‹ Œuvres pastorales et oratoiresChapitre 17 sur 57 · POUR LE REPOS DB L'AME · texte numérisé non relu

POUR LE REPOS DB L'AME

DE MSr DUPANLOUP, ÉVÊQUE D*0RLBAN8

(27 OCTOBRE MDCCCLZXVni)

Nos TRÈS CliEKS FrÈRES,

Nous revenons des funérailles de Mgr Dupanlo^jp* Deux cardinaux, cinq archevêques, dix-*^P^ évêques, y ont porté, au nom de tous leurs o<>'lègues, le deuil de UÉglise de France. Ils ont ^^' touré de leurs prières et de leurs hommages l^^ dépouilles mortelles du Pontife qui pendant isni d'années, avec la vaillance d'un grand cœur, n* pas cessé un seul instant de travailler et de combattre « en bon soldat de Jé^iïs-Christ » (1).

(1) £abora aient bonus miles Christi Jesa. (Il Tim. ïi; 3.)

laintGrég-oire de Nazianzc a dit do saint Atha- B I qu'il était moins besoin de louer que de (Dter sa vie », et il appelait de ses vœux cette ^aphie « destinée à instruire et k charmer la )8térité » (!).

our nous, N. T. C. F., nous ne venons ni

Kincer le panégyrique ni retracer l'histoire de ^3

ëque d'Orléans. ë^

ous ne ferons pas violence à l'édifiante humi- ^§

dans laquelle il a voulu s'envelopper en allant """^

illre au tribunal de Dieu. Nous respecterons -■^:c

Éfense qu'il a si formellement exprimée, dans ^g

testament, de faire son éloge on face de sa ^^

ous ne pouvons davantage entreprendre de ^^

nier, ni même de résumer sa vie. Il faudrait ^^

cela suivre, pendant plus d'un demi-siècle, ^Q

ivers toutes leurs péripéties, l'histoire de l'É- '^Z

! catholique et celle de la société contemporaine, ^5

]us voulons seulement accomplir pour notre «.«j

un devoir sacré, et intéresser à l'accomplisse- ^^^ Ide ce devoir la grande famille d'âmes dont 1 nous a constitué le pasteur et le père. 1 divers passages de ses Ëpttres, saint Paul

HoD tam enoomli opaa qaam bistoriœ ; qoaai etUm Dt posdocnmeoto atque oblectationi futatam pecaliari icripto ue optarem. (8. Oreg. Nu. in laudem Hagni Athanasii,

nous adjure ^ d'être reconnaissants : grati este iote ( 1 ) ; de nous souvenir des chefs qui nou;. « ont transmis la parole de Dieu (2), etd'entoure~ ^^r « d'un double honneur les prêtres dont la vie s^eai^Bt « usée dans les saints labeurs de la prédicatio « et de l'enseigpaement » (3).

Ainsi ferons-nous, nos bien-aimés Frèrei parce que, en vérité (et nous ne sommes ici qu^B^e l'écho de la grande voix de Léon XIII), rÉvèqt^.=ie d*Orléans a, pendant sa longue et laborieuse caziHrriëre, bien mérité de l'Église et delà France.

« Vrai compagnon d'armes du Verbe de Dieua^ « — comme l'a dit de saint Anathase son éloquent et saint panégyriste (4), — à quelle lutte sacrée Y 3Evêque d'Orléans a-t-il fait défaut? Devant qmjael péril de la société catholique et des âmes esC-^il demeuré dans l'inaction ?

Combattre et détruire le monopole injuste ^ui déniait à l'Église la jouissance d'une de ces lil>^rtés les plus nécessaires et l'exercice d'un de ^es droits les plus certains : le droit et la liberté <le l'enseignement ;

(1) Col. 111,16.

(2) Mementote prsepositoraai veetrorum qui yobis locati ^iitA yerbum DeL (Heb. xni, 7.)

(3) Duplici honore digni habeantor preebyteri, mazive^ laborant in Terbo et doctrina. (I Tim. y, 17.)

(4) *0 At>«f fvpiVxf I Tiv •èvrtv 9Vfi.fjMX%^, (8. Qreg. Nti. in lûud. Athan. n© 7.) *

iignaler, démasquer, poursuivre, avec une

omparable vigueur, la politique machiavélique

insensée qui, après avoir porté atteinte aux

iditions providentielles dans lesquelles le Saint-

ge avait trouvé, pendant quatorze siècles, la

'antie de son indépendance, devait se retourner

ite et si hlatement contre ia France, et la laisser, £^3

es une guerre terrible, matériellement mutilée ç^

moralement amoindrie ; ^^

Surveiller avec une infatigable vigilance toute ^^ï^

larilion de l'erreur ; résister & toute attaque de ^^'

husse science ; faire voir, avec unesouveraine S^

:ique, comment le péril social devait grandir à ^3

isure qu'on laisserait impunément circuler au ^%

lieu de nous les maximes ébontées du matéria- ggi

me et de l'atbéisme ; ^^

Ne pas cesser un instant d'être l'avocat et le ^3

ampion de toutes les grandes et^aintes causes : ^^

L'éducation de la jeunesse ; Bb

La liberté de conscience de nos soldats : ^^

Les épreuves du Saint-Sifege et l'auguste pau- ^t;

été du Pape ;

Les détresses de l'Irlande aSamée ;

Les indicibles douleurs de la Pologne persécu-

e et proscrite ;

Les souffrances et les humiliations de la France

vahie et foulée aux pieds par un vainqueur

ipitoyable :

Tels sont, en abrégé, les principaux services

rendus par FÉvèque d'Orléans à l'Église, à la société française, aux catholiques de son pays et de tous les pays.

< 0 bon Jésus », s'écrie saintBernard, en parlant d'un grand évèque d'Irlande son contemporain et son ami, € combien votre soldat a souffert pour l'honneur de votre nom ! » Jesu bone 1 Quanta passas est pro nomine tuq bellator tuas (1) !

C'est qu'en ciïet, au milieu de tant de périls, en face de tant de difficultés^ il n y avait pour cet € athlète du Seigneur d'autre alternative que de « céder lâchement ou de combattre en s'exposani a à mille dangers » (2).

Mais, comme Malachie, l'Évèque d'Orléans était avant tout un pasteur, un vrai pasteur des âmes !

Aussi, à cause d'elles, et parce que leurs intérêts éternels étaient engagés dans toutes les questions de ce siècle qui sollicitèrent sans relâche ses labeurs et son dévouement, il se tint toujours debout, intrépide, faisant face à tous les adversaires de la vérité ot de la vertu : Elegit stare et stetit pastor intrepidus omnimodis argumentosus (3).

Non, jamais, ni sa foi, ni son cœur, ni son zèle infatigable, ni sa brûlante parole, ne se sont trou-

Ci) s. Bern. Lib. de ViU S. Malachia, c. viii.

(2) Qaid faoeret athleta Dommi?aat cedendam turpiter, aut pericalofle certandum. (S. Bem. ib. ib.)

(3) 8. Bem. Lib. de Vita S. Malach. c. Tiii.

s à court d'arguments, toutes les fois qu'il a fallu mbaltre une erreur, dénoncer un péril, secourir e infortune, venger ou conquérir un droit. Il a ainsi constamment mis en pratique une pale de nos livres saints qu'il nous adressait il y 1 «ize ans, pour nous encourager dans un grand ^^ >vail (1) : 3 Il Ne se lasser jamais, ne désespérer jamais, ne ^g s'arrêter jamais, quand il s'agit de délivrer et de SS sauver ceux que l'on traîne à leur perte » ; Erue

: qui ductiuinr ad mortem et qui trakuntur ad ^c

eritum, Uberare ne cesses (2). ^^

.\ussi bien, ce vaillant soldat de Jésus-Christ Sa

-il tombé debout, au milieu même du combat, i^

armes à la main, et la prière sur les lèvres. ^^

Il semble d'ailleurs que la Prï)vîdence ait voulu b*-j

umer sa vie tout entière dans les derniers actes G^

i l'ont terminée et couronnée. ^^

La dernière victoire de l'Évêque d'Orléans aura ^^

un éclatant triomphe sur Voltaire, l'ennemi ^«-J

Christ, le contempteur de nos gloires nationa- *~— .

,1e vil courtisan de Catherine de Russie et de Édéric de Prusse ;

M)n dernier appela la France, un nouvel et suime hommage rendu à Jeanne d'Arc ;

} Lettre de Mgr rârSqDe d'Orléans, qui sert ds préface & n lie» ntr C Irlande eontemporûimt. 18S2.

!j Prov. XXIV, 11.

Sa dernière ' œuvre, une organisation plus féconde des ressources demandées à la charité de ses diocésains pour le Denier de Saint-Pierre.

Associons-nous donc, N. T. C. F., à la douleur si paternellement exprimée par Sa Sainteté le pape Léon XIII, quand il apprit la mort de Fintrépide athlète. Prenons part à la juste reconnaissance des catholiques pour tant et de si grands services rendus à la cause de la vérité et des âmes par Finfatigable défenseur de tous nos intérêts. Grati esiote I Payons à celui qui a tant travaillé par la parole et par la doctrine le double tribut d'honneur que réclame l'apôtre saint Paul.

« Son épitaphe, disait encore saint Grégoire de € Nazianzc parlant de saint Athanase, pourrait € être renfermée en ce peu de mots : Sa mort a fait c couler beaucoup de larmes (1). »

Aux larmes, ajoutons la prière, cette manifestation si chrétienne d'une reconnaissance uniquement inspirée par les plus purs motifs de la foi et en si parfaite harmonie avec les humbles et pieux désirs de l'illustre défunt, lequel, après avoir interdit les panégyriques en face de sa tombe, a demandé avec la plus religieuse instance des prières et beaucoup de prières !

(1) Ut epitaphium qaodquam pancia complectar, mnltas 1aciymas exciUvit. (S. Greg. Naz. Or. 21, n* 37.)

Qui fermerait son oreille et son cœur & une si uchanLe supplication ? Qui, même en dépit de ssidences passagères, voudrait étouffer dans un grat et cruel silence le souvenir d'une vie enirement consumée auscrvice de Dieu, de l'Église, is âmes, de la France ?

Prêtres et fidèles du diocèse d'Autun, il nous 5^

ipartient plus qu'à d'autres d'être les interprètes ^^

: la douleur commune et de la commune recon- 6^

lissance. Oui, c'est au nom du Cœur de Jésus, ^I^

smel sanctuaire des plus grands et des plus Sg:.

ibies sentiments du cœur de l'homme, centre et ^3

j^er d'où partent et où doivent aboutir toutes les ^3

spirations généreuses delà piété et de lâchante, ^^b

Le nous vous demandons, Fils bien-aimés, de ^fe

los associer à nous pour acquitter la dette de >^ .

atitude contractée par tes catholiques envers le £3^

ifcnseur de leurs libertés et de leurs droits, mort G3

ir ta brèche, en repoussant vaillamment les ^^

idacieux assauts livrés à la cité sainte. ^^

(Suit le diipoëitif.) ^S

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LETTRE

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