‹ Œuvres pastorales et oratoires (volume 2)Chapitre 31 sur 44 · POUR PRESCRIRE DFS PRIÈRES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

POUR PRESCRIRE DFS PRIÈRES PUBLIQUES

SI:8BI0N I.EOISLATTVE DE L"iKNBE MDCCCLïXXII (21 JANVtEB MDCCCLXT^ir)

Messieurs et chërs CoopÉRATEtBs,

Aux termes de la loi constitutionnelle du 15 juillet 1875, des prières solennelles doivent être adressées à Dieu dans toutes les églises do France au renouvellement de chaque session législative, et il appartient aux Évêqups de régler tout ce qui touche à cet acte religieux, expression de la foi d'une nation chrétienne.

Deslois d'une importance exceptionnelle pour la paix intérieure de la France doivent être mise^ en délibération dans le cours de la présenteannée. Les unes ont rapport aux relations de l'Eglise et de l'État; d'autres concernenf la constitution intime de la famille, menacée dans son existence par

la résurrection de rinstitution païehne du divorce; d'autres enfin décideront finalement la question de savoir si l'enfant, élevé dans les écoles publiques, sera soumis à un régime pédagogique complètement étranger à toute notion chrétienne et religieuse. On ne saurait rien imaginer qui puisse mettre plus directement en question l'existence même d'une société et avoir sur son avenir une influence plus décisive.

Nous prierons donc tous^ en un jour oùle devoir de la prière revêtira la forme imposante d'une supplication publique. Nous demanderons, pour ceux qui ont mission de faire les lois et de les exécuter, cette assistance de la sagesse souveraine que réclamait le fils de David, lorsque, justement effrayé des responsabilités attachées au gouvernement d'un grand peuple, il suppliait Dieu de lui venir en aide, de lui envoyer son Esprit, de lui manifes* ter ses volontés saintes, et de lui donner la grâce de les prendre pour Tunique règle de ses déterminations et de ses actes (1).

Bien que le Gouvernement ne nous ait encore, à la date de ce jour, adressé aucun avis à cet égard, nous croyons devoir nous conformer à la Constitution en fixant au dimanche 15 janvier la célébration de ces prières solennelles.

(1) Sagesse, ch. ix.

Le Veiii Crfntnr, suivi du verset et de l'oraison De Spirilu Sancto, précédera la messe, à l'issue de laquelle seront chantés le Domine, salvam fac Rempublicam^ l'antienne Da pacem, le verset Fiai pax, cl l'oraison Deiis, a quo sancta desideria.

Dans les églises oïi il ne devra pas y avoir ce jourlà de bénédiction du très saint Sacrement à l'issue des vêpres, j'autorise MM, les curés à la donner après la messe. On n'omettra pas d'y chanter, ainsi qu'il est prescrit pour tous les saluts donnés los dimanchesetjours de Fête d'obligation, les an tienne, verset et oraison pour le Pape (1) après l'antienne de la sainte Vierge et avant le Tanlum ergo.

Vous voudrez bien. Messieurs et chers coopéraleurs, avertir les autorités de l'heure à laquelle ces prières seront célébrées, et vous pourrez donner lecture de la présente lettre à vos paroissiens, après l'Évangile de la messe où seront célébrées les prières publiques, mais sans y ajouter aucun commentaire.

JeproGte de cette communication pour vous adresser l'expression des vœux que je forme pour chacun devous au commencement de cette nouvelle année. Daigne notre divin Sauveur les exaucer en

(1) Antienne Tu et Petrut, 1b cinquième des premières vê prêt de la fEtc de saint Pierre, i. Oremv» pro Penti/iee naître Zeene. qi. Xtuminiu eonienet ûum et vlvifictt ini*. et beatum famat eum im trrra, et non tradat eum ta dninum iiânietimin ejui, Or»i«on Htm, tnnlwn jidelium paitor et rectur. (Miu. Orat.dlv. n" 4.)

secondant les efforts de votre zële pastoral et en vous soutenant au milieu des labeurs et des difficultés de votre ministère ! Vous voudrez bien lui demander les mêmes grâces pour votre Évêque , heureux de se dire dans les sentiments d'une charité cordiale^

Votre tout paternellement dévoué en Notrc-Seigneur. '

t ADOLPHE-LOUIS,

ÉVÊQUE d'aUTUN, CHALON ET MAÇON.

Auturij le ii janvier 488S.

Page 1