‹ Œuvres pastorales et oratoiresChapitre 18 sur 57 · DE L'ÉGLISE · texte numérisé non relu

DE L'ÉGLISE

(21 NOTEMBBE MDCCCLXXYIIl)

Messieurs et chers Coopérateurs,

Je viens remplir un devoir bien [doux pour mon cœur en vous communiquant la réponse faite par

1 Sainteté le pape Léon XIII à l'adresse que us avons eu l'honneur de lui envoyer au mois septembre dernier, revêtue des signatures de is les prêtres réunis au grand Séminaire à poijue des retraites pastorales.

Voici d'abord en quels termes nous avions ex-

imé au Saint-Përc nos sentiments de religieuse ^3

filiale vénération : ^^

Beatissihe Pater, ^^^

^pîscopus et clerus diœcesis Augustodunensis, in £ ■^

iim ad pia exercitia ecclesiastici secessus congregati, "S^

imos animorum suorum affectus, nec non oinnes t^fc

iervantiœ ac devotionis eensus quoa erRa Vicarium ~

riati. et successorem PrincipisApostolorum profiten- |^»J

, Beatitudini vestrse declarare niasime gaudent. £^>

ieptemjain elapsl suntmenses, ex quo, annuente Dei g*J

videntia, spontaneum et admirabile E minent issimo- ^T

a sancta; Roman.-e Ecclesiœ Cardinaliuni suffragium, %3

stram Paternitatem ad cathedram Pétri evexit et in .jfcj

riosjaaimam Romanorum PontUioum seriem coop- ►^m»

it.

'lenus dierum, et vere dominici gregiâ Pastor, Piua P. IX obdormierat in Domino, viCa et morte sua, iniversœ genti exemplum virtutis etfortitudinis dercinquens(t) o ; jamque infelicissimo eo casu incitati et nentes adverauâ Elcclesiam omnes adversarii ejus

impium triumphum parare audebant , quasi mortuo Pontifice de Ecclesia actum penitus esset, et cum duce et pastore ipsa quoque in seternum foret sepelienda.

€ Deo autem gratias qui semper triumphat nos in Christo Jesu (1). » Fiebat adhuc populus fletu inulto(3), quippe qui optimmn Patrem amisisset; « per Christum verojam abundabat consolatio nostra(S) >. Orphanorum pater orphanis patrem novum delegerat, et Petrum in Leone, et Leonem « a Deo vere electum et honorificatum (4) », catholicus orbis uno ore et corde accepisse Isetabatur.

Nobis liceat, Beatissime Pater, etsi inter numerosissimos familiœ vestrse filios minimis, non minimam tantorum gaudiorum et tam pise ezultationis partem, quasi proprie nostram vindicare.

« Super speculam Domini stat Léo jugiter par diem et totis noctibus (5) », ut gregem Dominicum custodiat et eum ab infestis hostium assultibus defendat atque tueatur.

Nos vero, cathedrse Pétri inhserentes, et infallibilis doctoris, quasi Dei ipsius oracula, doctrinam tenentes, sacram Paternitatem Vestram continuis precibus nostris quasi muro et antemurali circumdabimus ut ad multos annos Ipsa valeat Christi oves et agnos pascere, et Ecclesia;, oui tam féliciter prseest, verbo et exemple proficere.

Quum autem, insigni quodam amoris privilegio, nos-

(1) II Corinth. II, 14.

(2) I Ssdr. X, 1.

(3) Il Cor. I, 5.

(4) I Petr. II, 4.

(6) Is. XXI, 8.

tram dicecesim Dominus Noster Jésus Christus eligere dignatuâ sit, ut in ea divitias Cordis sui palam ostenderet,jiihil antiquius nobis erit quam ut Beatitudinis Vestrae prope innumeras sollicitudines , omniumque ecdesiarum instantiam eidem peramantissimo cordi commendemus, atque pio hujusmodi officio nosmetipsos Paternitati Vestrse quam devotissimos filios esseomnino probemus.

Dignetur Sanctitas Vestra, nobis et cunctis animabus nostrse pastorali curse commissis Apostolicam benedic* tionem concedere, postquam Ipsius pedes reli^iose ac humillime amplexi fuerimus (1).

(1) Tbàs Saint-Pèbe,

L'^Tèqne d*Autim et les prêtres de son diocèse, réunie k l'occasion des pieux exercices de la retraite ecclésiastique, sont l)eulenx d'exprimer à Votre Sainteté leurs profonds sentiments d'affection, en même temps que le respect et le dévouement dont îIa sont animés envers le vicaire de Jésus-Ciirist et le successeur du Prince des Apôtres.

Sept mois déjà se sont ^coulés depuis le jour où, par la bonté de la divine Providence, le vote admirablement spontané des éminentissimes cardinaux de la sainte Église romaine élevait Votre Paternité sur le siège de Pierre, et vous faisait prendre ranjç dans la glorieuse suite des Pontifes romains.

Plein d'années, et vrai pasteur des brebis de Dieu, 1 ie IX s'était endormi dans le Seigneur. Par sa vie et par sa mort, a il « laissait à tout son peuple un rare exemple de vaillance et de c vertu » (II Mach. vi, 31). Les ennemis de l'Église, dont cette donloureuse catastrophe réveillait et raffermissait la haine, ne craignirent pas de se promettre bruyamment le succès de leurs desseins impies, comme si la disparition d'un Pontife pouvait entraîner la ruine de l'Église do Jésus-Christ ; comme si l'Eglise ponrait être ensevelie à jamais dans la môme tombe que son pasteur et son chef I

Mais « grâces soient rendues à Dieu qui nous donne toujours Jdgr Pebraud.— Œuvres, t ÏT, 19

Dès le iO octobre, le cardinal Nina, secrétaire de Sa Sainteté, m'accusait réception de cette adresse et me chargeait de transmettre au clergé

« de triompher dans le Christ Jésus :d (II Cor. il, 14). c Nous pleurions encore toutes nos larmes j> (I Esdr. z, 1), car nous avions perdu le meilleur des pères ; et déjà, par le Christ, nos consolations abondaient (II Cor. i, 6). Le Père des orphelins avait choisi pour les orphelins un nouveau père. L'univers catholique, d'une seule voix et d'un seul cœur, s'applaudissait d'avoir retrouvé, vivant en Léon, Pierre lui-même ; Léon, que très certainement Dieu menait de a choisir et d'honorer ]» (II Pierre i, 4). Très Saint- Père, au sein de votre immense famille, nous ne sommes que les plus petits de vos enfants ; qu'il nous soit permis cependant de ne pas prendre la plus petite part de la joie et des pieux transports de tous, et de les revendiquer comme très spécialement nôtres.

d Sur les hauteurs de Dieu, le Lion veille incessamment nuit e^ jour]) (Isaïe, zxi, 8). Il garde les ouailles du Seigneur, il lei protège, il les défend contre les menaces acharnées de PennemL Pour nous, inébranlablement attachés à la chaire de Pierre, et tenant les enseignements du Docteur infaillible pour les ondes mêmes de Dieu, nous ferons de nos prières ininterrompues une sorte de rempart et d'avant-mur qui abritera Votre Paternité. Puisse-t-elle pendant de longues années paître les brebis et les agneaux du Christ, diriger de la voix et de l'exemple la sainte Eglise, dont pour notre l^onheur elle a reçu le gouvernement !

Et puisque, par un insigne préférence de son smonr, Notre- Seignenr Jésus-Christ a daigné choisir notre diocèse pour j manifester les richesses de son Cœur, nous mettrons tout notre lèle à confier à ce Cœur très aimant les sollicitudes sans nombre d^ Votre Sainteté et les besoins de l'Eglise universelle. En nou^ acquittant de ce pieux devoir, nous achèverons de prouver àVotr^v Paternité que nous sommes ses fils les plus dévoués.

Daigne Votre Sainteté nous accorder à nous, et à tontes l&^ âmes placées sous notre juridiction pastorale, la bénédictiOkZBapostolique. Nous baisons vos pieds très aflèctuensemeni et les sentiments de l'humilité la plus sincère.

{Suivent les mgnaiurêt,)

du diocèse Texpression des sentiments les plus paternels de Léon XIII.

Voici la lettre de Son Éminence :

Page 1