‹ Œuvres pastorales et oratoiresChapitre 27 sur 57 · CIRCULAIRE · texte numérisé non relu

CIRCULAIRE

AU CLSBOÉ DU DIOOiSE

POUB LE OOKYOQUXB AUX BSTRAITB8 PASTOBALES DU MOTS DB 8BPTBMBRB 1879 XT LUI BAPPBLBB DIYEB8 POINTS DE DlfiOIPLrKE

(12 JUIN MDOOCLZXIX)

Messieurs et chers Coopérateurs,

J*ai heureusement terminé, avec Taide de Dieu, la longue visite pastorale commencée immédiatement après Pâques.

Les cinq arrondissements dont se compose ce vaste diocèse me sont maintenant connus. Je me rends mieux compte de l'état moral et religieux de nos populations, des difficultés au milieu desquelles s'exerce votre ministère, des joies ou des

— U9 — peines allachées <i vos fondions pastorales. Ilftte de vos presbytères el votre commensal, initié par là plua intimement à voire vie de tous les jours, j'ai senti, si je ne me trompe, se resserrer encore les liens de mutuelle cnnfiance et d'alfeclinn qui sont, sous la garde de Dieu, nuire grande force dans le temps où nous sommes (1). Vainement les scribes, dont la plume est au service dus plus mauvaises passions, ont affecté de plaindre la servitude du clergé du second ordre et di-nonci^ ce qu'ils appellent avec emphase ci la tyrannie du despotisme épiscopal ». Leurs provocations h la révolte n'ont pu trouver dans vos rangs un seul écho. Vous avez répondu par l'indifférence da mépris à ces calomnies intéressées des ennemis do l'Eglise, et, rendant justice à l'unique sentiment qui anime vos évoques dans l'accomplissement de leur pénible labeur, vous avez eu à cœur do leur en alléger le fardeau par un redoublement d'affectueuse et toute iiliale docilité.

De notre côté, Messieurs, vous ne l'ignorez pas, aa milieu des luttes qui s'engagent pour la défense des droit» de Dieu, de l'Eglise et descons- ^^ees clirétiennes, nous avons besoin de nous

(i) Amicus, locius mcnese, tibî qnsai coibijubIU..... lato Iniaflducmlitcraget. (Eccli. vi, 10, 11.} HgT PBB»*0D. — ŒUTW», (. II.

sentir entourés, soutenus, augmentés, si je puis me servir de cette expression, par la continuelle et cordiale collaboration de vos prières et de votre dévouement. Aussi bien, il y a peu de jours, en redisant sur les jeunes diacres promus au sacerdoce les incomparables formules du Pontifical , ne pouvais-je prononcer sans une véritable émotion cette antique prière à laquelle les circonstances actuelles me semblaient donner un sens plus profond et une nouvelle saveur :

Quapropter infirmitati noslrm. Domine^ quxsumuSj hase adjumenta largire^ qui quanto fragiliorts sumuSy tanto his pluribus indigemus.

Laissons donc, puisque nous ne pouvons Fen empêcher, laissons Thomme ennemi semer à pleines mains Tivraie dans cette partie plus réservée du champ du père de famille où Dieu lui-même est la part de notre héritage. Il peut, hélas! lui être donné d'inspirer d'injustes préventions contre notre ministère et contre nos personnes à ces esprits légers et passionnés qui subissent avec une si étonnante facilité la tyrannie du mot d*ordre et abdiquent toute indépendance de pensée et de volonté devant les audacieuses sommations de la presse irréligieuse : il ne leur sera pas donné de jeter la division dans nos rangs et de briser cet accord intime des esprits et des cœurs, oîi s'affirme plus que jamais aujourd'hui,

à une époque d'anarchie intellectuelle et sociale , l'indissoluble unité dogmatique et hiérarchique de l'Église. Aussi, pas plus qu'on n'a réussi à séparer les évèques du Pape, on ne séparera les prêtres des évèques et le clergé séculier du clergé régulier. Si la malédiction portée dans l'Écriture contre ceux « qui cherchent à diviser les frères (1) » touche peu ces artisans de mensonge et de discorde, ils trouveront du moins un premier ch&timent de leurs malhonnêtes tentatives dans nnutilité de leurs efforts. Comment ne s'aperçoivent-ils pas déjà que, dans la mesure même oîf ils font appel aux plus mauvais sentiments pour provoquer la jalousie, puis la défiance et enfin la révolte, ils resserrent davantage les liens qui nous unissent tous dans l'infinie charité du Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ ? Souverain Pontificat, Episcopat, Clergé séculier ou régulier : voilà letriplelien que nos ennemis ne parviendront point à rompre (2), et dont la solidité, tant de fois éprouvée depuis dix-huit siècles, doit survivre aux plus audacieux attentats.

Saisissons donc avec empressement, Messieurs et chers Coopérateurs, toutes les occasions qui nous sont offertes de nous rapprocher les uns des

(1) 0ditDominii8...eam qui seminat inter fratree digcordiafl* (Ph)T. Yi, 16, 19.) (S) Fanidiliis triplez difficile rumpitur. (Bocl. iv, 12.)

autres, de nous voir, de nous édifier et de nous consoler mutuellement par la communication de nos sentiments de foi et de nos espérances : Simul consolari in vobis, per eam quœ invicem est^ /idem vestram atque meam (1). Quœ œdificaiiom mnt, invicem custodiamus (2). Pendant les semaines de la visite pastorale, c'est votre Évèque qui va vers vous pour se faire le confident plus direct de vos sollicitudes et vivre de votre vie si humble, si cachée, si' laborieuse, parfois si rade, et en tout cas si aisément méritoire devant Celui pour la gloire et Tamour duquel vous travaillez et vous souffrez. Puis, quand vient, aux confins de Tété et de l'automne, le temps des retraites ecclésiastiques^ c'est vous. Messieurs, qui, «u^courant au berceau même de votre vie cléricale et vous pressant autour de votre Evèque, retrouvez avec vos modestes cellules du Séminaire les plus salutaires impressions et les plus chers souvenirs de votre préparation au sacerdoce.

Béni soit donc notre grand Synode de 1877 d'avoir rapproché les périodes où les saints exercices de la retraite sont de stricte obligation pour chaque membre de notre clergé !

Dans un temps où les devoirs grandissent avec les difficultés, et ou la lutte des mauvaises passions

0) Rom. I, 12.

(2y Rom. XIV, 19.

— 453 ~ contre Dieu et contre son Eglise prend rfa ri'tloutables proportions, nous devons sentir davantage le besoin de nous retremper aux sources vives des pensées de la foi et dos vertus sacerdotales. Le vénérable cardinal de Paris le disait naguères dans une lettre adressée à un de nos collègues dans l'épiscopat. C'est l'heure où jamais f de prier « et de nous armer de patience et de résignation, « tout en nous défendant, sur le terrain religieux, " avec le calme et la sagesse que commande noire « saint caractère (1) ».

Ainsi, Messieurs, outre votre z^le pour votre propre sanctification et votre religieuse obéissance aux statuts du diocèse, vous trouverez dans une exacte appréciation des circonstances actuelles nn nouveau et pressant motif de répondre avec em~ pressementà l'appel que je vous adresse pour les relraites ecclésiastiques de 1879.

Lï première commencera le 8 septembre, à six heures trts précises du soir, pour se terminer le samedi 13, après le communion générale du matin.

La seconde s'ouvrira le lundi 15, k six heures du soir, et finira le samedi suivant 20 septembre

Une troisième retraite, exclusivement destinée

l) Lettre de 8. B. le cardinal Qulbert, archâTèqne de Paria, ù ~ l'Ériqne de Gap, pouT le féliciter de en brochnre intitulée : Bipvbligiif, Il mai 1)^70.

aux prêtres employés dans nos Séminaires et autres maisons d'éducation, aura lieu du lundi 22« à six heures du soir, au samedi 27 septembre.

Pour éviter Tencombrement qui s*est produit Tannée dernière à la première des deux retraites, il nous a paru nécessaire de prendre les mesures suivantes :

1** Les jeunes prêtres, convoqués par les examenSy seront répartis en plusieurs séries, et les examens auront lieu le premier jour de chacune des retraites (1).

2^ MM. les Curés, Aumôniers et Vicaires qui, ayant déjà satisfait à l'obligation des examens, aux termes du Statut synodal de 1877, doivent prendre part à une des retraites de 1879, voudront bien également se partager en deux séries. Ce travail de répartition se fera dans la conférence du mois de juillet, et MM. les archiprètres le communique-

(1) Parmi les prêtres noo profASseurs aoamis àrezamen. oeox qui dolyent subir les premier^ tr&itième et einquièw^ examens* Tiendront à la première retraite. Les autres assisteront à Is seconde.

Ceux qni, désignés pour la première retraite, auraient de gt»- Tes motifs de préférer Tenir à la seconde, on rédproqoementf nous en demanderont la permission à l'ayanoe.

La composition écrite se fera, aTant chaque retraite, le lundi, de 8 h. 1;2 à 6 h. 1;2, dans une saUe du grand séminaire.

Pour les prêtres employés dans nos maisons d*éducatioa, Tsismen oral aura lieu le mardi 23 septembre, premier jour de U retraite spéciale, dont ils deTront suiTie les ezercioes.

ront sans retard à la chancellerie de l'Evèché.

Les deux premières retraites seront prèchées par le R. P. Desurmont, de la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur, fondée par saint Alphonse de Liguori. Pour la troisième, je me suis assuré le concours du R. P. Ginhac, de la Compagnie de Jésus, recteur de la maison dû troisième an, à Paray-le-Monial .

Je me propose de faire moi-même, pendant cette troisième retraite, quelques conférences de pédagogie, spécialement appliquée à la première éducation de la jeunesse cléricale.

Je convoque à cette réunion de quelques jours MM. les supérieurs, les directeurs, et tous les professeurs de nos séminaires, écoles ecclésiastiques et maîtrises, alors même qu'ils auraient déjà satisfait Tan dernier à Tobligation de la retraite.

L*importance exceptionnelle que les événements

contemporains donnent à Fœuvre de l'éducation chrétienne et sacerdotale justifie surabondamment mon désir et me garantit d'avance qu'il y sera répondu avec un pieux empressement.

En faisant naguèrcs la visite de Tarrondissement de Louhans et de quatre cantons du Chalonnais, j'ai eu la consolation de constater que la plupart des prescriptions sur loscfuelles j'avais iq)pelé votre attention, dans mes circulaires du 15 juin 1878 et du 15 février 1879, étaient ou accom plies, ou en voie d'exécution.

Je prie cependant mes chers Coopérateurs de vouloir bien encore relire ces circulaires et les reprendre article par article^ pour voir par euxmêmes ce qui peut encore laisser à désirer dans la tenue de leurs églises et de leurs sacristies, au point de vue de l'exacte obser^-ation des règles liturgiques et canoniques.

En revanche, quelques-unes des recommandations mentionnées dans le questionnaire de la visite paroissiale, et sur lesquelles mon vénérable prédécesseur Mgr de Marguerye avait plusieurs fois insisté, ne sont pas encore réalisées.

Permettez-moi d'y revenir on quelques mois pour vous en démontrer Titnportance.

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