JOUB OU A BU LIEU SUB LA PLAOB DE LA TILLE
L*IKAUGUBATION DE LA gTATUE DE M. B. SOHNBIDEE
UnHêçuiiç^œ propriam meroêdem aeeipiet, êeeumdmm laborem nmm.
(Jhacim xeoeTifi ane léoompeDae proportionnée à son trarail.
(I Cor. m, ».)
Messieurs^
Proportionner la récompense au travail ou rendre à chacun suivant ses œuvres, c'est tout à la fois la formule des jugements de Dieu et l'expression proverbiale d'un instinct de morale et de justice naturelles que tous les hommes portent au dedans d'eux-mêmes, supérieur aux sophismes et
aux passions, aux dépravations de l'esprit et auxdépravations du cœur,
L'indifférentisme moral peut s'étaler dans des thèses déclamatoires et malsaines. Il n'a pas encore pu prendre possession de la conscience publique. Elle résiste énergiquement à ces attentats ; et, autant que le peut faire la justice des hommes, nécessairement bornée dans ses moyens d'information et d'action, elle s'efforce de rendre à chacun selon ses œuvres, et de proportionner aux mérites dont elle peut connaître les récompenses' dont elle peut disposer.
Vous étonnerai-je. Messieurs, si je vous dis que, dans cet instinct inné et dans cette loi de justice, je trouve la solide justification de nos croyances et de nos espérances religieuses, et une nouvelle affirmation de cette grande harmonie de Tordre naturel avec Tordre surnaturel au nom de laquelle un illustre apologiste du troisième siècle, Tertullien, démontrait la religion du Christ en invoquant « le témoignage de l'âme naturellement chrétienne : Testimonium animœ naturaliter « chrisiianœ {l) ».
Je pourrai ainsi, sans manquer à aucune convenance, tirer parti de vos préoccupations actuelles pour vous instruire, et, me bornant à faire
(1) Tcrt. Apol. XVII.
appel au sentiment dont vos âmes sont remplies en cette imposante solennité, je vous mettrai en face d'une des plus grandes lois de la morale et de la religion.
J'affirme de nouveau, Messieurs, qu'en dépit de tants d'efforts si souvent tentés pour oblitérer la conscience publique et lui faire mépriser la dis* tinction nécessaire du bien et du mal avec la sanction non moins nécessaire de la récompense ou du châtiment, l'instinct de la justice est une loi de la morale universelle. Partout je vois mettre en pratique l'axiome si bien formulé par l'apôtre saint Paul quand il a dit : <( Chacun recevra sa « propre récompense, en raison de son travail: « Unusquisque propriam mercedem acciptetj se- « cundum laborem suum ».
Consultez sur ce point l'histoire du genre humain , la sacrée et la profane , l'ancienne et la moderne : elle rend partout témoignage de l'existence de la loi qui, proportionnant le prix au travail, décerne des récompenses exceptionneUes aux services exceptionnels et paie de reconnaissance les laborieux serviteurs de leurs semblables. Or, qu'est-ce que la reconnaissance, sinon la forme la plus délicate de la justice ?
La Grèce est envahie par des légions barbares. Trois cents généreux citoyens ont décidé de faire de leurs poitrines un rempart vivant contre Tinvasion qui menace les foyers et les autels. Ils ne réussiront pas : qu'importe ? Ils tombent dans une défaite a triomphante à Tenvi des plus éclatantes c victoires (1) ». Sparte décerne à Léonidas et à ses compagnons d'armes un monument chargé de redire à la postérité comment on s'immole pour sa patrie quand on l'aime.
Simon Machabée a relevé sur les champs de bataille de la Judée l'épée sanglante qu'avaient maniée avec tant de vigueur ses frères Judas et Jonathas, et, avant eux, leur incomparable père Hathathias, tous tombés avec honneur en combattant pour l'indépendance de leur pays et pour la liberté de leur religion. Le premier usage qu'il fait de son nouveau pouvoir est d'élever un monument magnifique à ces vaillants héros. Des pyramides, des colonnes, des navires sculptés ornent le tombeau du père et de ses dignes fils. Au loin, sur les flots delà Méditerranée, les navigateurs pourront voir et saluer ce monument de filiale et patriotique piété (2).
Ne nous attardons point, Messieurs, à ces souvenirs antiques.
(1; Montaigne.
{2) I Mach.xiil, 284^0.
Mgr Pbbbaud. — Œuvres, t. II. 31
Beaucoup d'entre vous, sans doute, ont va à Pau la statue de cet enfant du Béarn sur le piédestal de laquelle ses compatriotes ont inscrit avec un légitime orgueil ces simples mots : « A notre Betiri )K Notre Henri, c'est ce Béarnais en qui la France tout entière reconnaît un de ses plus grands rois. Vaillant soldat autant qu'administrateur habile, il a fermé les plaies faites au pays par ud demi-siècle de guerres civiles, et, véritable ami du peuple, il s'est fait à sa reconnaissance des titres immortels : tout Français salue avec respect la statue d'Henri IV.
Plus loin, au-delà des mers, un peuple enfio aifranchi d'un joug insupportable, et redevenu maître de ses destinées, témoigne de la même façon sa gratitude au fondateur de l'indépendance américaine en décernant une statue à Washington, comme l'Angleterre en élève une au vainqueur de Trafalgar, et l'Irlande à O'Connel, Tintrépide champion de ses droits et de ses libertés.
Et ce ne sont pas seulement les exploits éclatants de la guerre et de la politique qui méritent et obtiennent ces témoignages de la reconnaissance publique. Elle sait reconnaître d'autres services plus modestes, mais non moins utiles.
En 1840, Lyon érige une statue à Jacquart, l'inventeur de ce métier qui, tout en ménageant les forces (le l'ouvrier, multiplie les produits de son travail.
A Versailles, non loin de laslalue de Hoche, le vaillant soldat de nos armées républicaines^ se voit celle de l'abbé de FÉpée, bienfaiteur de ces pauvres déshérités qu'une double infirmité condamnait au plus cruel isolement, et auxquels il a rendu la communion du genre humain par la merveilleuse invention du langage mimique devenu presque l'équivalent du langage articulé, pour exprimer les idées et les sentiments dont vit toute âme raisonnable.
Naguères, Rouen convoquait la France entière autour de la statue du vénérable de La Salle. En quelle circonstance la reconnaissance publique futelle jamais mieux inspirée? Il s'agissait de récompenser le fondateur de cet institut des Frères des Écoles chrétiennes, qui se vouait au labeur de l'instruction populaire à l'époque même où le patriarche de la philosophie moderne, M. de Voltaire, déclarait solennellement a qu'il suffisait do donner c au peuple, comme au bœuf, un joug, dcTaiguil- « Ion et du foin (1) ».
Rappellerai-je ce qui se passait il y a huit jours à Nancy, où Ton décernait également les honneurs d'un monument public à M. Thiers, libérateur du territoire, après les sanglants désastres de notre dernière guerre ?
(1) Voltaire. Lettre du 3 février n<;9.
Aujourd'hui enfin, la plus considérable Ides usines de la France, et je pourrais dire, je croîs, sans exagération, de TËurope et du monde^ le Creusot veut aussi payer sa dette de reconnaissance à son fondateur, à l'industriel éminent dont la vaste intelligence et la persévérance infatigable ont combiné, groupé et fait vivre tous les éléments dont se compose cette cité du travail, vraie capitale de la métallurgie moderne, féconde en ressources de toutes sortes pour tous les besoins de la société contemporaine, soit qu'il faille Farmer en vue des redoutables éventualités de la guerre, soit qu'il faille doter à profusion tous les arts et toutes les industries de la paix.
Or, Messieurs, ces manifestations de la reconnaissance publique, non seulement l'Église ne les blâme pas, mais elle les approuve, lorsqu'eDes sont l'expression d'un sentiment de justice et la récompense de mérites incontestés.
Elle fait plus. Elle-même s'empare, pour le surnaturaliser, de rinslinct d'équité naturelle en vertu duquel lep hommes récompensent exceptionnellement les grands services, et elle fait précisément pour les saints ce que nous trouvons juste de faire pour les bienfaiteurs de l'humanité, avec cette différence toutefois que, pour apprécier la valeur réelle et intrinsèque des hommes, elle a des lumières et des ressources qui nous font défaut et que sa justice, en harmonie parfaite avec la justice
souveraine et infaillible de Dieu, laisse bien loin derrière elle les témoignages et les verdicts de notre justice terrestre.
On nous demande quelquefois : Pourquoi le culte des saints? Pourquoi ces honneurs extérieurs dont rÉglise est si prodigue à leur égard ? Est-il donc nécessaire, est-il même légitime de leur élever des monuments et d'instituer des fêtes pour perpétuer la mémoire de leurs actions ?
A ces objections, Messieurs, la solennité qui vous rassemble en ce jour donne la réponse la plus péremptoire. Je n'ai pas besoin d'entrer dans les profondeurs du dogme et de me livrer à de longues dissertations théologiques, au risque d'abuser de votre bienveiUante attention. Pour justifier rÉglise catholique de ce qu'elle fait pour les saints, il me suffit d'en appeler au sentiment dont vous êtes tous pénétrés en ce jour, ce sentiment d'exquise et délicate justice auquel j'ai donné son vrai nom, en l'appelant le témoignage de la reconnaissance publique. A cette famille, à cette usine, à cette cité, à ces nations, à ces œuvres qui veulent immortaliser par des statues la mémoire de leurs fondateurs, de leurs libérateurs, de leurs
bienfaiteurs, irez-vous dire qu'elles ont tort de traduire ainsi leur gratitude , et qu^elles matérialisent par là un sentiment destiné à demeurer dans la sphère réservée et [purement idéale des souvenirs ou des affections du cœur ?
Vousnele ferez pas, Messieurs, car ce serait vous infliger à vous-mêmes un démenti et rendre impossible la solennité à laquelle vous avez été conviés. Dans quelques heures , vous entourerez et vous acclamerez lastaïue de celui que vous appelez avec raison le fondateur et le bienfaiteur du Creusot. Vous avez voulu par là payer une dette de justice et de reconnaissance : Unusquisque propriam mercedem accipiet secundum laborem sttum! L'Église n'agit pas autrement dans les honneurs qu'elle décerne à ses saints.
Dans le monde supérieur de la foi où s'agitent et se décident nos immortelles destinées, nous aussi, Messieurs, nous avons des services à reconnaître et des vertus à récompenser. Les saints sont, en toute vérité, les grands hommes de la patrie des âmes. Nous saluons en eux des libérateurs et des bienfaiteurs. Nous prononçons leurs nomsavec respect. Nous aimons à redire leurs louanges ; et ainsi que vous le faites dans la sphère de l'histoire humaine, politique, militaire ou industrielle, nous aimons à voir revivre leurs traits vénérés sous le pinceau ou le ciseau de ces maîtres de Fart, par les mains puissantes desquels la toile, le marbre
et le bronze semblent braver les lois de l'inerte matière et redevenir Tenveloppe d'âmes vivantes et immortelles (1) !
Seulement, Messieurs, et vous ne trouverez pas mauvais que j'en fasse la réflexion en m'inspirant de quelques paroles du grave Tacite, nous avons à regards de nos saints un avantage que personne ne peut nous disputer. Avec vous, nous cherchons à perpétuer leur souvenir en leur élevant des monuments de marbre ou d'airain :Non quia intercedendum putem imaginibus qux ex marmore aut ssre fingunhir. Mais il est encore donné à TEglise, et il n'a été donné qu'à elle (tel est l'objet de son incomparable liturgie), d'arracher pour ainsi dire aux saints les secrets les plus intimes de leur perfection et de fixer, comme le dit le grand historien, cette physionomie de l'âme qui est invincible aux coups du temps et de la mort : Id prœceperim ut famam acfiguram animi magis quam corporis cornplectantur. Forma mentis œtema, quam tenere et exprimere non per alienam materiam etartem^ sed tuis ipse moribus possis (1).
Combien donc vous avez raison, habitants du Creusot, de célébrer chaque année, avec un roli-
(1) La statue de M. Eugène Schneider demeurera un des chefsd'œuvre de M. ChapUi Tauteur des monuments de Jeanne d'Arc, du peintre Henri Regnault et de Beirjer.
(2) Tacit. Affrio.yCap, XLVI.
gieux empressement, la fête des saints qui président auK paroisses de votre importante cité, saint Laurent, l'héroïque diacre de la sainte Église romaine et le grand ami des pauvres, et saint Charles Borromée, l'incomparable pasteur de rÉglise de Milan et le digne successeur de saint Ambroise !
Ces deux églises, avec les œuvres de zèle et de charité qui les entourent, nous les devons à la munificence du père. Nous en devrons d'autres bientôt à la munificence du fils. Le service religieux de cette grande cité du travail marchera de pair avec l'accroissement de la population et les progrès industriels. Non, Dieu merci, nous ne sommes pas ici dans un de ces milieux néfastes où l'exagération des droits et de la puissance de l'homme aboutissent à la scandaleuse négation des droits de Dieu. Ce matin, je bénissais un hôpital où de pauvres malades recevront les soins d'une pieuse charité. Plus tard, j'en ai la ferme espérance, je verrai se multiplier au sein de cette laborieuse et intéressante population les ressources de la vie morale et religieuse.
Ouvriers du Creusol, je vous le disais il y a cinq arts, dans une fête dont le souvenir s'est gravé au plus intime de mon cœur : au milieu de votre rude travail, dans votre lutte incessante contre le feu, dont vous savez vous faire un serviteur et un allié pour discipliner le fer et le plier
à tous les usages de la guerre et de la paix, vous n'avez pas seulement besoin de la force musculaire que vous dépensez sans compter et le jour et la nuit. Il vous faut même plus que le courage humain dont vous êtes prodigues. Votre vie réclame Fidée supérieure et protectrice de la religion, qui enseigne l'efficacité du sacrifice et transfigure les plus humbles dévouements dans la fidèle et courageuse imitation d'un Dieu crucifié.
Merci donc aux administrateurs du Creusot de ce qu'ils ont fait dans le passé ; et merci par avance de ce qu'ils feront dans l'avenir pour affirmer et affermir ici de plus en plus l'alliance nécessaire du travail et de la religion I de cette religion qui a des lumières pour tous les devoirs, des exhortations pour toutes les défaillances, des consolations pour toutes les douleurs, et dont le dogme fondamental, si honorable pour la condition des travailleurs, entoure de la gloire divine l'humble et vaillant ouvrier deNaizareth!
Oui, Messieurs, à chacun selon ses œuvres : Vnusquisque propriam mercedem accipiet secundum laborem suum I
Il nous resterait à méditer cette parole pour
notre propre compte. Nous le ferons dans le recueillement de nos cœurs pendant la célébration du saint sacrifice, et je me borne à quelques rapides indications.
Nous penserons d*abord que la justice des hommes, si bien informée qu'elle soit, est toujours et nécessairement courte el insuffisante.
Pour un qu'elle récompense, combien n'en laisset-elle pas de côté, parce qu'elle ne les connaît pas et ne peut pas les connaître ?
J'ai cité les noms de quelques héros ou bienfaiteurs de l'humanité auxquels leurs semblables, dans un noble sentiment de reconnaissance, ont élevé des statues ou d'autres monuments.
En dehors de ceux-là, n'y en a-t-il pas, et en grand nombre assurément, dont les mérites n'ont pu être ni appréciés, ni signalés, ni récompensés ? Us ont passé dans cette vie, sans éclat et sans bruit, ignorés des autres comme d'eux-mêmes, et, humainement parlant, ils sont ensevelis dans un éternel oubli.
Est-ce donc que ceux-là ont perdu leur peine ? Et parce que la gloire des récompenses terrestres leur a fait défaut, la justice sera-t-elle violée à leur égard?
Gardons-nous de le croire. Messieurs ! Et en un jouroti nousrécompensons d'une manière éclatante d'éclatants services, n'oublions ni les vertus obscures,ni les dévouements cachés ! Les hommes ne les
ont pas vus. Mais Dieu ne les a point ignorés ! Paier qui videt in abscondito reddet tibi (1). Adorable parole de notre Évangile si bien faite pour les simples soldats de la grande bataille humaine, de ceux qui luttent et meurent sans qu*on fasse attention à eux, grande foule anonyme desbraves cœurs et des âmes humbles et désintéressées.
Vous avez accompli le devoir, tout le devoir 1 Et vos semblables n'en ont rien su ! Mais le Père qui voit dans le secret a été votre témoin. Je vous dis de sa part que vous n'avez rien perdu à ce mystère et à cette obscurité, car il est d'éternelle justice que chacun reçoive une récompense proportionnée à son labeur : Unusquisque propriam mercedem accipiet sectmdum laborem suum !
Or, si la justice des hommes ne peut guère atteindre et récompenser que les œuvres extérieures, en laissant la sanction suprême , infaillible et définitive de la justice, à Celui dont le regard plus perçant que le rayon du soleil va sûrement jusqu'aux replis les plus cachés de la conscience, nous redouterons comme le plus grand des malheurs d'ofifenser ce regard si pénétrant et si pur, de nous exposer à l'action de cette justice absolue et redoutable. Les hommes peuvent tromper les hommes : ils ne peuvent pas tromper Dieu : Homo videt ea
(i) Matth. VI. 4.
quœ parent : Dominus autem intuetur cor (1)! Que tout donc dans notre vie, et ce que les hommes voient et ce qu'ils ignorent, et les actes dont ils sont juges et les intentions qui ne sont justiciables que de Dieu, oui, que tout soit noble, grand, juste, vrai, saint, conforme à la règle éternelle du beau et du bien (2) I
Enfin, Messieurs, et je vous laisse sur cette dernière réflexion, ne négligeons pas Tautre grande leçon que nous suggère la cérémonie de ce jour.
On ne dresse pas des statues aux vivants, mais aux morts. On ne cherche à immortaliser 'par le fharbre ou le bronze que ceux dont Dieu a déjà fixé, par son jugement, les éternelles destinées.
Tout cela nous dit combien la vie est fragile et fugitive, combien la mort est certaine et prochaine. Ne bannissons pas de notre souvenir ces austères, peut-être importunes, mais à coup sûr salutaires vérités.
Ah I en un jour comme celui-ci, quand je vois se succéder les uns aux autres les flots innombrables des foules humaines, mon cœur s'émeut I Où vontelles ces foules qui se heurtent et se précipitent comme les eaux des torrents dans leur course rapide vers les abîmes de la mer (3)?
(1) I Reg. XVI, 7.
(2) Phil. IV, 8.
(3) II Reg. XIV, 14.
Où elles vont ?
A la mort, au jugement de Dieu, à Téternité !
Chrétiens, mes frères et mes fils, je vous adjure d'y penser 1 Vous allez au jugement de Dieu ! Que dis-je ? ce jugement, vous le préparez, vous le faites tous les jours. Dans la lumière infaillible et souveraine oii nous serons jetés en sortant de cette vie, pas ne sera besoin d'une longue discussion pour établir nos mérites et nos démérites. Nous nous verrons et nous nous jugerons, et Dieu n'aura pour ainsi dire qu'à confirmer de son impartiale et impassible justice la sentence que nous arrachera à nous-mêmes la soudaine et totale manifestation de la vérité connue !
Ah ! je vous en conjure, au nom de vos plus chers intérêts et de l'amour que je porte à vos ftmes, faites tous si bien, accomplissez de telle façon tous vos devoirs, soyez si exactement les serviteurs et les fils dociles de notre Père céleste, que vous puissiez tous recevoir de ses mains la récompense de vos labeurs, et, par sa grâce aussi bien que par sa justice, entrer et demeurer dans sa joie éternelle I Euge^ serve bone et fidelisj intra in gaudium Domini tut (1).
(1) Matth. xzv, 21.
DISCOURS