DES CULTES
FAris, le 7 octobre 1880.
Monsieur le Ministre^
J'ai reçu votre lettre du 18 septembre, par laquelle vous m'accusez réception des déclarations que je vous ai transmises de la part des congrégations religieuses, et vous me communiquez la réponse que vous leur avez adressée.
Dans cette réponse, vous résumez en quelques mots la déclaration ; et, tout en rendant justice aux sentiments qu'elle exprime, vous semblez annoncer rintention de poursuivre l'exécution des décrets du 29 mars.
Puisque vous m'avez fait l'honneur. Monsieur le Ministre, de me donner communication de cette circulaire, veuillez bien me permettre de vous exprimer quelques-unes des réflexions qu'elle me suggère.
Les chefs des congrégations, en la recevant, ont dû éprouver une grande surprise, car ils étaient en droit d'attendre une tout autre réponse.
C'esl au chef du ministère que remonte l'initiative des négociations ouvertes, non à Paris, mais à Home, avec le Saint-Siège, pour amener les congrégations à signer la déclaration que vous avez reçue.
Usant d'une autorisation qui venait du chef de l'bglise et qui avait, dans la circonstance, l'autorité d'au conseil, les congrégations ont adhéré au projet de formule dont le sens était convenu entre le Saint-Sifege et le représentant du gouvernement français. Les pourparlers échangés pour arriver à ce résultat indiquaient assez que cette déclaration serait regardée comme une satisfaction suffisante qui aurait pour elTet, en dissipant les malentendus et en faisant taire les calomnies, d'écarter les mcsuresdésaslrcuses dont les Religieux Étaient menacés.
C'esl en vue de cette solution pacifique que les congrégations se sont décidées à signer la déclaration. Elle n'imposait aucun sacrifice à leur.t convictions, puisqu'elle est Je tout point conforme à la vérité et à la constante tradition de l'Eglise. Hais précisément parce qu'elle ne contient rien do nouveau, et qu'en d'autres temps elle aurait ptiTtt inutile, en la demandant aux Religieux dans le moment présent ne prenait-on pas rengagement moral de ne pas pousser plus loin les rigueurs qu'ils redoutaient ?
Cependant votre circulaire et les rumeurs les
plus accréditées donnent lieu de croire qae la politique prudente» qui avait amené la déclaration, serait à la veille de faire place à une politique violente. L'ancien président du conseil qui, édairé par la réflexion et l'expérience^ voulait, en homme vraiment politique, mettre fin au conflit religieux, ne serait pas seulement remplacé, il serait nettement désavoué, et les scènes douloureuses du 30 juin seraient sur le point de se renouveler sur toute l'étendue du territoire.
Avant que ce triste spectacle se produise de nouveau sous nos yeux, permettez. Monsieur le ministre, à un vieil évèque, qui a vu passer bien des gouvernements, de faire appel encore une fois à votre sagesse, au nom de son patriotisme et de sa longue expérience.
Vous avez frappé les Jésuites il y a trois mois. Qu'espériez-vous en portant ces coups inattendus, qui tombaient sur la vertu, sur la science, sur le dévouement le plus pur? Apaiser les haines d'un parti? Vous avez vu que cette première immolation n'y a pas suffi. Et maintenant, vous voilà amené à étendre ces rigueurs à d'autres institutions qui représentent, en France et dans le monde entier, la foi, le dévouement et la charité. Ah! je ne puis croire que vous fassiez cela sans trouble et sans regrets. Mais y a-t-il une vraie nécessité, un motif sérieux de consommer tant de ruines ?
— I7S - Qael a été le point de dépari du raouvemenl falal (jui entraîne le Gouvernement à ces exlrémilés? C'est un acte où la passion du moment a eo plus de part que la réilexion. Au vole du Sénat repoussant l'article 1, la Chambre des députés a répondu ab irato par un ordre du jour qui pressait le Gouvernement de rechercher dans les lois anciennes les armes qu'il ne pouvait plus demander it la loi nouvelle qu'on venait d'écarter. Le pouvoir exécutif se trouvait ainsi placé entre les deux grands organes de la représentation nationale: l'un qui refusait de retirer à une catégorie de citoyens des droits qui appartiennent à tous; l'autre qui voulait remonter, à travers cinquante ans de liberté, pour retrouver dans des textes vieillis des instruments de proscription,
C'est cette seconde impulsion que le pouvoir a choisie. 11 a improvisé en quelques jours les décrois du 29 mars, dont la publication a retenti dans !e pays comme l'écho d'un autre âge. Il s'est jeté par la dans des embarras de joule sorte; il a soulevé des débats juridiques dont il est difficile do prévoir le lerme. Par les protestations autorisées des barreaux et des jurisconsultes, par les démissions de deux cents magistrats, parles décisions préliminaires de treize tribunaux, il a vu contester la législation qu'il venait d'invoquer, et le moment où il s'apprête à faire usage des lois existantes pour troubler, dans leur état paisible.
des milliers de bons Français, est celui où les voix les plus graves et les plus compétentes s'accordent à proclamer que ces lois n'existent plus.
Le Gouvernement va-t-il passer outre à tant d'avertissements? Ya-t-il dédaigner toutes les représentations qui lui sont faites au nom du droit, de la modération^ de la paix publique, pour n'obéir qu'aux injonctions d'un parti dont la politique semble se résumer dans la haine de la religion? Je ne puis me résoudre à l'admettre, parce que, en écartant même toute considération religieuse, les hommes d'Etat doivent se préoccuper avant tout du bien général du pays qu'ils administrent.
Quel serait, en effet, le résultat de la dissolution des congrégations qui ne sont pas légalement reconnues? En France, vous allez atteindre plus de trois cents orphelinats et un bon nombre d'asiles et d'hospices, par conséquent ôter à des milliers d'enfants et de vieillards les soins dévoués qui les sauvent de l'abandon et de la misère. La plupart de ces établissements sont des fondations privées : vous ne pourrez donc pas procéder d'office au remplacement du personnel dirigeant. Les mesures prises contre les religieuses frapperont l'enfance et la vieillesse délaissées. Est-ce lace que réclame l'intérêt de la République ?
En France encore, vous allez enlever à des milliers d'écoles libres ou communales les maîtres et les maîtresses qui les dirigent. Etes-vous prêt
k leur subsltlucr sans délai de nouveaux insliLuteurs dans les écoles publiques? Eles-vous mailrc de leur en substituer dans les écoles libres ? El si l'instruction populaire se trouve tout d'un coup dépossédée d'un tiers ou d'un quart du personnel enseignant qu'elle occupe, si ce Irislc résultai se produit surtout dans les pays pauvres, dans les contrées montagneuses, où les populations dispersées n'ont d'autres ressources d'éducation que les humbles écoles de hameau, n'allez-vous pas creuser un vide irréparable, ou du moins qui no pourra être comblé qu'après de longues années? En interrompant ainsi l'œuvre de renseignement là où elle est plus ditTicilc, aurez-vous bien mérité du peuple, aurez-vous bien servi la cause de la civilisation et du progrès ?
La charité, l'enseignement ne sont pas le seul bienfait dont notre pays soit redevable aux congrégations. L'apostolat est aussi un service, et pour qui connaît et honore la nature morale de l'homme, c'est le plus grand des services. Or, le clergé séculier ne suffit pas à cette tâche ; les réguliers lui apportent un concours dont la religion ne saurait se passer. Pasteur de l'Eglise de Paris, il doit mètre permis de constater ce qui se produira dans mon diocèse.
Qu'on terme les églises des religieux: dans la plupart do nos paroisses, qui comptent 40, 50, 60,000 habitants, les églises paroissiales dcvien- Hgr PeRKAUD. — Œuvres, t. MI. Vî
nent manifestement insuffisantes ; séparées par de longues distances, elles ne répondent plus aux besoins spirituels de cette immense capitale. Qu'on éloigne les religieuxeux-mêmes, et un grand nombre de fidèles manqueront des moyens nécessaires pour l'accomplissement de leurs devoirs de cbrétiens.
Qu'on oblige les religieux de nationalité étrangère à quitter notre sol, et, dans la seule ville de Paris, soixante mille Allemands regretteront l'absence des Jésuites et des Rédemptoristes, trente mille Italiens demanderont en vain le ministère des Barnabites, toute la colonie anglaise déplorera l'éloignement des Passionnistes, et cette population d'étrangers, qui se compose en grande partie de pauvres ouvriers, s'étonnera que la France, hospitalière pour leurs intérêts et leurs personnes, se montre à ce point intolérante pour leur religion et leur conscience. Leur étonnement redoublera quand ils se souviendront que nos prêtres français sont bien accueillis partout et qu'ils ouvrent en paix des chapelles dans tous les pays du monde pour les besoins de nos nationaux ; ils se demanderont comment les égards que les nations se doivent les unes aux autresn'ont pu les protéger en France contre Tostracisme imposé par d'étroites passions politiques.
Voilà ce que produira chez nous la suppression des religieux. Que dire maintenant des pays
étrangers et des missions lointaines? Aura-l-on accra le prestige de ta France en Orient quand les fils de saint François cesseront de garder les Lieux-Saints, ou du moins qu'il n'y aura plus de religieux français dans leurs rangs ? Nos nationaux seront-ils plus Sers de leur patrie quand, aux extrémités du monde, ils ne verront plus le drapeau de la France flotter que sur de rares comptoirs, là où jusqu'ici le nom français se faisait connaître par des onlreprises de dévouement et de sublime charité? Quand on aura fermé les noviciats, il n'y aura plus que deux ou trois congrégations autorisées pour suffire à l'immense t&che de l'évangélîsation. Les Dominicains ne pourront plus envoyer de recrues à ceux de leurs frères qui prennent part aux missions do la Chine, qui entretiennent à Mossoul un centre de civilisation chrétienne et française; qui, dans les Antilles anglaises, obtiennent d'un gouvernement protestant des témoignageâ publics d'admiration et de reconaaiasance.
Les Franciscains des diverses branches ne pourront plus alimenter, avec le commissariat do Terre-Sainte, les missions de Chine, d'Aden, des Seychelles, d'Abyssinie, de Mésopotamie, d'Arménie. Les Oblals, cette famille toute française, n'auront plus d'apâtres k envoyer, soit dans les glaces du Nord, au secours des pauvres Esquimaux, soit dans les feux du Tropique, aux noirs
de Natal et du pays cafre, ou aux races mêlées qui peuplent la grande île de Geylan. Les Maristes, autre société d'origine française, qui ont civilisé un grand nombre d'iles de l'Océanie, peuplées d'anthropophages, où plusieurs de leurs missionnaires sont morts martyrs de leur zële, verront leur sainte entreprise languir d'abord et périr ensuite, parce qu'on aura supprimé les maisons qui préparaient les ouvriers évangéliques. — Qui remplacera ces foyers de civilisation que les passions irréligieuses de quelques Français auront éteints ? Qui nous rendra l'honneur et les bienfaits dont une proscription sans motif aura dépouillé notre patrie ?
Vous excuserez, Monsieur le Ministre, Témotion de mes paroles ; elles me sont inspirées par la vive douleur que je ressens en présence des maux dont nous sommes menacés. Se peut-il que ces maux nous viennent de ceux qui sont préposés aux destinées de notre pays ? Se peut-il que le ministre des cultes, dont la mission semble être de protéger Taclion bienfaisante de la religion, devienne lui-même Tinstrument de rigueurs qui tendent à la ruine de l'Eglise ? Se peut-il que le Gouvernement ne tienne aucun compte des justes plaintes et des représentations unanimes des évêques, et qu'il consente à porter la désolation dans le cœur de tant de paisibles chrétiens et d'honnêtes citoyens?
Telles seront, Monsieur le Ministre, les fuoesles conséquences de décisions qui n'ont pas été préparées avec la réflexion et la maturité nécessaires. Les gouvernements et les corps législatifs d'un pays sont certainement plus éclairés que les individus, mais ils ne sont pas pour cela infaillibles, et l'histoire enregistre bien des erreurs qui ont dû être réparées. Je crois que c'est Montaigne qui a dit : « Quand on est arrivé au bord d'un précipice, il n'y a plus qu'une manière il'avaucer, c'est de reculer. ■» 11 me semble du moins que, dans lu situation présente, la sagesse commande de s'ar rèter.
Quels avantages le pouvoir actuel pourrail-il espérer en poursuivant ses rigueurs? Il finirait, s'il continuait à suivre cette voie, par faire croire à l'opinion que l'Eglise et la République, contrairement à ce qui se voit ailleurs, ne peuvent vivre ensemble sur la terre de France. Le jour où celte con\'iction passerait dans les esprits, la religion aurait sans doute beaucoup à souffrir, niais elle ne périrait pas, et la République, en la frappant, se ferait à elle-même de dangereuses blessures; car la France, qui doit tout au catholicisme, ses originf>s, son unité, ses meilleures gloires, ne consentira pas à répudier celte grande et sainte religion, pour se poser, au milieu de l'Europe chrétienne, comme une nation sans Dieu et sans culte.
Pour nous, notre conscience nous dit et le pays nous est témoin que nous n'avons rien négligé pour prévenir ces malheurs. Avant mémo l'ouverture de la crise actuelle, et dans toutes les phases qu'elle a traversées, nous avons élevé la voix pour signaler les périls, recommander la conciliation et donner des conseils de paix. Si notre appel n'est pas entendu^ nous serons prêt à subir la violence ; mais il ne sera pas en notre pouvoir d'empêcher les maux qu'une politique inexorable aura déchaînés.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'assurance de ma haute considération.
LETTRE DE Mgr PERRAUD
ÉVÊQUE D'aUTUN A SON ÉMIKENCE LE CARDINAL QUIBEBT,
AROHEVÊQUB DI PABIS.
Paray-le-Monial, 19 octobre 18S0.
Emtnentissime Seigneur,
Je ne viens pas seulement obéir à un besoin de mon cœur, je crois remplir un' devoir de conscience en adhérant publiquement à la lettre que Votre Eminence adressait le 7 octobre à
M. Constana, minislre de l'intérieur el des cullos.
Avec vous, les évêques el lous les catholiques de France avaient espéré qu'en face de leur iiamense douleur et de leur trop juste indignalion, le gouvernement s'arrêterait dans la voie fatale où les décrets du 29 mars l'ont engagé. Jusqu'à la dernière heure nous avons fait à celte espérance, non moins palrioliquo quo religieuse, le sacrifice difficile et méritoire d'imposer silence aux plus légitimes souiî;vements do nos Ames.
Il nous semblait que l'expérience du 30 juin convaincrait les plus prévenus qu'il ne pouvait être profitable h personne de fouler aux pieds des droils certains sous préte.\te d'appliquer des lois douteuses, et de renouveler, si peu de temps après la désastreuse campagne de l'article 7, ce que M. Thier.s avait justement appelé « la plus grande « faute qu'un gouvernement puisse commettre », à savoir la guerre aux convictions religieuses el l'oppression des consciences.
En vain, îl y a deux mois, les congrégalions menacées, a usant d'une autorisation qui venait
< du chef de l'Eglise el qui avait dans la circons- « tanco (j'emprunte , Erainence , vos propres
< paroles) l'autorité d'un conseil », avaient écarté de ce douloureux conilit lous les prétextes de l'ordre politique, et fait pubiiqueracnl profession de De chercher aulre chose dans la vie religieuse qu'un moyen plus sûr tle pratiquer los conseils
évangéliques et de se dévouer à la France ellemême, en se tenant en dehors et au-dessus de toutes les querelles des partis.
Ce langage, tout à fait conforme aux traditions les plus constantes de l'Eglise, en si parfaite harmonie avec les intentions sages et conciliantes de Léon Xin, n'a pu désarmer d'impitoyables et systématiques rancunes. Tous les prétendus griefs d'opposition au gouvernement de la République étant écartés par la Déclaration, il reste qu'on a frappé et qu'on frappera les congrégations, uniquement pour accentuer davantage l'hostilité contre l'Eglise et contre des institutions dont elle a toujours recherché les précieux services, auxquelles elle a constamment accordé ses sympathies et ses encouragements.
Avec vous, Eminence, lorsque, il y a six mois, nous adjurions les chefs du gouvernement de revenir sur des mesures évidemment fatales à la paix générale et à la consolidation même de la République en France, nous avions conscience de remplir nos devoirs de bons citoyens, en même temps que nous défendions les droits inviolables de l'Eglise.
Ni votre voix si vénérable et si autorisée, ni les nôtres n'ont été écoutées. Â dix jours de distance, votre dernier et éloquent appel à M. le ministre des cultes n'a obtenu d'autre réponse que les exécutions violentes dont Paris, Toulouse, Mont-
— I«5 — pcllier, Bordeaux, Sainl-Omcr cl bien d'antres villes encore viennent d'être le théâtre.
Lesjournéea des H et 16 octobre seront inscrites désormais, avec le 30 juin, parmi les dates le» plus humiliantes de notre histoire nationale, à la grande douleur des catholiques avec lesquels font cause commune à cetti: heure tous les amis sincères de la justice et de la liberté.
Je n'ai pu lire, sans une émotion parliculifere, le récit fait par les journaux de l'expulsion des Barnabites delà rue de Monceaux, à Paris,
Leur chapelle et leur maison me rappellent un souvenir que je retrouve, au moment même où j'écris ces pages, dans l'éloquente protestation adressée par ces religieux à M. le Président de la République. Je liens à confirmer ici leur témoignage, pour la juste confusion des signataires et des exécuteurs des décrets du 29 mars.
Renfermé à Paris pendant la Commune, j'avais reçu rhospitalité dans une maison amie, située boulevard Malesiierbcs. De toutes les églises ou chapelles du voisinage, une seule était demeurée el resta ouverte pendant toute celle sinistre période : la chapelle de la rue de Monceaux. Les Barnabites m'y accueillaient avec la plus cordiale charité, et chaque matin j'y célébrais la sainte messe. II avait suffi à ces religieux d'arborer le drapeau italien an-dessus de la porle de leur couvent pour que la njaison fut respectée. De fait,
personne ne les inquiéta jusqu à la délivrance de Paris par l'armée de Versailles. Ils ont donc raison de dire aujourd'hui, et il faut que nos ministres en dévorent la honte, qu'un domicile religieux couvert par le drapeau d'une puissance amie est resté inviolable pour les citoyens Raoul Rigault, Eudes, Cluserety et a été outrageusement envahi par les agents de MM. Jules Ferry, Constans et Cazot.
Ce rapprochement et ce contraste sont trop éloquents pour qu'il soit utile d'y ajouter aucun commentaire.
Laissez-moi vous remercier une fois de plus, Eminence, du langage si grave, si patriotique, dans lequel vous avez exprimé tous les sentiments de vos collègues dans l'épiscopat. Plus que jamais, en ces tristes jours, nous voulons n'avoir qu'un cœur, qu'une âme, qu'une voix, pour déplorer, comme évêques, l'injure et le tort faits à l'Eglise ; comme Français, le trop évident péril oîi d'aveugles et incorrigibles passions précipitent notre bien-aimée patrie.
Oui, Eminence, tous, évêques, prêtres, fidèles, sans forfanterie et sans crainte, nous nous déclarons prêts, ainsi que vous l'avez si bien dit, « à « subir la violence après avoir élevé la voix pour « recommander la conciliation et donner des <( conseils de paix ».
Je vous renouvelle rhommage des sentiments de profonde et religieuse vénération dans lesquels je me dis,
de Votre Eminence, le très humble et dévoué serviteur en N.-Seigncur.
t ADOLPHE-LOUIS,
ÉVÊQUE d'aUTUN.