‹ Œuvres pastorales et oratoires (volume 2)Chapitre 2 sur 44 · DE SE DÉFENDRE · texte numérisé non relu

DE SE DÉFENDRE

(22 FÉVRIER MDCCCLXXX)

Nos TRÈS CHERS FrÈRES,

Il y a quatorze mois, nous recommandions à votre attention, à votre zèle et à votre charité les diverses œuvres d'intérêt général, diocésain ou paroissial pour lesquelles le Souverain Pontife, voire Évêque et vos Curés ont absolument besoin du concours des fidèles (i). Les événements accomplis depuis le jour où nous vous adressions

(1) Lettre pastorale da 21 nov re 1878.

cet appel n'ont fait qu'ajouter une nouvelle force aux considérations exposées dans notre Lettre pastorale du 21 novembre 1878.

Nous demandons de nouveau à vos respectables pasteurs de vouloir bien les rappeler quelquefois à votre souvenir, afin que, de plus en plus, vous vous regardiez tous solidaires des épreuves de rÉglise et que, pour lui témoigner votre reconnaissance de tant de gr&ces dont vous lui êtes redevables, vous vous conduisiez en tout à son égard comme des enfants bien nés envers la meilleure des mères.

Il nous est d'ailleurs très doux de constater combien le dévouement des catholiques grandit avec les tribulations de la société spirituelle à laquelle ils ont le bonheur d'appartenir. Ainsi la Providence se plaît à faire sortir le bien du mal; et les vents, dont le souffle violent présage la tempête, attisent, au lieu de les éteindre, les saintes flammes du zèle et de la charité.

Gomment^ au milieu de ces incessantes soUiciludes, votre Évêque ne bénirait-il pas du fond de son âme c le Dieu de toute consolation (1) :d de ce qui s'est fait récemment parmi nous, soit pour réunir, comme à Ghalon (2), les fonds néces-

(1) n Cor. I, 3.

(2) A la saite de la conférence que nons avons donnée à Cha- Ion, le mardi 18 ncvembre dernier, nue sonscription organisée

sairesau raainlien dos Sœurs de Saint-Vincenlde-Paul récemmpnl expulsées de leurs écoles par iMlorilé adminislralive; soit pour soulager les pauvres dont un hiver exccplionnellemenl rigoureux aggravait les souffrances dans de si lamenlabliis proportions ? Le magnifique exemple donné parles habitanls d'Aulun sur le terrain de la cliarilé libre (1) a provoqué de toutes paris un élan (l'émulation : Vestra smvlalio pravocavit pluriiNos (2). AMftcon.àChalon, dans bien d'autres localités encore, l'aumônes'estprécipilée au secours delà misère, comme en certains sinistres tous les bras se mettent à l'œuvre, ici pour combattre el circonscrire les ravages de l'incendie, là pour opposer une digue tutélaire aux torrents de l'inondalion.

Au mérite intrinsèque de la charité, prompteniïnl et généreusement faite, s'est ajouté pour lescalboliqucs !e mérite de voir méconnaître leurs plus droites et sincères intentions. Leur empreswnienl à secourir leurs frères les pauvres, au nom

'm tonte la ville a produit eu quelques «emsineB plus de 3S,000 ■"■Ci, à l'aide denqaelfl on a pn recoQstitner les 6co1m de Saint- ^to» et d« la Providence, créer une nwiTelle école de Sœora du* te fanbourg Saint-Laurent, et Boutenir les écoles dea Frères ■Itet'Mtlede Marie.

(I) Toir notre lettre à UM. tes Curés du la ville d'Autun iur l'IlriatancG dea pauvres.

fl) Il Cor. IX. a.

el pour l'amour de Jésus-Christ, a été travesti, même dans des discours et des documents officiels, en une sorte de manifestation politique inspirée par le désir de protester contre les institutions qui régissent la France.

Plaignons ceux que la passion égare jusqa*à leur suggérer de si pitoyables suppositions ; prions pour eux, suivant la recommandation formelle du

Maître : Orate pro calumniantibits vos (1) ; puis, sans nous laisser déconcerter ni décourager dans r accomplissement des saints devoirs de la fraternité chrétienne, passons outre (2) et faisons le bien, même à ceux qui nous prêtent de tels sentiments et afTectent de ne pas croire à la loyauté de nos actes : Vosautem fratres, noUtedefic^re^enefa" défîtes (3).

Nous relevons à dessein, N. T. C. F., cette injure si gratuitement jetée à la face de vos pasteurs

et çlc tous ceux d'entre vous qui ont mis le plus d'empressement à seconder nos efforts pour le soulagement de la misère publique, et nous voulons profiter de cette occasion pour vous adresser, aux approches de la sainte quarantaine, une exhortation dont le caractère essentiellement pratique vous fera mieux comprendre vos droits et vos devoirs,

(i) Lac VI, 28.

(2) Transiens Jésus per mediam illorum, ibat. (Luc. IV, 30.)

(3) IIThess. III, 13.

toutes les fois qu'en votre présence, ou à cAli; de vans, une lutte s'engagera sur le terrain des principes et des intérêts religieus.

Les chrétiens peuvent-ils, doivent-ils se défendre lorsqu'ils sont injustement attaqués?

Le silence et la résignation passive sont-ils en tout temps et en toute circonstance imposés aux disciples de Jésus-Christ ?

Dans quelles occasions ont-ils le devoir de parler, d'agir, de combattre pour affirmer, revendiquer ou reconquérir leurs droits ?

Vous comprendrez sans peine, N. T. C. F., l'importance de ces questions, et vous nous saurez gré de vous tracer nettement la ligne de conduite que doivent suivre les fidèles enfants de l'Église calliolique, appelés à rendre témoignage de leur toi au milieu des lattes de l'heure présente.

S'agît-il d'intérêts ou de conQits tout privés, <1K questions ou de difiicullés purement personnelles, n'engageant en rien les principes de la niorale, les vérités de la religion, la liberté ou Iw droits de l'Église ? Nul doute qu'en de telles occasions il ne soit loisible au chrétien d'appliquer sans réserve les préceptes ou les conseils

delà sainte douceur évangélique. « Tendre la joue < droite à qui nous a frappé sur la gauche ; c faire deux mille pas avec celui qui ne nous en « a demandé que mille ; abandonner le manteau ff à qui nous a déjà pris la tunique (1) :d : voilà les enseignements immortels de notre Maître : telle est la morale éternellement nouvelle destinée à remplacer les dures revendications de la loi ancienne ; et tandis que celle-ci réclamait impitoyablement « œil pour œil, dent pour dent », la loi de miséricorde et de grâce nous enjoint, ou à tout le moins nous conseille, € de ne pas « résister au méchant, et, si Ton nous a pris notre <r bien, de ne pas le revendiquer (2) ».

Dans le même sens, et relativement aux mêmes circonstances, saiut Paul exhorte les Romains « à ne pas se défendre, à céder devant la colère et « à ne se venger du mal que par le bien » (3).

Cette doctrine, si opposée aux instincts haineux dont nous avons tous le germe en nous, est confirmée par les exemples de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Huit siècles d'avance, Isaïe, décrivant dans un récit prophétique la Passion du Sauveur, avait représenté la victime c douce et <c patiente comme la brebis quand on va Tégor-

(1) Matth. V, 39-41.

(2) Matth. V, 39. — Luc. vi, 30.

(3) Rom. XII, 19-21.

I f fBr,silencieuse comme l'agneau qu'on dépouille ( desa toison (1) n ; et saint Pierre, pour résumer

' d'm mol la 3ang;lanto histoire du Calvaire et bure connaître les dispositions intimes du divin Crucifié, se borne à dire: « Le Christ s'est livré ises juges iniques » (2).

Oa ne voit pas non plus que ni saint Etienne niaucun des apôtres et des martyrs aient tenté de disputer leur vie à leurs bourreaux. Tous imitent ladouceur et la docilité de leur Maître. Tous disent comme lui, par leur altitude sinon par leur langage : « Pardonnez, Seigneur, à ceux qui nous I mettent à mort ; car ils ne savent ce qu'ils f font > ; ou encore avec le saint diacre de Jérunlem, au moment où il succombait sous une grèlede pierres ; « Mon Dieu, ne leur imputez pas ce péché » (3).

Lors donc qu'il s'agit seulement de nos per- WDnes.dc nos alTaires, de nos biens, voire même de notre vie ; et si quelque obligation d'un ordre Mpérieur ne nous fait pas une loi do nous défen- Jre, nous pouvons préférer le silence à la parole, la soumission k la résistance, la passion à l'action.

U importe toutefois à la vraie notion do la

(I) ùti. Lin, 7.

if) Cbrijtui tntdetMt jadicanti se iajaste.(Il Pet. ii, SI -2

(9) Act, Apost. vu, 59.

Hgr Febraud. - Œuvres, t UJ.

vertu qu'une telle attitude ait pour motîf déterminant, non une faiblesse pusillanime et un manque de cœur, mais la surnaturelle et courageuse imitation de la patience, de la douceur et de la charité du Fils de Dieu. En effet, ce n'était point par l&cheté qu'au lieu de se défendre il se livrait au trattre Judas et àlatroupe des satellites, puisqu'il lui suffisait d'aller vers eux pour les renverser à terre (1). Mais, après leur avoir un instant manifesté sa puissance, il lui plaisait de la faire céder à la mansuétude, et ordonnant à Pierre qui avait commencé à frapper avec l'épée de remettre Fépée dans le fourreau (2), il se laissait prendre et garrotter comme le dernier des misérables, traîner aux tribunaux d'Anne et Caïphe, flageller par les soldats, insulter sans mot dire par une vile populace, et, après avoir arrosé de son sang la voie douloureuse, clouer par les pieds et par les mains à l'infâme gibet, sans avoir dans le cœur qu'une immense commisération pour ses bourreaux, et sur les lèvres qu'une miséricordieuse prière pour leur obtenir le pardon de leur crime.

A vrai dire, la douceur chrétienne, loin d'être une abdication de la force, en est l'expression la plus haute et la plus triomphante manifestation, car « l'homme patient l'emporte sur l'homme cou-

(1) Joazm. xvin, 6.

(2) Matth. XXVI, 51, 52.

t rageux ; et celui qui esl maîlrc de son ànie est < supérieur à un preneurde villes i (1).

De ces préceptes, de ces conseils, de ces exemples, faul-îl conclure qu'il n'esl jamais permis aux disciples de Jésus-Clirist de se défendre ? qu'ils ont toujours pour unique devoir de se taire et desfl soumettre, sans dire aucune parole pour repousser la calomnie, sans tenter aucun efTort pour revendiquer leurs droits?

Un'enest rien.N, T. C. F., et le même Évangile qui nous pr^^cbe si éloquemmeut le pardon des injures el l'amour des ennemis, nous apprend dîna quelles circonstances, sans manquer à la ^nde loi de la charité, non seulement nous joouwns, mais nous devons user de tous les moyens lègilimes pour résister aux entreprises nialhonnèleset empêcher le triomphe de riniqtiilé.

Nous vous montrions tout à l'heure Nolrc-SeigncDr Jésus-Christ semblable à « l'agneau qui se « luue tondre sans ouvrir la bouche ou à la brebis

(I) Uelîor est pAtieni riro forti, et qui dominator aainio si rapni^atore QrbiQm, (Prov. XVI, 31.]

« qui n'oppose aucune résistance au couteau du n boucher ».

EsUce à dire pour cela que l'attitude du Sauveur ait toujours été muette et passive devant les audaces des méchants?

En aucune façon.

Dans le cas en eÛet où le silence et l'inactioD compromettraient non plus des intérêts privés et personnels, mais la cause générale de la vérité, de la justice, du bien, on n'a pas seulement le droit, on a le devoir de parler et d'agir pour ne pas se rendre complice du mensonge et du mal.

Notre-Seigneur Jésus-Christ n'a ni renoncé à ce droit ni déserté ce devoir. 11 n'a laissé passer sans protestation aucune des attaques insidieuses du pbarisaïsme. Décidé à être vaincu, puisqu'il voulait être victime, il n'a jamais laissé ses adversaires se prévaloir de leurs calomnies contre l'autorité de sa doctrine ou contre la divine origine de sa mission. Il les a confondus tantôt par l'autorité des Écritures (1) ; tantôt par l'évidence des miracles accomplis sous leurs yeux (2) ; tantôt par te témoignage du sens commun (3).

Si, un jour, il lui est arrivé de s'irriter et de ressentir, comme malgré lui, les soulèvements de

(1) JouL V, 39.

(2)Itnd. X. 82, 37;xiT, 12 ;XT, 2*.

(S) Lnc XI, 18.

la colère, c*est parce qu'en revendiquant énergiquement devant eux et contre eux les droits delà vérité, il les a trouvés systématiquement décidés à ne vouloir rien entendre, rien voir, rien comprendre (1).

Au milieu même de sa Passion , tandis qu*il endure avec une patience infinie et dans un adorable silence d'odieux traitements qui font partie du supplice accepté par lui en sa qualité de caution des pécheurs, il est une circonstance solennelle dans laquelle le sentiment de la justice outragée lui arrache une noble protestation , demeurée depuis dix-huit siècles la ressource , la force et la consolation de tous les opprimés : « ^i j'ai mal parlé, dit-il au valet qui a eu l'audace a de le souffleter en présence du grand-prêtre, « prouvez que j'ai mai parlé; mais si j'ai bien « parlé, de quel droit me frappez-vous (2) » ?

A ne consulter qu'un seul texte de ses épltres, saint Paul semble avoir interdit absolument aux premiers chrétiens € de se défendre et de résister « à la colère ». Mais il n'a en vue dans ce passage que ces relations privées et personnelles où, loin de perdre à ne pas poursuivre avec àpreté la revendication de ses droits, le chrétien fait un immense profit par la charité qui se tait, qui pardonne et qui oublie.

(1) Marc, ni, 5.

(2) Joan. xnn, S8.

En effet, lorsque la vérité, la justice, llionneu de Dieu, le bien des âmes, sont en jeu, le mèm^ Paul sait fort bien dire aux chrétiens qu'il doivent non seulement s'attrister, mais s'indiga el se défendre (1).

Et si, pour repousser d'injustes agressions, il devient expédient au chrétien, citoyen de l'éternité, d'user de ses droits comme fils du temps et citoyen d'une patrie terrestre, il n'hésitera pas plus que l'Apôtre à se placer sur le terrain des garanties légales pour demander hautement justice des abus de l'autorité : « De quel droit vous êtesc< vous permis de flageller un citoyen romain ? t dit-il au centurion chargé de le frapper de verger et de le torturer (2) ; et plus tard, conduit au tribunal du président Festus, Paul ne réclamera pas avec une moins courageuse fierté d'être jugé et traité conformément aux lois de son pays : « Si, en prêchant l'Évangile, j'ai commis un tt crime digne de mort, je ne refuse pas de mourir. c( Mais si je n'ai rien fait des choses dont ces Juifs « m'accusent, ils ne sont pas compétents pour « prononcer sur ma cause ; citoyen romain, j'en « appelle à César » (3).

(1) Hoc ipsum Becnndnm Denm contristari vos, quantam in vobis operatur soUicitudinem, defensîoaem, indignationem. (II Cor. vu. H.)

(2) Act. Apost. XXII, 26.

(3) Ibid. ch. XXV

II no nous parait pas nécessaire, N. T. C. F.

de I

lemple;

nen ajouter à I autonle de ces exern empruDlés à la vie même du Sauveur ou à celle deses premiers disciples; mais il peut être instractif cl intéressant de conslaler comment la société chrétienne a su garder Pidèlenient deux Iradilions, qui, loin de s'exclure ou de se con- Iredire, s'harmonisent et se compifetent : l'une , celle de la mansuétude, de la patience, de la doQceur . étant surtout la rkg]e de la morale privée et des relations personnelles d'homme k homme ; l'autre, celle des revendications courageuses, des énergiques protestations, des luttes persévérantes, étant toujours demeurée la sauvegarde de la conscience chrétienne et des droits del'Ëglise.

U a plu k la divine Providence de faire se reacoDtrer dans la même période de temps ces deux traditions. L'ère des apologistes coÏDcido avec l'ère des martyrs. Les chrétiens ont su tout i la fois, comme leur Maître, se laisser tuer sans mot dire, et comme leur Maître aussi, lorsqu'il interpellait le valet du prétoire, repousser avec énergie les calomnies de leurs détracteurs. Plus

d*une fois , d'ailleurs , les mêmes , comme saint Justin et saint Cjrprien , après avoir combattu avec un héroïque courage pour les droits de la vérité méconnue ou persécutée , ont subi le martyre en priant pour leurs bourreaux ; tour à tour intrépides soldats du drapeau sacré de l'Évangile et patientes victimes que la violence des tourments laissait jusqu'à leur dernier soupir « douces envers la mort » (1).

Saint Cyprien , s'entendant condamner par le proconsul Galérius Maximus à être décapité ^ se borne à dire : Dieu soit loué. Arrivé au lieu du supplice, il se bande les yeux de ses propres mains, fait remettre vingt-cinq pièces d'or au bourreau, s'agenouille et tend la tète pour recevoir le coup mortel. Voilà le vrai disciple de l'Agneau immolé.

Mais, auparavant, il avait combattu comme un lion en sa qualité de chef du peuple fidèle, et les siens lui rendaient ce beau témoignage « que sa € voix avait été comme une trompette retentissante € au son de laquelle les soldats de Jésus-Christ € s'étaient formés en bataillons pour lutter de € concert contre les injures des hérétiques et € l'oppression des païens » (2).

(1) Bossnet.

(2) Tuba canenf, Dei milites cœlestibns annis instructos ad congreasionia pneliam exdtasti, et in acie prima pugnans spiritali gladio diabolum interfècisti. Agmina qaoque fratrom hino et

C'est encore un des premiers apologistes de la fel chrétienne, Alhénagore, qui, dansson éloquent mémoire à l'empereur Marc-Aurèle, déclare que Im disciples du Christ sont prêts à aouffrir palicmmeot dans leurs biens et dans leurs personnes afin de suivre l'esemple de leur Maître et de pratiquer les maximes de l'Évangile; mais qu'ils se croient le droit de se défendre quand on leur impute des crimes dont ils ne sont pas coupables, elle devoir de repousser des calomnies qui, en frappant leurs personnes , porteraient atteinte à l'honneur de la religion (1).

Ud siècle plus lard, le langage de Tertullien ne sera ni moins net ni moins ferme,

A l'époque où il écrivait son immortelle Apologétique contre les Gentth, le nombre des chrétiens était devenu si considérable que s'ils avaient voulu repousser le mal par le mal et user de représailles envers leurs persécuteurs, il leur eût anfB de se lever comme un seul homme pour Ijrer des païens la plus éclatante vengeance.

indererbii tnli compegutsti. (Ititer Epiât. P. Cypr. n" 77.) Dt qui hic carilatia et pacis Tinculo copulati. contra luerelicoium iajaiÎM et presBDiM gentilinm limul at«tiinua... (Kp. S. Cjrpr. 76.)

(I) Non movet dob dammim quod facnltAtibai noetris adret- ■arii moliontur... At bÎ tiomiae tenus duntoiat occuBamur, rcBtnim talent ab bac injuria legibus nos vindicare... ut quod a cniHMidii libentl aimni, gandeut^B gloriemuT. (Athen. Lrg. pro

Sans même recourir à la force armée , ils auraient pu mettre aux abois Fempire des Césars. Ils n'avaient pour cela qu*à se séparer de la société civile des païens auxquels, dans ce cas, il serait resté moins de citoyens que d'ennemis (1).

Mais les chrétiens ont appris de FÉvang^le et de Jésus-Christ qu'il vaut mieux soufirir et mourir que tuer (2). Jamais ils n'ont eu la pensée de se révolter, même contre les plus cruels tyrans ; toujours et partout, on les a vus fidèles à rendre à César ce qui appartient à César, même quand César les poursuivait au mépris de toute justice et de toute humanité.

Cependant, ni cette mansuétude ni cette longanimité ne doivent être interprétées comme un lâche abandon des droits de la vérité et de la conscience ; et ces chrétiens si débonnaires du troisième siècle protestent énergiquement par la plume éloquente du prêtre africain contre les crimes imaginaires dont on les accuse; tous réclament que € leur cause soit jugée au grand jour »^ par les seules règles du bon sens et de l'équité (3) :

(1) Plures hostes qnam dres robis remansiBsexit. (Tertnll. Api^ log, c. xxxTii.)

(2) Si non apnd istam disoiplinam magîs occidi lioeiet qnam ocddere. (Id. ibid.)

(3) In aperto, in ipso fere Tertice civitatis pnesidentibas ad jndicandnm, palam dispicere et coram examinare qnid ait liqnido in caoaa cbriflUanomm. (Tert. Apol, c. i.)

en on mot, ]a patience avec laquelle ils savent SOuftïr d'injustes Irailcments ne les empêche pas de défendre avec une noblo fierté non leurs personnes, mais leur cause; non leur fortune ni leur !vîe dont ils font bon tnarctié, mais leur drapeau qu'Us ne pourraient laisser outrager sans se rendre coupables d'une criminelle prévarication.

^^^^^^^main tenant, N. T. C. F., dégager de \ cette étude historique les enseignements pratiqnes et les conclusions qui nous permettront de discerner, suivant les circonstances, <i le temps m de nous taire et le temps do parler ; le temps do a combattre et le temps de demeurer en paix » (1). Il n'est pas besoin de vous dire qu'en empruntant aux premiers siècles du christianisme ces exemples où nous avons admiré tour à tour la patience et l'intrépidité de nos pères dans la foi, nous n'avons en aucune façon la pensée d'assimiler notre temps à l'ère des Néron et des Diocléljen;niles tracasseries souvent misérables dont l'Eglise est l'objet de nos jours, aux persécutions

;i) Onim«lempaBhftbent...teinpaB tacendlettempDsloqnendi; lempm belli et tempos ptu^. (Eccl, ttl, 1, 7, 8.)

terribles qui coûtèrent la vie à tant de millions de martyrs, et donnèrent l'occasion aux plus savants apologistes d'ajouter au témoignage de leur éloquence le témoignage de leur sang.

Il ne faut rien exagérer, sous peine de compromettre les meilleures thèses, et malgré les cris haineux qui retentissent tous les jours fort impunément contre nous dans un grand nombre de feuilles publiques, nous ne croyons pas encore rheure venue de rééditer pour nos chers diocésains l'incomparable exhortation de saint Cjrprien aux confesseurs détenus dans les prisons de Carthage.

U n'en est pas moins vrai que l'Église traverse en ce moment des épreuves^ des difficultés^ des luttes assez sérieuses pour solliciter toute notre attention et tout notre dévouement.

Et d'abord, N. T. C. F., ne vous laissez ni troubler par le bruit du combat, ni effrayer par les adversaires.

Le premier de ces conseils, c'est Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même qui nous l'adresse (1). J'emprunte le second à Tapôtre saint Paul (2).

Si les ennemis du Christ réussissaient à jeter la panique dans nos rangs, ils seraient déjà vain-

(i) Anditnri estis pnelia et opiniones pnelioram. Videte ne tarbemiDi. (Matth. xziv, 6.) (S) In naUo terxeamini ab adrenariis. (PhU. x, 28.)

qucurs. Le sang-froid fait la moitié du courage, et pourvu que les chrétiens ne se déconcertent pas, ils sont sur le chemin de la victoire.

Laissez-nous vous le dire, N. T. C. F., avec uno liberté tout apostolique. Il en est parmi vous qui se troublent trop aisément et font trop vite entendre le cri d'alarme. L semble louable de prier en disant: «Sauvez-nous, Seigneur, noua périssons I » £t cependant le Sauveur a qualifié de n timides et d'hommes de peu de foi » ceux qui Ont jeté vers lui ce cri de détresse (1),

Il en est d'autres, surtout en la crise où nous wmmes, qui ne savent pas résister au sophisme da nombre et pour qui les chiffres valent les raisons. Cette erreur, fort accréditée de nos jours, est uno des causes les plus lamentables de la perversion des idées et de l'affaiblissement des caracferea. On n'ose plus penser et vouloir par soimême; on a peur d'avoir une conviction et une initiative personnelles ; on attend pour se prononcer de savoir de quel cAlé sera le plus grand nombre, parce que le nombre fait la force, et que, dans ce système, la force fait le droit. C'est assurément une des plus humiliantes applications du matérialisme brutal, auquel on semble vouloir d plus en plus demander la solution de tous les problèmes de justice et de morale sociales.

Écoutez, bien-aimés Frères, ce vieux texte emprunté à la loi de Moïse : c Ne suivez pas la foule « pour faire le mal : et quand il s'agit de pro- « noncer un jugement, ne vous inquiétez pas « du nombre , cherchez seulement où est la « vérité > (1).

Mais je serai seul à soutenir ce principe, à défendre ce droit, à me déclarer en faveur de la foi et de TÉglise catholiques.

Tant pis pour les autres, s'ils vous laissent marcher seul dans les voies de la raison, de la justice, du courage et de la fidélité. L'Esprit-Saint nous apprend que le nombre des insensés est infini : Stultorum infinitus est numerus (2). Attendrezvous de savoir leur sentiment avant d'affirmer le vôtre? Pourquoi vous troubler d'un isolement qui est pour vous un honneur ?

L'homme qui approuve le mal et le fait, ajoute la perversion des actes à celle des idées ; il est du moins conséquent avec lui-même. Mais faire le mal quand on le désapprouve, parce qu'on n'a pas le courage de résister soit à l'entraînement de l'exemple, soit à la tyrannie de la foule, soit aux menaces des méchants, quoi de plus déraisonnable et de plus honteux ?

(1) Non seqaeris tnrbam adiaciendnm malam; necin jadicio plurimorom acquiesces sententiie, nt ayero.deTiee, (Exod. xxiu» 8.)

(2) Bocl. I, 15.

tutez, N, T. C. F., un épisode de l'hisEoire de David que nous expliquions i] v a quelques semaines h vos frères de Chalon, réunis autour de DOQS avec un si louable empressement, pour nous Wconder dans une lutte où ils onl déployé tant de rèle, de vaillance et de charité.

Au temps où il était persécuté par Saiil, David s'était réfugié chez Achis, fils du roi de Gelh. Il n'avait pas tardé à gagner sa confiance et l'alTection de ce prince. Mais le voisinage de David et la renommée de sa vaillance faisaient ombrage aux Philistins. Leurs chefs sommèrent Achis d'avoir à congédier son hôte dans le plus bref délai.

Un bomme de cœur eût résisté à cette insolente injonclion. Achis n'en eut pas le courage. Il fit venir David : « Vive le Seigneur ! lui dit-il ; tu es « un homme juste; et depuis que tu es entré dans « ma maison, je n'ai eu qu'à, me louer de toi. Mais •t tu déplais aux satrapes des Philistins. Helire- « toi donc pour ne pas ofTenser leurs regards : m Salrapis non places. Revertere ergo et vade m m pace, et twti offendas ocuhs salraparam Philis- « tfiiim 9 (1).

David étonné demande en quoi il a pu mériter cette expulsion. Mais le pauvre Achis n'a pas d'autre raison à donner sinon que les satrapes ont pu-Ié, qu'il n'ose pas leur résister, et qu'en dépit

de toute justice il faut que David, « cet ange de € Dieu >, disparaisse au plus vite : Scio quia bonus es tu sicut angélus Dei. Sed principes Philistinorum dixerunt.... Igitur pergite (1).

Vieille de près de trois mille ans, cette histoire se renouvelle souvent parmi nous.

Laissés à leurs propres inspirations, que d'hommes seraient heureux de se déclarer franchement en faveur des droits de la religion et des institutions qui la représentent ! Mais ces institutions et ces droits gênent les satrapes des Philistins : Sa^ irapisnon places; et tandis que ceux-ci, sans raison, contre toute raison, font entendre leurs menaces, les Achis de nos jours, tout en gémissant intérieurement de la violence à laquelle ils se soumettent et honteux de leur faiblesse, sacrifient lâchement aux insolentes injonctions des ennemis de rÉglise les intérêts, les libertés, les œuvres qu'en d'autres temps ils eussententourés de leur dévouement le plus empressé.

Donc, bien-aimés Frères, paj de compromis, pas de honteuses capitulations devant les menaces des adversaires : Innullo terreaminiab adversariis. A cette heure, il est vrai, ils parlent haut et ferme. Leur audace s'accroît avec leurs succès. Aux déclarations hypocrites de respectueuse déférence pour les droits sacrés des consciences catholiques

(1) I Beg. IX, 10.

onl succédé les provocations et les cris de guerre.

Il n'y a plus de méprise possible, el tout ce qui a

élc lenlé depuis un au contre la liberté de l'ensei-

gnenienl, contre la liberté de la charité, contre îaulonomif de l'Église, impose h quiconque veut ilemeurer fidèle à sa foi de prendre parti.

On ne peut plus maintenant boiter entre les itax camps, ni chercher à concilier le culte de Btal avec celui do Jéhovah, comme le faisaient certains Israélites au temps du roi Achab et du prophète Élie ()). Il faut se déclaier et renoncer àtelle oeulralilé de l'indillérence que Jésus-Christ « si formeltemenl condamnée lorsqu'il a dit : 1 Celui qui n'est pas avec moi est contre < moi » (2).

Toutefois, N. T, C. F., après avoir blâmé la neutralité de l'indilTérence et les capitulations de la lâcheté, nous sommes tout prêt à reconnaître <iu'en certaines situations d'où dépend l'avenir (l'une famille, il peut être nécessaire de garder lies ménagements auxquels la prudence chrétienne ne contredit pas, et qui ne sont inconciliables ni avec la profession très nette des principes de la foi ni avec l'accomplissement très exact des devoirs delà roUgion.

Sans insister plus qu'il no convient sur un point

(1} Diqneqno cIsmlicKtii in duas partes I 11) Haub. au. 30.

Hgi Pcmod. — Œnrte», 1. 111.

aussi délicat, nous savons très bien qu'à llieure où nous parlons, toute une catégorie de Français et de chrétiens est l'objet d'une surveillance active et malveillante relativement à ce qu'on appelle dans un style deux fois barbare « les manifesta- « tiens de l'esprit clérical. »

Nous avons toujours tenu le plus grand compte de ces situations difficiles qui nous inspirent la compassion la plus sincère, et nous n'hésitons pas à dire que tous les chrétiens ne sont pas toujours obligés d'imiter la sainte témérité de notre Symphorien, lorsque, dans un élan d^indignation, il se jetait sur la statue de Cybële pour la renverser.

A ceux dont la liberté souffre cette violence morale, moins humiliante pour ceux qui la subissent que pour ceux qui l'exercent, nous ne saurions demander les actes héroïques du zèle. Nous nous bornons à leur rappeler qu'il y a une limite en deçà de laquelle la prudence prend un autre nom, et nous nous en remettons à leur conscience de les avertir du point où il faut savoir s'arrêter et dire très nettement : « Il vaut mieux obéir à « Dieu qu'aux hommes » (1).

(1) Act. ApoBt. y, 29.

Venons maintenant, N. T. C. F., à des indicalions plus détaillées et à des conseils encore plus précis.

1. — Il va sans dire que noua vous demandons avant tout de nous aider par la prière et par l'exact accomplissement des devoirs essentiels de la reli- ^on. Des chrétiens qui ne prient pas, qui ne fréquentent pas l'église aux jours prescrits, qui ne »e confessent pas, qui vivent étrangers k la table eucharistique et ne s'en approchent même pas aux temps de P&ques, seraient pour nous de médiocres aoxiliairi'S. PAt-on l'homme le plus courageux du monde, si on fait fi de la discipline militaire, on ne sera jamais qu'un mauvais soldat. Il ne faut pas aspirer à l'honneur de défendre l'Église quand OD refuse d'obéir à ses commandements.

A la prière, joignez l'aumône et la pratique des devoirs de charilé, en vous souvenant que, ici conune partout, la persévérance dans les entreprises où il faut payer de sa personne est plus djflicîle, mais aussi plus méritoire, que le premier élan auquel succèdent trop souvent, si l'on n'y prend garde, la lassitude et le découragement.

N'oubliez pas non plus que Tassistance des pauvres n'épuise pas toutes les obligations de la charité, et qu'au milieu même des luttes de principes où la conscience nous engage , nous ne devons jamais nous laisser aller à ces ressentiments personnels qui se traduisent par des paroles injurieuses ou de mauvais procédés. Un chrétien Test partout, même et surtout quand il est obligé d'agir avec vigueur pour repousser les assauts de rinjustice. 11 ne faut pas qu'on puisse jamais se méprendre sur les vrais mobiles de notre conduite, ni nous accuser de satisfaire nos rancunes privées en les dissimulant sous le drapeau des grandes causes dont nous voulons être les champions.

2. — Nous vous exhortons, il est vrai, à prendre les armes et à combattre comme il sied à des soldats de Jésus-Christ : Labora sicut bomis miles ChristiJesu (1).

Veuillez toutefois, N. T. C. F., ne vous méprendre ni sur notre langage ni sur nos intentions. Il s'agit d'une guerre défensive, et elle doit se livrer sur le terrain strictement lé^al. Il n'est donc pas question de porter le trouble dans l'État et dans la société civile. Cène sont pas des chrétiens qui ont rédigé la formule révolutionnaire : € L'in-

(1) n Tim. u, 3.

« suiredionesl le plus sacré des droits et le plus c saint des devoirs (1) ». Les chrétiens, même quand ils ont à se plaindre d'un gouvernement, ne perdent jamais de vue le respect dû aux pouvoirs établis ; et en tout ce qui ne contredit pas formellement la lui divine, évidemment supérieure h. toute loi humaine, ils ohéissenl, ils se soumettent, ils sont les hommes de l'ordre et de la paix (2).

3. — Mais, sur ce terrain strictement légal dont nous sommes résolus à ne pas sortir, il y a lieu d'user de toutes les ressources que les lois de notre pays nous donnent pour défendre avec une énergique persévérance les intérêts de la religion. Nous sommes citoyens au même titre que tous les Français. Nous portons notre part proportionnelle des charges publiques. Nous no sommes ni des rebelles ni des conspirateurs. El comme les lois n'imposent pas seulement des oitligationa, mais qu'elles confièrent des droits et assurent des garanties,pourquoi nous laisserions-nous opprimer sans nous défendre? Et ne serait-ce pas grand'pilîé et grande honte si. par une lâche abdication de toute virilité, les catholiques cédaient sans protestatioQ et sans luttes devant les sectaires qui

(I] Article de U canstitution de 1793.

{t} TertuUien, Apalogét. ch. xxxu, Ksxiv-xsxvi. — Toir gi «etie qneslinn BoMuet, H' avertiSKement aux proteitaDts.

ont fait serment d'enlever à l'Église ses libertés les plus nécessaires et affichent hautement la prétention de la réduire en servitude ?

4. — Vous savez sur quelles questions la lutte s'est déjà engagée et va se poursuivre :

Le droit des familles à choisir librement pour leurs enfants les maîtres qui ont leur confiance, à charge pour ceux-ci de se conformer, comme citoyens j aux lois générales de l'enseignement public ;

Le droit pour les particuliers à se g^uper dans des associations libres afin de remplir à l'égard des pauvres les sublimes devoirs de la charité ;

Le droit pour l'Église de s'administrer au spirituel et au temporel, sous la haute surveillance des premiers Pasteurs, en vertu des concordats et des lois qui règlent depuis quatre-vingts ans les rapports des deux puissances, lois dont la sanction du Saint-Siège fait une obligation pour les consciences catholiques :

Voilà, dans ses grandes lignes et dans son plan d'ensemble^ le champ de bataille où, depuis un an surtout, vos Évêques luttent contre des entreprises devant lesquelles ils ne pourraient demeurer silencieux ou inactifs sans forfaire à leurs devoirs. Ils font appel à votre concours et à votre dévouement pour les entourer, les soutenir, les aider

H celle guerre défensive. Ils vous répèlent l'émouvanl appel des Sfacbabées à leurs compairioles : 1 Nous combaUons pour nos âmes ol pour " noa lois. Préparez-vous ; .ceignez vos reins el « montrez votre vaillance (i) ! » Quel catholique, miment digne de ce nom, voudra demeurer sourd i cet appel et nous laisser porter seuls le poids du trtvail et de la lutte :'

6. — Enlïn, l'ordre, la discipline, l'ensemble dans les mouvements, la cohésion dans les efforts, sont, iTtcTaideetla bénédiction de Dien, les conditions indispensables du succès pour celte guerre pacifique et légale à laquelle nous vous conjurons de ne p&s demeurer étrangers.

Pas de désertion, bien entendu : mais aussi pas d'initiatives téméraires. Il ne faut pas que du courage pour gagner les batailles : il faut aussi de la science et de la prudence, de la méthode el de la lactique. Les Livres saints nous racontent l'histoire dfcelle légion (c'était cependant une légion d'élite) qui péril tout entière dans la guerre contre Antiochus, pour s'élre avancée imprudemment et n'ivoir pas entendu le signal de son cbef (2).

n pD^nbimnn pro nnimabuB aostris et legibus coslini. etctU'W lilii i^otenteseteatote parati. (IMach.

Et un peu plus loin, ils nous font Téloge de ces troupes qui, <c marchant avec ordre et précaution, € allaient à la victoire : Ibantcaute etordmate>y{l).

Et maintenant, bijen-aimés Frères, après vous avoir adressé cette exhortation et donné ces conseils, laissez-nous, en terminant, vous redire les paroles par lesquelles Mathathias, le vaillant serviteur de Dieu, bénissait ses fils, après les avoir armés pour les saints combats de la justice et de la religion :

< Le règne de Torgueil s'est affermi.

(( Voici un temps de châtiment, d'indignation et c de colère.

« Soyez les zélateurs de la loi ; donnoz votre « vie pour TaUiance de vos pères et souvenezc vous des œuvres qu'ils ont accomplies en leur ce temps.

<i Ceux qui mettent leur espérance dans le c( Seigneur sont forts.

(n Ne craignez pas les menaces de Thomme pé- « cheur, parce que toute sa gloire sera livrée aux « vers. Il s'élève aujourd'hui. Mais demain on ne « le trouvera plus ; il sera retourné dans la terre € d'où il est venu, et ses pensées se seront éva- (c nouies

(1) I Mach. VI, 40.

€ Pour VOUS, mes fils, soyez courageux et agissez « vaillamment pour notre sainte loi ; car par elle « vous serez dans la gloire » (1).

{Suit le dispositif.)

(1) I Mach. I, 50 et Bai?.

LETTRE PASTORALE

AU CLEBOi ET AUX FIDÈLEB DU DIOOÂSE

PRESCRIVANT XTNB QUÊTE

POUB LES POPULATIONS DE L'iBLANDE

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