AFFLIGÉES PAR LA FAMINE
(11 FÉVBIEB MDCCCLXXX)
Nos TRÈS CHERS FrÈRES,
Un pays avec lequel la France, aux diverses époques de son histoire, a entretenu les plus fra^ ternelles relations, est soumis en ce moment à une terrible épreuve : la famine sévit en Irlande.
Dans les autres contrées de l'Europe, l'intempérie des saisons ou l'insuffisance des récoltes réduisent à une gène momentanée les classes ag^ricoles et ouvrières, mais elles ne les privent pas absolument de tout moyen de subsistance.
n n'en est pas dn môme en Irlande, où la nourrilure dos populations rurales dépend presque exclusiv(>menl d'un seul mode d'alimentation. Que les pommes de lerre ou le maïs fassent défaut, el des provinces entières se trouvent tout d'un coup envahies par la famine, la vraie el complète famine, accompagnée el suivie de toutes ses horreurs.
Déjà, il y a Irente-trois ans, en 1847, l'Europe s'émut au cri de détresse qui, parti des rivages désolés de l'Irlande, répété par lavois puîssanle el compatissante de Pie IX , retentit bientôl jusqu'aux extrémités du monde. Le Pape sollicitait la double secours de la prière et de l'aumântt en faveur d'une nation à laquelle on pouvait bien appliquer ces paroles du prophète Isaïe : <• Allez « vite, messagers du Seigneur, allez vers celle
< terre dévastée par un lorient de calamités, vers 4 c« peuple écrasé sous le poids de ses épreuves :
< lie . Ariyeli vetoces , ad gentem conciilcatani ,
* cujus diripiifinmt flumina terram ejus ■»({),
* Que ne devons-nous pas tenter pour soulager
* le peuple irlandais, disait l'auguste Ponlife I as«is depuis quelques mois seulement sur la c chaire apostolique, nous qui savons combien, « dans les temps les plus difficiles, ce peuple s'est f distingué par sa constance à professer la reli-
€ gion catholique; par quels travaux le clergé € irlandais a propagé la vraie foi jusque dans les € contrées les plus lointaines de )'univers; enfin, € avec quelle piété et quel religieux amour cette c nation honore le saint apôtre Pierre dans la € personne de ses successeurs »(1) I
A la voix et à l'exemple du Vicaire de Jésus- Christ, les Évèques recommandèrent à )eurs diocésains la cause de Flrlande, et Ton put voir toutes les nations chrétiennes du globe s'unir dans un immense concert de charité pour nourrir un peuple qui mourait de faim.
Quelques années plus tard^ bien que dans de moindres proportions, Ttle aux vertes prairies, si gracieusement appelée par ses poètes « TÉmeraude des mers », était de nouveau visitée par lé terrible fléau. C'était au printemps dç 1860 : il y à juste vingt ans. *•
Permettez-nous, N. T. C. F., de rappeler idi un des plus chers souvenirs do notre jeunesse; sacerdotale. Une fois de plus la détresse de lli lande s'imposait à l'attention publique. Les voi les plus autorisées et les plus éloquentes reten saient dans les chaires chrétiennes et soUicitaie
(1) Encyclique de Pie IX pour recommander à toas Îqb ches, Primats, Archevêques et Évèques de la sainte Église lique les souffrances du peuple irlandais. 25 mars 1847.
pour un peuple aiïamé la générosité des fidèles (1). VolreÉTéque,alorsAgéde32aas, recul latrbshonorablemissiond'aller faire uneenquèle personnelle sur la situation de l'Irlande, aGn d'étudier non seulement dans leurs efTels, mais dans leurs causes, les soaf&ances séculaires d'un pays^auquel la PioviiencQ n'a cependant refusé aucun élément de prospérité.
Pondant trois mois, il nous fut donné de parcourir clans tous les sens celte île aux aspects si variés et si pittoresques. Accueilli de la façon la pluti yvmpattiique par toutes les classes de la société, plus d'une fois salué dans les termes les plus wuclianls par le peuple qui acclamait en notre ^rwane, avec le caractère sacré de notre sacerdoce, notre qualité d'enfant de la France, nous URns vu do nos yeux, nous avons touché de nos l'exceplionnelle el proverbiale misère du irUuidais.
QoRqae i[
k Aamréinent, les cinq millions d'hommes dont
- -Mj compose la population de cette ile, réduite
iqae de moitié depuis quarante ans (3) sous la
Hff Dapuloup & Saint-Rocb : M. l'nbbé Mermillod iMninte-
Ea llltl. le chiffre officiel Ue lu popnUtion ittalt àe pla^ de littioB*. EnlSeï, il n'était plQB que de 3,764,000 habitant.
double et implacable influence des famines périodiques et de l'émigration, ne sont pas tous privés du strict nécessaire. En Irlande, comme partout, il y a . le rapprochement et le contraste de la richesse et de la pauvreté. Mais ce qui est caractéristique de la pauvreté irlandaise, c'est que nulle part ailleurs elle n'y atteint de telles proportions et ne réduit l'homme à un si complet dénûment.
Quelques régions de l'île sont particulièrement vouées à d'incroyables excès de privations et de souffrances. Nous pouvons citer, comme les ayant visitées avec une scrupuleuse attention, malgré la difficulté de leur accès, la partie de l'Ulster gui forme au nord le comté de Donegal, et à Touest, la grande province du Connaught, celle que Cromwell fit ravager avec une si impitoyable rigueur, et dont on peut dire sans exagération qu'elle porte encore, après deux siècles, les stigmates d'une des plus douloureuses passions que jamais peuple ait subie pour demeurer fidèle à la foi de ses pères (1).
Nous voyons encore d'ici ces âpres montagnes
Nul doute que le dernier recensemeot n'accuse une nonr^le c*t notable diminution.
(1) Les soldats de Cromwell exécutèrent d'une façon n b^r* bare les ordies de leur maître, que Tlrlande devint un dont on disait a. qu'il n'y avait pas d'eau pour noyer un <£ de bois pour le pendre, ni de terre pour l'emevelir >. (Tilkh-' maifli Vie de CromneU,) .
du Conaemara el ces marais du nord-oiiosl sur lesquels, aa pris même d'un incessant labeur, le paysan ne parvient que très difficilement à trouver un sol un peu résistant pour y appuyer aa miséiable cabane, el quelque terre végétale pour semer les pommes de terre el le maïs, unique nourriture de sa nombreuse famille.
A mesure que le voyageur avance dans ces régions, sa vue n'embrasse au loin qu'une contrée disolée et d'un deuil monotone, Pa8unarbre,pas une branche de verdure, pas une prairie, ne reposent les regards. Ce n'est à tous les points de l'horizon qu'un sombre désert de tourbières, où l'on n'entend jour el nuit que les gémissements de l'Océan.
Les populations rurales y sont comme séparées ilu reste du monde et en proie à une misère dont nn croirait les détails inventés à plaisir, s'ils n'élaiont constatés par tous ceux qui, comme nous, ont voulu ne s'en rapporter qu'à eux-mêmes et ne pas juger sur la foi d'aulrui.
C'est dans ces distrlct3(l) que nous avons vu de pauvres femmes attendre l'heure de la marée k&sse, pour aller cueillir sur les rochers une algue marine appelée doulamaun qu'elles rapportaient dans leurs cabanes et faisaient cuire avec les
(l> particnlièremenl cetoi de Oweedore, dana le ooinlH de Doll|tn««).
pommes de terre pour le souper de la famille. Cette herbe saumàtre, dont nous avons voulu goûter, n'a par elle-même aucune vertu nutritive; mais en augmentant la quantité des aliments absorbés, elle impose aux estomacs un travail de digestion plus long, et retarde d'autant l'heure où il faudra de nouveau parer aux exigences de la faim.
Ces souvenirs rétrospectifs nous entraîneraient trop loin, et il faut nous borner.
Des lettres qu'on nous écrit depuis quelques jours de ces régions lointaines remettent sous nos yeux les mêmes scènes de dénûment. Travail et nourriture, tout manque à la fois ; et déjà lesjournaux du pays enregistrent ces funèbres verdicts des jurys locaux chargés de prononcer sur les décès qu'on appelle accidentels : Morts par la faim (1).
Désirant nous renfermer uniquement dans l'accomplissement d'un ministère de charité, nous n'entreprendrons pas, N. T. C. F., de vous exposer les causes politiques, religieuses, socia* les, économiques, auxquelles doit être attribuée la situation de l'Irlande.
Nous n'avons pas consacré moins de deux années de notre vie à scruter dans tous les sens cette douloureuse et difficile question, en rédî-
(1) Deaih from starvatioii.
géant pour le public les résultats de la minutieuse enquête à laquelle nous nous étions livré pendant notre voyage.
II ne nous paraît pas nécessaire de revenir sur cea graves problèmes pour vous prédisposer àrecevoir favorablement notre appel en faveur du peuple irlandais.
Nous n'Ignorons pas dans quelles conditions défavorables nous venons vous demander de nouvelles aumflnes.
Nous n'en avons pas encore fini avec un hiver qui a nécessité de toutes parts un déploiement exceptionnel de cbarité. Nous avons, nous aurons longtemps encore à soulager des misères dont nous sommes immédiatement entourés et auxquelles vous avez déjà ouvert 1res largement vos cœurs et vos bourses. C'est presque une indiscrétion, nous le sentons, de venir vous tendre la main pour lea besoins d'une nation étrangère.
Hais, outre que la charité chrétienne passe hardiment par-dessus toutes les barrières de la politique et de la géographie ; outre que tout infortuné, à quelque nationalité qu'il appartienne et en quelque langue qu'il jette vers nous son cri de détresse, est notre frère en sa qualité de membre iOuSrant de Jésus-Cbrist, il est en Europe deux nations que la France a toujours regardées et limées comme des sœurs : la Pologne et l'Irlande. Avec l'une, noua avons souvent mêlé notre sang
Kgt Ferwurt. — Œuvre», t. TII, [.
sur les champs de bataille dû continent; avec l'autre, suivant les vicissitudes delà fortune, nous avons tour à tour donné et reçu. En 1847, l'Irlande affamée recevait de la France, alors en pleine prospérité, des secours proportionnés à sa misère. En 1 870, la France était accablée sous le poids de ses revers. Du sein de son habituelle pauvreté, l'Irlande savait trouver des sommes considérables pour venir en aide à nos malheureux prisonniers de g^ierre. Nous avons pleuré avec elle ; elle a pleuré avec nous : cet échange de commisération et de fraternelle assistance fait entre les deux pays un lien indissoluble ; et puisque aujourd'hui l'épreuve de la famine visite et désole de nouveau la nation irlandaise, la France trouvera moyen, malgré ses propres nécessités, d'assister sa sœur en deuil et de lui envoyer, ayec les sympathies qui préservent du désespoir, Taumône qui sauve de la mort.
Il y a peu de jours, en dépit de toutes les charges qui pèsent sur le trésor pontifical, uniquement entretenu par les libéralités du monde catholique, Léon XIII a envoyé dix mille francs à Tlrlande affamée.
Un grand journal américain (1) a pris l'initiative d'une souscription à la tète de laquelle il s'est
(1) Le J^ânhYork Herald.
Inscrit pour la somme dp cenl mille dollars (cinq r«nt iniUe francs). Dans tous les diocèses d'Amérique et «l'Angleterre des comités s'organisent, et des quêtes sont prescrites pour aider les Évi'^ques dlrlande k nourrir leurs populations.
Nous ne saurions, mes bien-aimén Frtres, denuenrer en dehors de ce grand mouvement de charité.
Je vous l'ai dit en plus d'une circonstance, mais j'aime Ji vous le répéter : le diocèse d'Autun a une m«on toute spéciale, et une raison sacrée, de prendre une part principale à toutes les œuvres dti ïMe et do la miséricorde. C'est h nous que Nolre-Seignear Jésus-Christ a fait connaître, par un insigne privilège, les grAces particulières dont il entendait favoriser son Église en lui ouvrant pins largement les trésors de bonté et de divine compassion renfermés dans son divin Cœur. A ce litre, quiconque soulfre sur la terre nous appartient. Et nous, par reconnaissance pour le don inénarrable que le monde nous envie quand il fnlend prononcer le nom de Paray-le-Monial, nous dwons mettre pins d'empressement que les autres à répandre sur les douleurs des hommes les eiïu- "ions d'une cordiale charité.
Ainsi avez-vous fait, il y a trois ans, Frferes et Rlj Lîcn-aimés, lorsque nous vous avons tran»misles plaintes déchirantes de nos missionnaires dp l'Inde et que nous avons sollicité votre pitié
pour les malheureuses populations des bords du Gange décimées par une épouvantable famine.
Vos cœurs se sont émus : les plus pauvrres ont voulu joindre leur obole aux offrandes des riches, tous vous avez répondu à notre appel avec une générosité qui nous a valu de la part des apôtres de rOrient les plus touchantes actions de grâces.
Il y a peu de semaines encore, lorsqu'il a fallu soutenir à Chalon nos écoles religieuses, et constituer à Autun tout un service de charité libre pour l'assistance des pauvres, il a suffi à votre Évèque d'élever la voix, et vous vous êtes empressés, ici, de relever des institutions injustement proscrites ; là, de proportionner vos libéralités à Texcès de la misère.
Malgré les circonstances difficiles dans lesquelles nous nous trouvons encore, nous vous recommandons avec confiance les populations affamées de l'Irlande ; et, dans cette île lointaine où, depuis le temps de saint Patrice (1), on connaît et on aime notre pays, des paroles de reconnaissance, écho de celles qui nous accueillaient il y a vingt ans, monteront vers le Dieu infiniment bon pour le bénir de l'infatigable charité de la France.
(1) D*aprè8 les plus ancienDes traditions, mentionnées et confirmées par le Bréviaire romain, saint Patrice était proche parent de notre grand saint Martin de TonrR.
ET mand&uëht
JUULOATION D'USB KOUVBl-LB ÉDITION DM STATUTS 6ÏN0DAUX
Chbhskt Vénérables Coopérateurs,
U nouvelle édition de nos Slatuts diocésains, Mïisés et confirmés par notre Synode de 1877, «1 enfin terminée. Après de trop longs délais ^u'il n'a pas complètementdépendu de nous d'abréfer, elle achève de s'imprimer, et avant peu de temps elle pourra être mise à ta disposition de chacun des membres de notre clergé.
C'est un nouvel anneau ajouté à la chaîne des traditions canoniques de notre cher diocèse, un des plus riches de France en monuments de ce genre,
Un jour peut-être, si les circonstances redeviennent favorables, nous vous demanderons votre concours pour accomplir une œuvre qui serait un bel hommage rendu à la mémoire de nos pères. Il s^agirait de réunir dans une collection, que nous pourrions intituler : Corpus juris ^duensis^ tous les canons de discipline ecclésiastique promulgués dans le cours des siècles, par les Conciles provinciaux, par les Synodes, par les Évêques, pour le bon gouvernement de TÉglise d'Autun.
En attendant la réalisation de ce vœu, nous croyons qu'il ne sera pas sans intérêt pour vous, et sans utilité pour ceux qui viendront après nous, de résumer ici cette histoire de notre législation. Nous le ferons en nous aidant des travaux de Mgr Devoucoux, ancien vicaire général du diocèse, mort en 1870 évêque d'Évreux, si versé dans les antiquités sacrées et profanes de l'Église éduenne, et qui, mieux que personne^ eût pu mener à bonne fin l'entreprise de recueillir et de rééditer nos anciennes ordonnances.
"période. — LÉGISLATION CANONIQUE DES TBOIS UIOCËSES d'AITUN, DK CHALON ET PE MAÇON, UEPms LE CINQIJIËME JUSQU'a LA FIN DU DiX-lIUmÈME tOCLE.
Cette revue rapidi' comprendra d'abord les recueils canoniques antérieurs au Concordat, et qui ont successivement formé lesrfegles de la vie du clergé dans les trois diocèses aujourdliui réunis d'Autun, deChalon el de Mâcon.
Nous avons à énumérer, en suivant l'ordre des temps :
1* Les canons disciplinaires des conciles tenus i Cbalon, et MAcoo, à Autun, à Tournus, depuis le cinquième jusqu'au treizième siècle (IJ.
(1) DétBÎt ehiDQologiquc ;
En ITO (on anivant Labbe en 476), premier concile de I
En 57S. deaiiime de CbaloD ;
Bd SRI , premier de U&cod ;
Ko S8G, deuxièma de Mllcon;
Bd SS9, premier d'Antnn ;
Un DOS, Uoitfime de Cbalon ;
2® Les Statuta synodalia dont la date n'a pu être fixée qu'approximativement par dom Martenne, d'après l'écriture d'un manuscrit conservé à la bibliothèque de Troyes. Ces statuts appartiennent très probablement au douzième ou au treizième siècle.
3^ Les Statuta sytiodalia dressés dans les Synodes de 1299, 1300, 1301, sous l'épiscopat de Barthélemi.
4^ Les Statuta synodalia publiés par Tévèque Élie, après les Synodes de 1315^ 1316, 1317.
5^ Les canons disciplinaires de Pierre Bertrandi, cardinal de la sainte Église romaine, en 1322 et
En 6%3, troisième de Mftoon ;
Bn 650, quatrième de Chalon ;
Bn 670, deuxième d*Autun ;
En 813, 839, 873, 875, 887, 894, 915, cinquième à onzième conciles de Chalon ;
En 949, premier de Toumus ;
En 1054 ou 1056, et en 1063, douzième et treizième de Ghalon ;
En 1065, 1077, 1094, deuxième à cinquième conciles d'Autun ;
En 1115, deuxième de Toumus ;
En 1153 et 1286, quatrième et cinquième conciles de MAcon.
Aux canons de ces conciles, tenus du cinquième au treizième siècle, il y aurait encore à joindre :
1* Les statuts donnés en 1215 par Durand, évèque de Chalon, au Chapitre de son église cathédrale ;
^ Les statuts publié8 en 1281 dans le Sjnode diocésain, présidé par Guillaume II Dublé, évêque de Chalon ;
3o Les règlements du Chapitre de la cathédrale de MAoon, àntt ses parl'éTèque Philippe de Bainte-Groix (1366-1380) ;
6° Les statuts puliliés par le cardinal Jean Ro- Un, 1U9 et 1468(1).
7*' Les ComtitutioTis synodales de Jacques Huraull de Chtverny, imprimées en 1S34 (2). 8^ Les statuts des Synodes tenus:
En )SS6, sous l'épiscopat do Philibert Dugny i En 1597, 1600, 1602. 1603, 4606, 16H, sous l'épiacopat de Pierre Saulnier ;
En 1615, 1619, 1620, pendant une longue vscancc du sihge, administré pendant huit ans, au nom de Mgr de Marquemont, archevêque de Lyon, par Nicolas Jeannin, doyen du Chapitre d'Autun, et &Ère du célèbre président Jeannin ;
4* Ia collection de* Statats Bynod&nx du diocèse de HUcon pobliéa par l'évSque Etiâime de Longny, et imprintés en 14!I3 :
î* Lea Bt&tnta Broodani du diocèie de Chaloo, publiés par Asdté de PoBpet. tvSque de H80 à ISOS ;
1° Les Statuta aynodaiu da mSine diocèse, publias an 1564 par l'tT^se Louis Guillart.
}• Le Pastoral et lea InstracUoua aux curiSs et aux ricaires, ' Mdigéa pu Cyrne de Thiard, éïéque de Clialon (1593-1624) ;
S» Lea règlements donnés A «on diocùso par Gaspard Dinet, értqne de lUcon (lË9fl-1619);
t> liu StAtata sjnodaux du diocèse de Mllcon, publiée pai l'é- Tique Jeu de Lingendea, en 1659 ;
10* Lm Statats des if codes tenus à Uâcon pendant l'épiacopat de Kcbel de Colbert (iG66-IGT6).
(1) ToDte cette piemién série de Slatots synodaux a été éditée dMuIet. IT du Theianrvi Aifedotorun de dom Martenne. Le « Statuts de UVJcst conservé aux arcbires de l'Ë-
(1) Petit Tolnme in-32 de M pages i
1 numéroté es, s
En 16259 sous l'épiscopai de Claude de la Magdelaine de Ragny ;
En 1658 et 1661, sous Tépiscopat de Louis II Doni d'Attichy.
Les manuscrits de ces treize collections synodales sont conservés aux archives de FÉvèché.
9^ Les recueils d'ordonnances publiés en 1669 et 1679 par Mgr Gabriel de Roquette, auxquels il faut ajouter, sous le même épiscopat, des avis édictés dans les Synodes tenus chaque année depuis 1690 jusqu'en 1696 inclusivement, et en 1703 (1).
10® Les ordonnances synodales de Mgr Bertrand de Senaux, publiées en 1705, du vivant de Mgr de Roquette, qui s'était humblement démis de la charge épiscopale en 1702, mais sans quitter Autun, oti il demeura en qualité d'auxiliaire de son successeur jusqu'à sa mort, arrivée le 2 février 1707.
Dans le Mandement-Préface placé en tète de ce recueil» Mgr de Senaux s'exprimait ûnsi :
(1) Noub avons 4 rârèché, pxoveiuuit de la Ubliothèqne de M. Paul Blot, décédé le 14 man 1852, le voliune des ordonnanoes de Mgr de Boqnette, imprimé à Anton chez Bemaid LamoUie- Tort, Grand'Bae. C*6St on volume de 66 pages in«i2, anxqaèUes Mgr de Boquette fit joindre les avis de saint Charles Bonoinée aux confesseurs et les avertissements aux fidèles sur robligmtioii d'aller à sa paroisse. Un autre exemplaire de ces mêmes ordonnances (édition de 1669 ; A.utnn, ches Biaise Simonnot) se tnmve
î que. par l'infinie miséricorde do Dieu, « nous avons été chargé de la conduite de ce N'grand diocèse, nous n'avons rien eu plus à < etBDr que d'y conserver la parfaite discipline
■ que nous y avons trouvée établie par les soins
■ de notre très cher et très honoré prédécesseur. «De tous les moyens que nous nous sommes
* proposés pour y réussir, nous avons cru que le B premier devait être de faire une recherche I aiacte de toutes les ordonnances qu'il a faites « dans les différents Synodes qu'il a tenus avec « tant de Lénédictions et de fruit, do les rassem- " bler et de les faire imprimer en un seul volume, " afin que, l'ayant sans cesse entre les mains, ° vous puissiez conformer votre conduite aux " ^andcs règles qu'il contient.
o Vous y en trouverez peu de nouvelles, et " seulement celles que de nouveaux besoins nous H ont fait juger être nécessaires. «
Ce recueil, plus considérable que le pn^cédont, et également suivi des avis de saint Charles aux
tctaeUemaat ilaus la bibliothèque de H, Horold de Fontcua/, â
Lea onlonoBtices pabliéM dftng le ^juode de 1693 onti^lË im-
primëEs en huit pages in-S'. (Autiio. chez Fronçoli Pertliix. —
ÂiulÙTes del'Bvâché.) Ntma sTona onoore dans le même formui.
laindicatioD de date : i' i une lualmction pour les archipnitrea
fa dîooéH d'AaCun s limprimee à AatuB, chez la veure de Ber-
I uud Lninothe-ToTl) ; S' un Cérémonial pont les visitea paatoratea.
confesseurs^ forme un volume in-12 de 330 pages (1).
A la suite des Synodes tenus en 1706 et 1707, sous Tépiscôpat de Mgr de Senaux, et en 1712, sous son successeur , divers avis disciplinaires furent promulgués.
11® Les ordonnances faites aux Synodes de 1713 et de 1716 par Mgr Charles-François d'Hallencourt de Droménil, qui avait déjà présidé le Synode de 1712. Ces ordonnances ont été imprimées à Autun (2).
12^ Les ordonnances synodales rendues en 1724, 1726 et 1728, sous Tépiscopat de Mgr Antoine-François Blittervisch de Montcley ; en 1733, 1739 et 1740, sous Tépiscopat de Mgr Gaspard-Thomas de la Valette.
13^ Une nouvelle édition des anciens statuts du diocèse, publiée en 1750 par Mgr Antoine Mal vin de Montazet, sous ce titre : Ordonnances synodales de Messeigneurs les illustrissimes et révérendissimes Evêquesd* Autun. Ce volume (format in-32) comprend : i^ un Mandement-Préface de 2 pages;
(!) Imprimé à Aatnn en 1706, chez Antoine Oherveau. Ce précieux Yolume manqne malheurensement à nos wUectionB de rÉvêché. L'exemplaire que nous avons eu sons les yeux appartient à la bibliothèque de M. Harold de Fontenaj, k Tobligeanoe duquel nous en avons dû la communication.
(2) Beliées à la suite des Constitutions synodales de Horaalt de Chivemy. (Volume des archives de TÉvèché.)
2* les ordonnances synodales de Mgr de Roquette et de Mgr de Sonaux (p. 3-146); 3° les rë^lemeolft faits par Mgr de Roquette pn lt)85 pour hs maîtres et maitresses d'écoles de son diocèse (p. 147-156) ;4°les ordonnancespubliéesparMgrde Senaux en 1707 (p. 456-138); par Mgr d'HallencourtdanslesSynodesde 1712, 1713, 1716 (p. 159- 473| ; 5''I'ordonnancopubliée parMgrd'Hallencourl pour promulguer la constilulion Ujngenitus(p. 175- 177) ; 6° les ordonnances publiées par Mgr de Blittervisch de Montcley dans les Synodes de 1726, 1728 ; par Mgr de la Valette dans les Synodes de 1733, 1739, 1740 (p. 177-198); 7° des modèl s d'enquête pour les dispenses de mariage (p. 198- 202) (!).
14° Les statuts synodaux imprimés en HG! par ordre de Mgr Nicolas de Bouille.
15" Une nouvelle édition des anciens statuts, publiés en 1783 par les vicaires généraux de Mgr Yves-Alexandre do Marbeuf.
16° Les avis donnés par MM. les vicaires généraux au Synode tenu à Aulun le 29 avril 1784 (2).
(1) Autan, dira ViTunt-François Chenaa. 1750. (Arciiiïea de firftcb*).
(Si Od 7 Tîn à diverses reprises des Atîb qrQodaax de 1T6fi. de 17S7. de 1761. de 1764, de 1765, de nfiS, de 1770, de 1773, de 1774, ■II! 1780. de 1781. (Autan, 1784, chei P.-Ph. Dejuisieu. — Relié à 1» auit« des ComtitutionB sfiiodaleB de Hurftolt de Ghivem;. - Arehiv» de l'ÉT^ph.^.l
Ces avis forment un volume în-32 de 118 pages. Ils portent les signatures de Lebas de la Londe, supérieur du Séminaire ; de Drouas de Boussey, abbé de Saint-Rigaud ; de Simon de Grandchamp, chanoine et archidiacre de Flavigny, officiai ; de Pinot, prévôt de la Collégiale, curé de Notre- Dame ; de Le Maistre, abbé de Saint-Étienne ; de MM. de Varese et de ChassignoUes , tous vicaires généraux de Mgr de Marbeuf.
Ce Synode de 1784, antérieur de quatre ans à la translation de ce prélat à l'archevêché de Lyon, est le dernier qui ait été tenu avant la Révolution française^ et par conséquent aussi le dernier monument disciplinaire de cette première période de notre législation canonique , longue de plus de
treize cents ans, depuis les premiers conciles tenus dans la seconde moitié du cinquième siècle .
Cette rapide nomenclature est assurément bien impuissante à nous donner une juste idée du travail accompli au sein de l'Église éduenne pour maintenir dans le clergé les saintes règles de la discipline ecclésiastique.
Toutefois ces dates, si sèches qu'elles soient, ont leur éloquence. Elles prouvent les sollicitudes de nos vénérés prédécesseurs pour ITionneur du sanctuaire. Elles sont tout à la fois pour nous un souvenir et un enseignement.
DtniÉlfE PÉRIODE.
DIOCtSE d'aCTDÎ* , COSCORDAT.
— LËGISUTION CANONigCE nU CHALON ET HACON DEPUIS LE
Le zèle des Évèqucs qui ont gouverné l'Eglise il'Autun depuis Iû commenceinGnl de ce siècle o'psl pas moins digne de nos éloges et ne se recommande pas moins à notre aUention.
1° Mentionnons seulement pour mémoire les nrdonnances du vénérable Mgr Moreau , évêque h MAcor avant la Révolution, nommé par le Premier Consul évêque d'Autun, et mort à l'Age ili^ quatre-vingt-deux ans, le 8 septembre 1802, après avoir gouverné pendant moins de quatre mois son nouveau et vaste diocèse, comprenant k« départements civils de SaAne-et- Loire et de la Nièvre.
Imprimées k MAcon, elles reproduisent et expliquent l'induit du légal de Pie VU, le cardinal Caprara, pour la réduction des fètns et le chant du Domine salvam fac liempublieam {{).
2° Son successeur immédiat, Mgr François de
{1} flaqnette de 33 pagec. H&con. cbei Koironx. Le titre indiqne Bneordotuiiiice a rel>tÎTe i la sonnerie et aoz cérénoDicn do re!te bon reneeinte dei égIi>eB. > Cett« ordonn&ace ne k tronre pu dana l'exemplaire qui appartient ï M. Barald de Fontenaj.
Fontanges (1), se mit sans tarder à Fœuvre pour réparer autant qu*il était en lui les ruines accumulées par douze ans de révolution.
Le 15 mars 1805^ Mgr de Fontanges publiait un recueil en neuf chapitres, suivis d'un règlement assez détaillé sur la tenue des fabriques, d'un tarif pour le casuel, et de dispositions liturgiques relatives à la célébration des fêtes (2).
La lecture de ces divers documents révèle le travail de réorganisation que les circonstances imposaient aux premiers pasteurs. Les points les plus essentiels sont seuls indiqués. L'heure n'était pas venue de reprendre dans le détail de toutes leurs tutélaires prescriptions les canons disciplinaires des époques où florissait la paix de l'Église. Évèques et prêtres : tous, au lendemain d'une époque si calamiteuse pour les intérêts religieux de la France, se trouvaient en face d'un champ que les ronces et les épines avaient envahi : Super humum populi met spitisB et vêpres aseendent (3). Il fallait aller au plus pressé, reconsti-
(1) Mgr cle Fontanges, né en 1744, boob le règne de Louis XV, avait été snccessivement évêque de Nancy, archeYèqne de Bourges et de TouloQse. Il porta le titre d'archeyèque-éYftque d*Ântnn. n moamt le 26 janvier 1806, enlevé par ane maladie contagieuse qu*il avait contractée en se dévouant k soigner de paaTrea prisonniers espagnols.
(2) Volume in-12 de 164 pages, imprimé à Anton, ches P.-Ph. Dejussieu, 1806. (Archives de l^Évèché.)
(3) Is. ZZXII, 18.
service des paroisses, i dépit de mille ilifQcultés, assurer au s fidèles, qui Bivaicnl accueilli avoc une si pieuse joie la réouvertnre de leurs églises, les bienfaits du culte.
Honneur aux vaillants ouvriers qui, au milieu de tant d'obstacles, avec ni peu de ressources, ont travailla avec tant de zèle afin de préparer de nouvelles moissons! Honneur et reconnaissance à ces Néhémias du commencement de ce siècle qui, aprèft avoir versé d'abondantes larmes sur les raines de la cité sainle ; f/evi et luxi dtc&us mtillis (1), ont mis la main à l'œuvre pour relever les pierres dispersées, refaire les murailles dévastées par l'incendie, reconstruire les tours et les hautes citadelles à l'abri desquelles de nombreuses générations avaient autrefois servi en paix le Dieu devant lequel le fier Clovis avait humblement courbé la léle et Fait baptiser avec lui toute la nation des Francs : El surrpxit Elia>iib, sacerrlos matpaa et fratres ejiis sacerdoces, et œdificaveruiit portam gregis : ipsi sanctifieaverunt eam et statuenmi valvas ejm et mt/ve ad tu/rim cejitum cubilorttm utnctificavetvnt eam (2).
Plos de trois quarts de siècle se sont écoulés depuis <{u'à la faveur d'un Concordat où un grand
..J}U Bad. ti, I. UgT Penaud. — Œuvres, t. ÏU.
capitaine avait mis tout son génie (1) et un grand Pape toute sa charité , ce travail de reconstitution sociale et de restauration religieuse a été repris. Mais les années ne sauraient nous faire oublier ces anciens du sanctuaire, ces prêtres vénérables qui se groupèrent alors autour des premiers pasteurs pour travailler sous leur direction à réparer tant de brèches faites à l'Église de France. La plupart d'entre eux avaient été des confesseurs de la foi (2) ; beaucoup portaient dans des infirmités prématurées les traces des héroïques imprudences au prix desquelles, aux jours sinistres de la Terreur, ils étaient demeurés à la portée des populations fidèles, pour ne pas les laisser déshéritées des secours de la religion. Gomme ces saints de l'ancienne loi dont saint Paul a si bien redit les grandes actions, « ils avaient erré dans les soli- < tudes, dans les montagnes, dans les cavernes ,
(1) Il ne s'agit ici, bien entendu, que du Concordat, et nullement des articles organiques subrepticement ajoutés au oontntt synallagmatique conclu entre le Souyerain Pontife et le chef de la République française .
(2) On trouvera dans le Légendaire d'Autun de M. Tabbé Pequegnot, chanoine théologal, de très édifiantes notices sur les prêtres de nos trois diocèses qui eurent l'honneur de payer de leor vie leur inébranlable attachement & la foi et aux enseignementa de rÉglise ou qui périrent dans les prisons par suite de mauvais traitements. Nous recommandons aux jeunes ecclésiastiques de notre diocèse de se procurer et de lire cet ouvrage qui leur apprendra tant de choses utiles et édifiantes sur le glorieux passé de notre Église d'Autun.
•• nianquanl de tout, dans l'angoissé' et AanA
. l'affliction » (1).
Ceux qui avaient pu échapper au tranchant du glaive et & la gueule des lions (2), dociles au premier appel des évéques, se virent, à cause de leur petit nombre, chargés d'un travail écrasant ; ils rétablirent les paroisses, reprirent l'œuvre néceasairt^dela première éducation des clercs, jetèrent les fondements des pieus asiles qui allaient redevenir des séminaires , et renouèrent par les exemples de leurs vertus celle chaîne traditionnelle de la discipline ecclésiastique dont les malheurs et les scandales d'une période de quinze ans avaient plutôt démontré l'impérieuse nécessité qu'affaibli l'édiâanl souvenir.
Saluons ensemble. Messieurs et chers Coopératenrs, ces hommes apostoliques , auxquels fut réservée la mission de relever nos autels et de rallumer le feu sacré du sanctuaire (3). « Que u leur mémoire soit en bénédiction! n Que leurs ossements reposent en paix dans la terre sacrée de Qos cimetières, en attendant, avec l'heure de la résurrection bienheureuse (1), les récompenses
(1) Egeut«s, aogBsUsti, affiicti, in «olitadiniboe emiite«. i nootibiia et apeloncia et cavomia terne.
(2) ObtaraTeram ora leomtoi... eSagenmt aciem gladîi .
(3) n Uach. 1, 19-22.
(4) Dttit mcmoris illacum in benedictione et oeu eorum pul lulul àc loco sno. (Kucli. SLVi, 14.)
promises par le Seigneur à ses serviteurs fidèles ! Et si leurs noms doivent disparaître dans la fuite rapide du temps, que les services rendus par eux à la cause de la religion soient de notre part l'objet de la plus vive gratitude ; car ils ont travaillé tout à la fois pour Dieu et pour nous, en rétablissant ces règles de discipline , auxquelles, surtout depuis le saint concile de Trente et la grande réforme ecclésiastique du dix-septième siècle, le clergé de France était redevable de sa réputation si bien méritée d'intégrité dans les mœurs et d*édifiante application à tous les devoirs du ministère pastoral.
3° Les ordonnances publiées en 1805 par Mgr de Fontanges, archevêque-évêque d'Autun , reproduites purementet simplement en 1829 par Mgr de Vichy , quatorze jours avant sa mort, furent rééditées par Mgr d'Héricourt une première fois le 10 janvier 1831, avec l'adjonction d'un règlement pour les conférences ecclésiastiques, et une seconde fois le 21 décembre i843.
Ce prélat, auquel nous sommes redeveibles de tant d'utiles institutions et dont la main ferme et intelligente imprima au clergé et aux œuvres du diocèse une impulsion que près de trente années écoulées depuis sa mort n'ont pas encore ralentie, fit ajouter à Tédilion de 1843 « divers avis sy-' <c nodaux donnés à la suite des retraites pasto-
t raies (1), et, de plus, des règlements dar les cal^
c cbifluies, la première communion et l'œuvre des
€ séminaires » (2).
4° Tel était l'élal de la lé^fîslalion canoniiiuc
dans le diocèse au moment ofi Mgr de Marguerye, précédemment év(>nm! de Sainl-Flour, recueillit la succession de Mgr d'IIéricourt, enlevé à l'afFeclion du clergé fl des fidilcs dans toute la force de Vdge et dans l'exercice d'un z^le <iù sa vie s'élail prématurément consumée (3).
Depuis quelques années , l'Eglise de France subissait l'heureuse influence d'un retour aux plus saines traditions du gouvernement ecclésiastique. Au lendemain même des bouleversements et des agitations d'une révolution (4) qui avait sinctrement admis l'Église au partage des libertés publiques, l'antique usage des conciles provinciaux avait été remis en honneur. Mgr d'Héricourl avait pri» part au concile de Lyon, tenu en i8!i0 sous la présidence ilu cardinal de Bonald, et y avait occupé sa place do premier sulliagant de celle antique province. A la même époque , par un CTontrc-coup providentiel des épreuves temporelles
(I) Pemlant lea qaatona premiÉrca années de Bon ëpitcopat, I82«-1S<3.
(S) Huidement da H décembre 1843.
(S) Hgr d'HÉrictmrt. né en 1797, nommé éypquc d'Aïuiin (i S'.' moM, «0 1829, en mort le R juniet isr.l, A l'Age de 64 bdi.
|li F*»rlcr !8-18,
du Saint-Siège , évêques, prêtres et fidëles sentaient le besoin de resserrer les liens qui unissent les Églises particulières à la sainte Église romaine, à celle dont le grand martyr d'Antioche , saint Ignace , disait qu*elle € préside dans la charité (1) >. Sous l'empire de ces circonstances, on vit se produire un double mouvement canonique et liturgique dont il était impossible de ne pas tenir compte : d'une part, dans les rapports de Fépiscopat avec le Saint-Siège, et du clergé du second ordre avec l'épiscopat ; de l'autre, dans le remaniement des anciennes ordonnances relatives au culte et à la discipline.
Mettre les usages particuliers des diocèses en une plus complète harmonie avec les règles canoniques suivies dans l'Église universelle et plus parculièrement approuvées à Rome : telle fut Tœuvre à laquelle, avec le concours empressé du clergé d'Autun^ fidèle à ses plus anciennes et à ^es plus glorieuses traditions (2), Mgr de Marguerye travailla sans relâche pendant ses vingt années d'é* piscopat.
Après avoir obtenu de Pie IX de consacrer par un titre officiel la réunion effectuée par le Con-
0-) EnnAno-iêt ii>aviiMfv>l**> nrtf vpixeiSii rai ii rit m x**p<*v
Pii|Ktf<fTf Y fixa6«y(4fTf| tÎc àyiwnt, (S. Ignat Ant Ep. Ad Bom.)
(2) Voir le Lég^adAire d'Antun oité ping haut, t. I, Intxod. p. ZZII.
cordât des troiï anciens diocèses d'Âutun, de Chalon et de MÂcon, accoutumés depuis un demisifecle déjà, à vivre sous la même houlette pastorale et à meltro en commun les trésors de leurs plas grands souvenirs ;aprèsavoir solennellement rétabli dans la célébration de Toffice privé et du culte public la liturgie de l'Église, mère et maîtresse de toutes les hglises, mais enrichie des mo- DOments les plus vénérables de l'hagiograpbie locale cl des coutumes que la sagesse de Rome n'avail pas estimés Inconciliahlesavec ses propres usages ; le pieux Pontife, joignant l'exemple au précc'pt».' et s'inspirant pour le gouvernement du diocèsu des règles canoniques Formulées par le saint concile de Trente et tant de fois depuis confirmées par les souverains Pontifes, reprit l'œuvre de la législation de son vaste diocJ'se au moyen des Synodes et des assemblées synodales.
Quelques mois seulement après son arrivée à Aulun, ilconviiijuail et présidaitun premier synode solennel (du 4 au 8 octobre 1852). La promulgalion des décrets du concile provincial de Lyon, le partage du diocèse en cinq archidiaconés ou pro~ vicariats, l'établissement d'une caisse de secours pour les prêtres in6rmes, enfin, divers règlements sur tes-retraites ecclésiastiques, les bibliothèques cantonales et certains détails relatifs & la décence duculte, particulièrement dans les églises pauvroH ; l«t|»fun>nt les pnneipaax résultats de ce Synode
de 1852 qui, après une interruption de 58 ans ((), renouait la chaîne de ces réunions canoniques si conformes à l'esprit de l'Église et toujours si fécondes en fruits de sanctification pour la tribu sacerdotale.
Neuf autres Synodes ou assemblées synodales furent encore convoqués par Mgr de Mar^e* rye (2).
En 1864, pendant un séjour à Rome, il parut au pieux pontife que Theure était venue de refondre dans un travail d'ensemble les anciennes ordonnances du diocèse et les diverses prescriptions édictées par les Synodes tenus dans les onze premières années de son épiscopat, de 1852 à 1863.
Le vénérable prélat ne se trompait pas en pensant que le recueil des Statuts synodaux du diocèse d'Autun emprunterait un caractère particulier de force et d'autorité à cette circonstance d'avoir été rédigé à l'ombre même de la chaire de Pierre, « dans les lieux qui furent jadis les témoins des c( luttes sanglantes du christianisme naissant, et « où l'on retrouve à chaque pas le souvenir de la c( vie et des œuvres des premiers chefs de l'Église « et de leurs pacifiques conquêtes (3) "p.
(1) Depaifl le Synode de 1784.
(2) Dans les années 1865, 1868, 1859, 1860, 1862, 1863, 186i,
(3) Mgr de Margaerye. Lettre pastorale du 26 novembre 1864.
Nons n'avons point, N. T. C. C. à vous faire i'étogi- de ce recueil si complet, si mélhodiqup, dont toutes les dispositions se réfèrent uniquement & la perfection de la vie sacerdotale, à la bonne administration des choses saintes, au maintien des sages traditions de la discipline ecclésiastique. Il est entre vos mains depuis seize ans, et cette longue expérience vous a permis d'apprécier l'avantage incomparable de posséder ce code qui résume en trois cents pages toute la législation canonique de notre diocèse et le travail accompli pendant plus de quatorze sifecle.s par nos illustres prédécesseurs.
5** Les modifications apportées par notre Synode solennel de 1877 au recueil publié en 1864 sont en petit nombn-, et laissent subsister dans son en- Miuble la rédaction publiée par Mgr de Margui'rye. Elles vous ont déjà été communiquées dans le petit volume des actes de ce Synode (1). Les plas notables avaient pour objet do mettre nos
(1) S^noAu pripia EceUiia Atiç^H. OaHli. #t Matiu., etc., hmt 1BT7 eelebrata. Brocbate m-12 de se pagea. (ÂittuD, cbu sa, I8TS, I
— go- Statuts en complète harmonie, soit avec les décisions doctrinales du concile œcuménique du Vatican, et particulièrement avec la constitution Pas^ tor jEtemus oii se trouve définie Tinfaillibilité du Souverain Pontife ; soit avec les prescriptions de la Bulle Apostolicâs Sedis de S. S. le pape Pie IX, d'auguste et pieuse mémoire, publiée en octobre 1869, sur la législation des cas réservés.
L'édition de 1864 contenait déjà une instruction spéciale, relative aux empêchements de mariage et aux règles pratiques à suivre pour formuler lés demandes de dispense.
Cette instruction a subi de nouveaux remanie* ments, et grâce au patient travail d'un de nos plus compétents et dévoués collaborateurs, elleindique, dans le plus complet détail, la marche à suivre pour résoudre les nombreuses difficultés d'une maliëre qu'un des plus grands canonistes des temps modernes, le pape Benoit XIV, a déclaré être « des plus compliquées d.
Nous ne doutons pas que MM. les Curés ne nous sachent gré de leur avoir donné un guide aussi sûr, et il nous paraît superflu de leur recommander la plus scrupuleuse fidélité à suivre de point en point les indications à Taide desquelles ils pourront éviter les erreurs en un sujet de si grave conséquence.
Nous avions espéré pouvoir joindre à ce volume, qui traitede l'administration spirituelle du dicoëfle.
— 9! — •osecond volume relatif à l'admimst ration tcmpowlle, et nous avions donné ordre d'en préparer ks niatérjaux. Mais cette publication serait pré- Bslnré^ DU un moment oil les principes qui récent CCS matières depuis le commencement du àèd» sont remis en question, et où les pouvoirs tfgisl«Ufel exécutif sont peut-être à la veille d'élafcûrer Je nouvelles lois. Il nous parait donc plus n» d'attendre les résultats du travail récemment noiiè par le goavernemetil à une commission mixte Dummée le 2a février 1880, pour reviser la législation des fabriques et préparer les modifies d'après lesijuels les budgets de l'administration temporelle des paroisses devront être dressés et le» comptes tenus.
Nous vous avons d'ailleurs, N. T. C. C, dans um récenle circulaire, adressé une série de recomiNUi dations d un caractère essentiellement pratiipe (I). Vous voudrez bien vous y conformer avec la pEas entière esaclitude pour cette partie si im- IMrlante de vos obligations pastorales, afin de ne donner lieu à aucun grief légitime de la part de ceux qaî surveillent l'administration des cboses ecclésiastiques avec un zèle dont la bienveillance est loin d'être le motif dominant.
(1) M* C1.9 rnsn ISSO.
Au nombre des trésors de la sagesse, FEsprit- Sainl mentionne la promulgation des règles qui indiquent le détail de chaque devoir : In thesaurissapientiœ significatio disciplinœ (1). .
Ce trésor dont nous sommes redevables à la piété, au zèle, à Texpérience consommée de tant de vénérables serviteurs de Dieu, évèques et prêtres de notre chère Eglise éduenne, nous le remettons de nouveau entre vos mains, vénérables Coopérateurs, et nous le plaçons sous la garde de votre esprit d'obéissance aux saints canons et de votre amour pour Notre-Seigneur Jésus-Christ, souverain prêtre, auteur et consommateur de notre sacerdoce.
Ayez -le toujours à votre portée, sous la main, liga eam in digitis tuis (2), afin de pouvoir le consulter fréquemment et d'en faire passer les édifiantes prescriptions de la mémoire de l'esprit dans la mémoire plus vivante du cœur etde la volonté : Scribe illam in tabulis cordis tui (3).
(1) Eccli. I. 31.
(2) Prov. VII, 3.
(3) Ib. ib.
Plus vous vous nourrirez de ce volume qui renfiniie en subsUnce les préceptes ol les conseils de 1» perfection sacerdotale, plus vous aurexgrftce et puissance pour rappeleraux fidèles leursilevoirs tlpour leur indiquer la voie liu saUil : Cumede Kkmm isttid el loguere ad filios Israël (l).
Plus que jamais, en eiïel, laissez-nous vous le r^éter, la surnaturelle efficacité de notre ministère dépt-nd,pour une pari, de la confirmation que nos tDseignements reçoivent de l'intégrilé de noire viv; et c'est l'honneur incomparable du sainlélal l'oprptrise d'exiger impérieusement 1*' concours el l'action conlinueile de toutes les vertus. Qu'une »ale fasse défaut, et immédiatement toutes les wlres sont frappées de stérilité pour le bien.
C'est ce que rappelait au clergé du diocèsr-, il fa plus de trois siècles, dans un langage plein d'élévation, un de nos plus illustres prédécesseurs lur le siège d'Autun, Jacques llurault de Ohi- «remy {2).
Il ajoutait, el ces sages conseiisn'ont rien perdu de leur opportunité :
<• Telle doit être l'intégrité de la vie du prèlic a qu'ellecxclue non seulement le mal, maisjusqu'fi • l'ouibre du soupçon ; telle sa connaissance des
(3) èln pBT k Clwpttre éTèqne d'AntiiD, d'êUdI encore que di»- I m, le 9 mit» 1606. mort i B1m> le 26 juin l&M.
« mœurs qu'elle soit capable d'enseigner aux plus « ignorants la science du salut, de ramener dans « le bon chemin ceux qui s'égarent, en employant € avec eux la douceur, la persuasion, la charité, « la prudence, en leur enseignant tout ce qui tou- € che à la profession la plus parfaite des devoirs <£ du christianisme (1).
Oui, Messieurs et chers Coopérateurs, une vertu de tout point irréprochable devant Dieu et devant les hommes, et la prédication de l'exemple s'ajoutant continuellement à la prédication de la doctrine : tel doit être le fonds de notre vie. A ce litre, rien ne doit nous être plus précieux qu'un recueil de règles maintes fois sanctionnées par l'autorité de l'Eglise, et dont chacune est un soutien pour la bonne volonté dans l'accomplissement des devoirs multiples et des graves et délicates obligations de notre ministère.
Quant à nos rapports, non seulement avec les fidèles, mais, hélas! avec les infidèles, si nombreux
(1) Si alioB vitee statas contempleris, ob unam aat aUam Tirtatatis speciem habebis statim qao abonde illos commendes ; sacerdotem nia totos yirtatmn choms cingat et illnstiet, damnas, et in nno deficientem omnium reum facis*
Ea enim yitss integritas expetitur ut in qua nnllom crimen, nulla criminifi Bospido intentetnr, ea scientia morom desideratur qoœ rudes scientiam salutis doceat ; errantes redncat ad viam, placide, libenter, amiûe, tempestive, doceatque optima et quae maxime ad Ohristi professionem spectant. (Gonstitutionum synodalium Jacobi Huralti, Episoopi JSduensis, ann. 1534, Prologus.)
<Ig DOS jours, n'oulilions jamais qu'il ne peut pas nous suffire liavoir raison : nous devons encore el 1" moins aut&nl faire agréer que nous avons raisun. D nù la nécessité de moUro constamrnenl en pralitjue dans nos relations avec nos paroissiens, elsurlout avec ceux que nous voulons ramènera 's foi et aux devoirs de la foi, les dispositions «ipriméos par ces quatre mois dont chacun renferine un nUle enseignement : Placide, libcnter, wUce, tempestive.
Soyons inébranlables sur les principes elprftls à tout sacrifier pour les défendre. Mais défendonslesaveccelle fermeté prudente, patiente, douce, charitable, amicale, qui désarme les oppositions en gagnant les cœurs.
VfcfÉRABLES tr BIEN-AIMÉS CoOPÉRATCtBS,
Dans sa coursis rapide, le temps emporte avec 'qÎ les semaines, les mois, les années. A travers l'ioeiorable enchaînement d'affaires et de sollici- Indes qui dévorent les heures fugitives, il nous Mfiible être au lendemain de notre Synode de 1BT7. Nous entendons encore retentir sous les voâtes de notre antique Cathédrale les acclamation» qui couronnèrent les travaux île cette impoiSnte assemblée.
Rcdisons-les encore une fois, comme en ce jour d'ineffaçable souvenir :
« Au Cœur Sacré de Notre-Seigneur Jésus- « Christ;
a: A saint Lazare, l'hôte et l'ami du Sauveur; <i à tous les saints et saintes des territoires d'Autun» « de Chalon et de Mâcon ;
« A la sainte Eglise romaine et au successeur « de Pierre, le Pasteur et le docteur infaillible ;
d A la mémoire de tous les évèques de nos trois <K diocèses réunis ;
€ A la très chrétienne nation des France, 611e a aînée de l'Église, à la ville d'Autun, cité du « Christ! au clergé et aux fidèles;
« Amour et reconnaissance ;
c Hommages, vœux et bénédictions I »
A la fin de ce sublime dialogue, dans lequel les chœurs célestes semblaient répondre aux chants des anges du sanctuaire, nos voix s'unirent dans une dernière prière pour appeler spécialement sur les membres du Synode et sur l'important travail qu'il venait d'accomplir l'effusion de ces grâces sans lesquelles lesloisles plus sages demeurent inefficaces pour la réforme des abus et pour le bien des sociétés.
« Que ces ordonnances soient pour le clergé et fi pour le peuple un principe de salut 1 Soyons tous <i unanimes à observer ces statuts synodaux, pour « la gloire de Dieu, pour l'honneur et le progrès € de notre chère Église d*Autun !
* Qn'ilcn soit ainsi, avec la grâcede Dieu» (!) !
Celte suprême acclamation, Frijres el Fils bienlimés, esprimo les vœux les meilleurs que votre érèquu puisse former pour vous el pour le diocëse loul entier !
nies unit au\ scnlimenls les plus inlimes du CiEur de Noire-Seigneur Jésus-Chrisl, en lui demandant une fois de plus de bénir vos personne» cl vos œuvrps, ol de le bénir lui-même dans i'ucomplissemenl de sa grande, laborieuse el difficile mission.
Il clero et populo raâix ealutis '. Et luec statata ijnv- ■ teneanms ad Oui glorism ut Augusloduuenaia Iwlaue déco* et profectBm I nu'Put'PnMtoato Dci gratin
Hp fKBBAUD. — (EuTna, L nL