leurs vicaires el ofliciaux, ou, à leur défaut, à ceux qui ont charge rl'rlmes, dès qu'ils auront reçu des copies ou des exemplaires imprimés de ces présentes lettres, de les faire publier chacun dans l'étendue de leur juridiction, et de désigner aux populatious l'église ou les églises à visiter, comme il est dit plus haut, en ayant soin de les préparer, autant qu'il sera possible, par la prédication de la parole de Dieu.

Et pour que ces présentes lettres, qui ne peuvent être portées en chaque lieu, parviennent plus facilement à ta connaissance de tous, Nous voulons qu'aux copies ou exemplaires imprimés, souscrits do la main de quelque notaire public et munis du sceau d'une personne constituée en dignité ecclésiastique, la même foi snit due qu'à ces présentes elles-mêmes, si elles étaient exhibées ou montrées.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, sous l'anneau du Pécheur, le 12 mars 18S1, l'an quatrièmejde Notre Pontificat.

LÉON XIII, PAPE

xxm

LETTRE

A X. hkkdlA. pbAfbt de baônk*bt-loibb.

Clany, les mai 1881.

Monsieur le Préfet,

A peine arrivé ici, j'ai eu connaissance de Tarrèté pris par M. le maire, il y a quelques jours, et immédiatement revêtu de votre approbation, pour interdire les processions surtout le territoire de la commune de Cluny.

Cette défense a été publiée dimanche, dans toutes les rues de la ville, pendant le temps des offices.

C'est également en arrivant ici que j'ai lu, dans un journal du département, le texte de la révocation des fonctions de délégué cantonal prononcée le 20 avril contre M. le curé de Saint-Vincent de Chalon.

Si dissemblables que puissent èlre ces diverses mesures, elles sont bien sœurs l'une de l'aiilre. Elles se raltacheul toutes les deux par un lien très logique k ce plan d'ensemble dont les auteurs no prennent plus la peine maintenanl de dissimuler le butfinalet les trop évidentes inlenlions.

Ce que je pense de ces mesures, non seulement comme évèque et défenseur do la liberté religieuse, mais comme citoyen et comme Français, au nom delà liberté civile, de la justice et du bon sens, je n'ai point à vous l'apprendre.

Je m'en suis expliqué avec vous, Monsieur le préfet, en diverses cîrconslances, soit de vive voix, soil par écrit, et je vous épargnerai des redites aussi pénibles pour moi que pour vous.

Toutefois, visé directement dans les considérants du jug'emonl qui a frappé M. l'abbé Pompanon pour une altitude qui avait reçu l'approbation « de son supérieur ecclésiastique t et pour des actes de son ministère sacerdotal complètement étrangers au mandat et aux fondions de la délégation cantonale, je veux revendiquer ma part de solidarité dans la conduite qu'il a tenue et dans la mesure de rigueur dont il a été l'objet.

Cette mesure a déjà reçu la récompense à laquelle elle avait droit dans les bruyantes approbations dont elle a été saluée et qui sont devenues ainsi pour nos familles bonnétes et religieuses le

plus significatif et le plus salutaire des avertissements.

J'ai l'honneur, Monsieur le préfet, de vous offrir L'expression de mes sentiments très respectueux.

B CONTOQETBK AUX Bi^TBAlTBB ECCLâBIABTigUEe DE L'ANNâs )8S1

(28 JUl» MDCOCLIXXI^

MESSIEURS ET CUBRS CoOPÉRATEURS,

Engagé dans les incessantes soUicitudes de la vie pastorale; obligé de prendre pari à toutes les luîtes doctrinales ou polilico-religîcuscs dont le quatrième siècle fut rempli; allrîsté de la légèreté et du mauvais vouloir avec lesquels les hommes de son temps tranchaient les questions les plaa délicates el qui intéressaient de plus pr^sla conscience el les droits de la vérité, saint Grégoire de Nazîanze s'écriait un jour, comme écrasé sous le poids de ce continuel et inexorable labeur: <> Je

€ voudrais, ainsi que le prophète Jérémie,me réfu- « gier dans une solitude inaccessible et habiter en <t paix avec moi-même. Quoi de meilleur, en effet, € que d'imposer silence aux impressions sensin bleSy d'échapper aux exigences du monde et de « la chair, de ne se mêler aux affaires humaines a que dans la mesure du strict nécessaire, de « pouvoir enfin converser librement avec son âme « et avec Dieu ! Qu'il serait hou de mener une « vie supérieure à la vie des sens, et de devenir, <K autant que possible, un miroir très pur, capable c de refléter les beautés divines et Dieu lui-même, « en attendant l'heure où nous arriverons au « foyer de la lumière et où nous atteindrons, avec « la béatitude, notre fin suprême et éter- « nelle d (1).

Ces belles paroles d'un Père de l'Église serviront de thème à l'invitation que je viens vous adresser, Messieurs et chers Coopérateurs, de vous dérober pendant quelques jours aux labeurs,

(1) PhilosophisB saprem» desiderio teneor, ac juzta Jeiemiam, extremum quemdam seeesivm requiro, mecamque ipse soins vitfe consaetudinem habere concupisco . Nihil enim mihi potins yidetor quam si, sensibus compressis, extra mundum et camem positus, nihil reram humanarum contingens nisi summa necessitate ooaotns, mecum ipse et cum Deo colloquens, snblimiorem lis lebns qnse aspectu sentiiuitor, vitam traducam.. . ac efficiar velnt pn. rissimum qaoddam Dei rerumque divinamm speculnm . . . donee tandem ad radiorum vitœ hujus fontem perveniamus, et ad tnm finem assequamur. (8. Gregor. Nas. Or. 20» n<» 1.)

aux conlenlions, aux fatigues de votn? minisièro pasloral, et de venir vous livrer à ces exercices salulaires de la retraite d'où l'Anic sort loujoura avec un renouvellement de courage et de vortu.

II ne s'agit pour nous, il esl vrai, <]ue d'une solitude Irès relative cl do courte durée. Nul de nous, surtout & celte heure, ne saurait longleraps interrompre le travail et quitter le conibal ; et s'il e«t bon que la meilleure partie de nous-mêmes sspire toujours à un entier dégagement de toutes les affaires et préoccupations terrestres, les ohlîgalions el les responsabilités de notre ministère ne nous laissent que de loin en loin le loisir de nous livrer sans partage à ce que saint Augustin appelle si bien a le saint repos cherché dans « l'amour (le la vérité » (1).

Il n'en est que plus nécessaire de ne laisser échapper aucune des occasions que la Providence nous ménage de nous établir dans le silence répa* rateur de la retraite, et, comme le disait encore saint Augustin à son cher Nebridius, a de nous « enfoncer dans les solitudes de notre àme (2) » pour trouver cette paix souveraine, ce calme, cette salutaire accoutumance avec la pensée de la mort et les vérités éternelles qui donnent au chrétien

(1; Oliam uincCDm queeriC ckritas r Ott, L. XIX, c. XIX.)

(k; In mantiï ptinifrolibus. (Bp. 10 ad Nebrid.) Hgr Perraud. — Œavree, t. III.

de si solides joies, en le rendant vraiment participant de la vie même de Dieu (1).

Attachons donc, Messieurs et chers Coopérateurs, un grand prix à l'accomplissement du devoir imposé à notre piété sacerdotale par la sagesse de nos règles diocésaines, et mettons à le remplir un empressement qui apprenne aux fidèles combien nous savons apprécier les grâces de choix dont une retraite bien faite est le principe pour toute âme sérieusement désireuse de travailler à aa sanctification, et de devenir plus capable de coopérer à l'accomplissement des desseins de Dieu.

Les deux retraites du diocèse seront prèchées cette année par le R. P. Candeloup, de la Société de Jésus.

Elles auront lieu : la première, du lundi 29 août au samedi 3 septembre ; la seconde, du lundi 12 au samedi 17 septembre.

Devront prendre part à Tune ou l'autre des deux retraites, en vertu de l'article 165 de nos Statuts synodaux, tous les prêtres du diocèse qui n'ont assisté à aucune des retraites données en l'année 1880.

(1) Hcc tantum bonum concedi arbitrer ut cum morte &imiliaritatem quam quRsrimus faciant. Deificari enim in otk) licebat... Hinc fit illud solidum gandinm nuUis omnino laetitiis ex alla parte conferendum. (S. Aug. Kp. 10 ad Nebrid )

Nous prions nos cliers Coopcraleurs do vouloir bien relire, pour s'y conformer très esactcnicnl, les articles 166 et suivants des marnes Statuts, ainsi que les avis formulés dans notre Circulaire (n-63) du 28 juin 1880.

Los jeunes prêtres astreints aux examens seront partagés entre les deux retraites.

Nous convoquons à la première les prêtres des cinquième et troisième examens ;

Et à la seconde, ceux des quatrième, second et premier.

Afin de tenir compte de diverses demandes qui nous ont été adressées dans ces derniers mois, nous avons dû modifier, sur quelques points, l'itinéraire de la seconde partie de notre visite pastorale. Vous trouverez ci-jointe la liste des paroisses où nous nous proposons, avec l'aide de Dieu, de donner la confirmation au mois d'août. Ce surcroît de travail nous permellra de réaliser le plan que nous nous étions proposé, h savoir: d'accomplir en quatre années, au lieu de cinq, la visile générale du diocèse.

Noua vous adressons ces lignes, Messieurs et chers Coopérateurs, en un jour qui est particulièrement rempli pour nous de grands souvenirs et d'inetFaçables émotions. Nous venons de renouveler, il y a quelques heures, dans le l'u'ur m'';me de

Notre-Seigneur Jésus-Christ , les serments que nous faisions il y a sept ans, au jour de notre consécration épiscopale. Maintenant, comme au 29 juin 1874, avec la même sincérité et dans les mêmes sentiments , nous voulons redire devant Dieu, devant l'Église et devant vous, chers Coopérateurs, en qui nous aimons à saluer une fois de plus le clergé de notre diocèse, ce que disait saint Grégoire en prenant possession du siège épiscopal de Nazianze :

« J'offre au Saint-Esprit ma personne et toutes m mes œuvres , mon action et ma parole , mon a: repos et mon silence. Qu'il daigne seulement, a ce divin Esprit, me posséder et me conduire, et a: mouvoir, conformément à tous mes devoirs et à « sa volonté^ mon esprit, ma main, ma langue, »

Avec l'illustre et saint évêque, mon unique désir est d'être toujours, dans une inviolable fidélité, Tinstrument docile de cet Esprit, en la puissance et en la grâce de qui nous instruisons, nous consolons et nous édifions lésâmes (1).

Je me dis de nouveau, Messieurs et chers Coopéraleurs, votre très aifectueusement dévoué en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

(1) Organum divinum ip^e sum qaod a Spirita ^Micto puisa* tnr. . . Mea omnia, meqne ipsum Spiritai dono oflttû, actionem ac sermon em, otium ac silentium : tantum me habèÉt ào ducat atque et manum et mentem et linguam ad ea quie <>|iMtet el vult moveat. (S. Greg. Nas. Orat. 12, n» 1.)

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