‹ Œuvres pastorales et oratoiresChapitre 13 sur 47 · ET MANDEMENT POUR LE CARÊME DE L'AN DE GRACE · texte numérisé non relu

ET MANDEMENT POUR LE CARÊME DE L'AN DE GRACE

1 8 janvier 188 8

Nous ne saurions, nos très chors frères, détacher ni notre cœur ni nos regards du grand spectacle qu'offre aujourd'hui la ville éternelle, et notre plume, en vous faisant cette lettre à l'ouverture de la sainte quarantaine, deviendrait rebelle entre nos doigts, si elle essayait de traiter un autre sujet que celui qui fait l'entretien et l'admiration de tout Tunivers.

Agréez donc que nous vous parlions encore du Jubilé de Léon XIII. Il n'y a rien de plus consolant ni de plus instructif qu'une pareille matière. Nous y trouvons une preuve aussi éclatante qu'inattendue de l'impérissable vitalité de l'Eglise et de la divine autorité du pape. L'Eglise et le pape, c'est tout un, selon la parole de saint François de Sales. Ecoutez comme cette vérité se révèle aujourd'hui dans toute sa lumière, et félicitez-vous d'appartenir à la véritable Eglise, à l'Eglise une, cathohque, apostolique et

sainte, à l'Eglise que gouverne le pape, à l'Eglise romaine.

I. La véritable Eglise doit être une, selon le témoignage de TApôtre : un corps, un esprit, un baptême, un Dieu père des bons i. Elle ne doit avoir, comme dit saint Irénée, qu'une même âme, un même cœur, une même parole 2. Une dans sa doctrine, dans son culte, dans son chef, avec une autorité infaillible qui écoute, juge et tranche les questions de foi : telle est la véritable Eglise. Ce qu'elle croyait hier, elle doit le croire aujourd'hui, elle le croira demain; n'ajoutant jamais un treizième article à son symbole; ne retranchant jamais de son Décalogue un seul commandement, telle enfin qu'on puisse la reconnaître pour la même Eglise au 11^ siècle comme au xix% et qu'entre son passé le plus obscur et son avenir le plus lointain, il y ait un hen que la distance ne saurait relâcher et que le temps ne saurait dissoudre.

Où donc est cette unité ? Dans l'Eglise romaine. Quel est le chef auguste qui la symbolise et qui la garde? Le pape. Oublions, si vous le voulez, les preuves qu'en donnent l'Ecriture, les saints Pères, la tradition, l'histoire, pour ne voir, dans notre siècle seulement, que Theure où nous sommes. Ouvrez les yeux et tournez-vous vers le pape. Vous croirez en lui, dans l'ordre spirituel et divin, comme on croit au soleil dans l'ordre humain et naturel ; car il sufiit d'ouvrir les yeux et de regarder. Gomment nier, en

1 Ephes., XII, 12 et seq.

2 S. Iren., I. adv. hceres^ x.

Hllll I.A I)IVINITr> 1)|{ I Ï:(;M8R CATIIOI.K^I'F.. 45

f;ico (lu spoctiiclo (lonno par l'isf^liso rornaino, qu'il y îiil il Rorno uno cliairo ùlev(30 uu-(l(3ssus do toutes les (•Jiairos, où nous voyons un papo pour qui Jésus- (]lirisL a [)rio ol î\ qui il a (•onfié lo soin des brebis aussi bien que des aj^neaux ; un |)a[)0 dont la foi conlirino haulemonl la foi de ses frères ; un jugo suprême el infaillibhî de lottes les controverses, par qui nous trouvons encore, après dix-liuit siècles, uno règle dans nos embarras, uno solution dans nos doutes, un terme h la discorde? Pierre continue à vivre dans Léon XIII, et quand il a parlé, la cause est entendue, la cause est finie.

Voilà le chef unique et véritable, voilà le centre de la seule unité dogmatique, morale, disciplinaire, qui existe dans le monde. Les schismatiques, s'ils sortent do leur pays, ne trouvent plus ni un esprit qui réponde à leur esprit, ni un symbole qui ressemble au leur. L'hérétique est encore plus isolé. Le fidèle ne peut garantir la croyance de son ministre, pas plus que le ministre ne garantit celle du fidèle. Entrons dans les familles : selon que le goût de la lecture, de la discussion ou de TindifFérence a gagné tel ou toi membre, le symbole augmente ou diminue jusqu'à n'être pour tous qu'une croyance toujours libre, et pour plusieurs une poussière impalpable, sans caractère et sans nom. Il n'est pas rare de trouver dans le même foyer un père orthodoxe, un fils libéral, un petit-fils incrédule. Peut-il en être autrement quand on a brisé le lien sacré de l'unité et qu'on a descendu, d'abîme en abîme, tous les degrés de la négation ? Plus de pape, les patriarches nous suffisent, disait Gonstantinople. L'Angleterre, la

46 INSTRUCTION PASTORALK

Su(kle, le Danemark, ont dit à leur tour : Plus de patriarches, mais seulement les évêques. Calvin alla plus loin : Plus d'éveques, mais seulement des pasteurs. De nouvelles sectes disent aujourd'hui : Plus de pasteurs, mais seulement des prédicants. Enfin les prédicants viennent de se transformer encore. Ce sont des femmes qui se disent inspirées en appelant Dieu tout ce qu'elles rêvent. Elles forment une armée, y prennent des grades et prêchent le salut, en montrant une ancre brodée sur leur pèlerine. La tour de Babel est achevée. Plus heureuse que Tancienne, elle est arrivée jusqu'au faîte, et telle est la confusion des doctrines qu'on n'y parle plus qu'une langue; la langue de la folie.

0 vous qui voulez croire, tournez-vous donc vers cette Rome, la seule Eglise où l'on croit fermement quelque chose ; vers ce pape, le seul docteur qui enseigne, avec une autoriîé infaiUible, ce qu'il faut croire, ce qu'il faut faire ou éviter, ce qu'il faut demander et recevoir, c'est-à-dire le symbole, le Décalogue, la prière et les sacrements. C'est pourquoi on y trouve la même foi sur les lèvres du riche et du pauvre, du savant et de l'ignorant, du roi et du berger. La foi est toujours la même, là où elle se cache aussi bien que là où elle éclate et où elle triomphe. Cette unité n'a de limites ni dans le temps ni dans l'espace. Nous venons vénérer Léon XIII comme les premiers chrétiens vénérèrent saint Pierre. Le monde que les apôtres ont évangélisé était étroit et borné de la mer du Nord aux colonnes d'Hercule, et des Pyrénées à l'Himalaya. Celui qu'évangélise Léon XIII comprend la terre entière avec les dernières décou-

8!IR LA DÎVrNfTft f)K l'P.dU^f. CATIIOLIQUE. 47

vcrlos do l.i^iu);j,rtiplii(3 ; mais, (|ULîl(|U(i vaste quo soit ('0 monde, les liiîiis de rohéissarice t)l do la foi n'y sont [)oinl rehlchés. Témoin les pèlerins de 1888. Ilabiludos, idros, md'urs, langage, tout les dislingue cl \()s sépare les uns d(\s .lutres, et ce[)endant, do i|uol(|ue lieu (jun nous partions, nous allons tous c^ Komo du mémo pas, nous nous |>rosternons aux pieds du même j)éro, nous courbons la tête sous la mémo main, nous nous relevons ensnmhlo transfigurés et bénis, après avoir baisé la poussière des mémos piods. Lo |)éro commun nous accueille tous onsemblo du mémo regard et du mémo sourire. Les liulgares, (|ui viennent déposer leurs manteaux brodés et leur bonnet d'astrakan c\ ses genoux bénis, codent au même sentiment religieux que les Mexicains conduits par l'évoque de Puebla, qui vont faire à Rome le premier pèlerinage de leur patrie ; Tévêque d'Ûlinda parait à cotte audience entouré des nègres que lo jubilé a fait atl'ranchir ; lo Maronite et le Ghaldéon y coudoient les députés du Japon et de la Patagonie. Toutes les langues parlent à la fois, mais Tharmonie en est merveillouse. Elles parlent toutes du Père qui est au ciel, et du pape qui en est sur la terre l'image unique, vivante et véritable. Tous prient le mémo Dieu par lo même Jésus-Christ, tous lo prient dans la même Eglise et pour le bonheur du même pape ; et plus les temps sont troublés, plus l'avenir est incertain, plus nous affirmons notre Credo devant Léon XIII, qui en est lo gardien. Nous voilà un sur la terre comme nous serons, par lui et avec lui, un dans le ciel et dans rétornité.

IL Le symbole qui aflQrme Tunité de la véritable Eglise eu affirme aussi la catholicité. Catholique signifie universel. La véritable Eglise doit se trouver dans tous les lieux, se renouveler dans tous les temps et embrasser dans son sein tous les hommes, de quelque nation qu'ils soient. Ce signe auguste frappe les yeux les plus inattentifs. Il rassure aussi les plus difficiles en leur montrant qu'ils appartiennent à une Eglise où Ton croit ce qui a été cru partout, par tous et toujours : Quod semper, quod ubique, quod ah omnibus 1. Or, a-t-on jamais vu dans une splendeur plus profonde et plus rayonnante ce caractère d'universalité ? Quand la géographie n'a plus rien à découvrir, il est consolant de parcourir le monde d'un regard pour s'assurer que cette Eglise est partout, souvent combattue, mais toujours vivante, toujours soutenue, sous les glaces du pôle ou sous les feux de Téquateur, par cette action vive et forte qui part de Rome et qui, du centre aux extrémités de la circonférence, suscite, encourage, réveille et relève les âmes qui lui appartiennent.

S'il nous reste quelque doute, le jubilé de Léon XIII va les dissiper. Sous quelque maître qu'ils vivent, de quelque république ou de quelque royaume qu'ils dépendent, les sujets de l'Eglise catholique se tournent vers leur centre, et s'ils ne peuvent y porter leurs pas, ils y envoient du moins leurs prières, leurs vœux et leurs ofiFrandes. Si loin qu'ils vivent de Rome et du pape, ils sentent qu'ils en sont les enfants et que leur nom seul de catholique leur donne droit

1 s. Vincent de Lérins, Commonit.

81111 LA DIVINITÉ DK l/fif.lJHR r.ATIIOLIQUR. 41)

(le, ciln dans la villo élornollo. Aussi vionuont-ils fivoc coiiliaiuîo lVa[H)or aux |)()rtos (1(3 collo -villo sacrcio ([m n'apparlicMil ((ii'à HiiMi (il où tout (^111011(111(3 sont qu'il (»sl dïO'A lui. La |M)lili(|U(;, la jalousijî, les [inijuj^és (les racos et des nations, n'iMeront à personne celle conlianc.o (|uo la foi nous donne. Nous allons à ilorno |)aree([ue Itome est la patrit^ d(î nos âmes. Nous voulons voir U) pap(^< parc(n[u'il en est U) [MTe. Peuples sortis de ronlanco, |)OU[)los virils, peuples vieillis, sous quoique soleil que nous habitions, de (piel((ue ^ouverncmont que nous dé[)en(lions ici-bas, L(3on XIII nous d(3montre, par le soin qu'il prend de nos âmes, (ju'il a pour nous des entrailles paternelles, que c'est à lui de nous donner en ce monde la grâce et dans l'autre la gloire. Ni les monarchies les plus jalouses de leurs droits antiques, ni les républiques les plus lièros de leur atlVanchissement, ni le despote le plus cruel, ni la foule, plus cruelle encore que les despotes, rien n'otera au pape le devoir qu'il a de nous sauver, ni à nous-mêmes le devoir de l'écouter et de lui obéir. Léon XIII le sent à son tour comme tous ses prédécesseurs l'ont senti dans leur temps, et quelque ombrage que nous excitions, nous sentons nous-mêmes, comme les catholiques des siècles passés, que Rome est notre centre, le pape notre père commun, et tout l'univers son héritage.

Léon XIII le démontre, par sa conduite, avec la dernière évidence. Quelle est la partie du monde habité qui n'ait eu part aux sollicitudes de ce grand pontife? Dès qu'il monte sur le siège de saint Pierre, son regard se porte sur toutes les nations qui en composent le patrimoine. L'Ecosse attendait encore le réta-

blissementde la hiérarchie épiscopale, elle le possède aujourd'hui. L'Irlande est toujours aux prises avec la misère et l'injustice, mais le pape ne cesse par ses lettres, par ses envoyés extraordinaires, par son action diplomatique, d'intervenir et de négocier en sa faveur, et la reine, qui vient de célébrer elle-même son jubilé, a envoyé, pour saluer Léon XIII, le premier pair des trois royaumes, catholique aussi fidèle au saint-siège qu'il est dévoué à sa gracieuse et légitime souveraine. Une autre puissance schismatique, la Russie, s'est relâchée de ses rigueurs; des jours meilleurs encore sont attendus pour les catholiques de cet immense empire, et c'est le czar lui-même qui les fait pressentir en envoyant à Léon XIII un hommage auquel il associe tous les princes de sa maison. La Suisse cède au mouvement général, renoue ses relations avec le saint-siège, et voit mourir sans honneur le schisme qu'elle avait essayé. Le schisme des Arméniens n'a pas duré plus longtemps. Dès 1879, le patriarche de cette antique nation, dépossédé par des rebelles, a été rétabli dans tous ses droits ; ces rebelles eux-mêmes sont rentrés dans le devoir, Léon XIII les a pressés dans ses bras, et le commandeur des croyants, qui se pique de laisser à l'Eglise toutes les libertés dont nous avons cessé de jouir, a inauguré les fêtes du Jubilé par ses lettres et par ses présents. Mais c'est l'Allemagne surlout qui a ressenti cette influence paternelle. Elle était devenue injuste, violente, persécutrice. Léon XIII ne s'est laissé déconcerter ni par la force, ni par la ruse, ni par une politique à laquelle la victoire donnait le plus singuher prestige. La patience et la mansuétude ont

Sllt \.K DIVINITE l)K I.'PMUHK CAIlinliniK. ^\

lri()ni[)lin, ol il s osL trouvé auprès d'un omporour louL-puissanl un uiiuistro ass(î/ capable pour so rendre au papo, on rondaiiL à l'Hi^lise le respect, la juslico oL la liberté. Saint-Pèro. nous vous avons vu dans toute la joie d'un si beau trionipbe et nous n'oublierons jamais de ([U(^llo lumière rayonnait votre front, do (juol éclat brillaient vos yeux, et quel doux sourire errait sur vos lèvres, (piaii'l vous daigniez nous dire : « J'ai l'ail la paix avec l'empire d'Allemagne. Cette paix honore l'empereur et son chancelier. J'ai obtenu tout ce qu'on pouvait es[)érer dans les circonstances présentes. Remercions le Seigneur d'une

si grande graco. »

Regardez TAsie : c'est le même spectacle de grandeur et de pacification. Les Indes ont vu leurs églises se multiplier, la hiérachie épiscopale s'y est établie dans toute sa splendeur, et le Portugal, en concluant avec le saint-père un concordat longtemps attendu, est entré dans tous ses desseins pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. La Chine commence à souffrir la lumière, le Japon lai ouvre ses portes. Que n'ont-ils pas droit d'attendre du saint-père, quand leurs souverains, dépouillant tous les préjugés de l'infldéhté, disputent dans ce Jubilé aux princes catholiques l'initiative des félicitations et des louanges? Le shah de Perse les suit et les imite. Il sera dit que l'Asie tout entière se sentira atteinte par le glaive béni de la grâce et de la parole que le pape tient à Rome et qui va soumettre, tant la poignée en est forte, tant la pointe en est sûre, à travers les sables, les steppes, les îles perdues, les glaces des pôles, les peuples les plus divers à Tautorité spirituelle d'un

homme qui n'a pour armes que la croix, et qui ne sait qu'enseigner, aimer et bénir.

C'est le nom seul de Léon XIII qui vient de forcer les barrières de l'Afrique, jusque-là impénétrables. L'apôtre des Gallas est entré dans le Sacré Collège; celui de la Tunisie et des Grands Lacs est monté sur le siège de Carthage, le plus noble après celui de Rome, pour y revêtir la pourpre, à la plus grande gloire de la France qui lui a donné le jour. Les Tertullien, les Cyprien, les Augustin, semblent renaître, la moisson blanchit de toutes parts, et ce mystérieux continent, qui se dérobait aux regards, ne peut plus tenir contre les missionnaires qui l'assiègent au nom de Léon XIII.

Le nouveau monde bénit, comme l'ancien, ce nom vénéré. On Ta salué à Baltimore, où cent évêques, présidés par le cardinal Gibbons , viennent de tenir un grand concile. L'Austrahe a aussi son cardinal, la grande île des antipodes aura aussi son concile. Six cent mille fidèles la peuplent aujourd'hui. Partout la vie catholique s'afBrme par l'obéissance, déborde par le zèle et triomphe par ses pacifiques conquêtes. Rien n'échappe aux regards du pape. La Nouvelle- Guinée est devenue elle-même une terre hospitahère, le missionnaire qui vient d'y planter une bannière bénite par Léon XIII a donné à ce rivage le nom Port-Léon.

Que reste-t-il, sinon d'emprunter, pour célébrer cette catholicité aujourd'hui si parfaite, les paroles d'Isaïe traduites par notre Racine :

Quelle Jérusalem nouvelle Sort du fond du désert brillante de clartés.

8IIR LA l)lVINrrr> l)K l/fi(;MHK CATIIOI.IQIIK. 53

Et porto sur son front uno inarqiicî immortelle? Pou{)los de l/i terre, chantez! •

Nous clKUiLorons à Roiiu), [lundmiL L(julo ccllo aaiiûo saiiilo, coLlo mar(|uo (ju'oii no saurait ni nior ni conlrolairo : liouroux do la porter nous-merno sur nolro front, non sans souhaiter à nos froros séparés (ju'ils ontronl dans cotto grande Eglise qui possède aujourd'hui toute la terre. C'est coque le prophète a dit, et plaise au Seigneur que sa vision se réalise bientôt :

D'où lui viennent de tous côtùs Ces enfants qu'en son sein elle n'a point portés?

Allons! courage! dépouillez-vous do vos préjugés et rendez- vous à Léon XIN, le pape do TEglise universelle.

m. Une dans son essence, catholique dans ses développements, la véritable Eglise doit être encore apostolique par sa date et ses traditions.

C'est aux apôtres seuls que Jésus-Christ a dit : Enseignez les nations, et apprenez-leur à garder les commandements que je vous ai donnés ^

Or, nous ne demanderons ni à Photius, ni à Pierre le Grand, ni à Luther, ni à Calvin, ni à Henri VIII, par qui ils descendent des apôtres et de qui ils tiennent leurs lettres de créance : ce serait les embarrasser et leur faire injure. Mais ces lettres apostoliques, Léon XIII les porte dans ses mains, en remontant par trente-neuf papes jusqu'à Léon X, contre

1 Matth., XXVIII, 19 et 20.

b\ INSTRUCTION PASTffRALE

qui Lullior s'est révolté; par cent cinquante-quatre papes jusqu'à Photius, qui a consommé le schisme grec; par deux cent soixante-six papes jusqu'à saint Pierre, auquel ont succédé Lin, Clet, Clément, Anaclet. Les premiers noms de cette liste sacrée sont mis au-dessus de toute critique et de toute contradiction par les monuments mêmes de l'ancienne Rome. Qui ne connaît la prison Mamertine, où fut enfermé le premier pape, la chambre où saint Clément conféra avec lui, et les catacombes, où se forma cette dynastie sacrée qui ne finira qu'avec le monde ? Elle avait déjà trois siècles d'existence avant que les peuples qui ont aujourd'hui une place dans l'histoire eussent seulement un nom dans la langue des hommes. Elle comptait quatre siècles quand Clovis fonda l'empire des Francs. Elle en comptait dix quand Guillaume le Conquérant établit sa race en Angleterre. Elle en comptait douze quand la maison de Hapsbourg fut mise à la tête du saint-empire; elle en comptait seize quand la maison de Romanoff fut appelée au trône de Russie ; elle en comptait dixhuit quand Bonaparte prit sur l'autel la couronne des Francs et s'appela Napoléon. Elle en comptait dixneuf quand les Bourbons et les Bonaparte, ceux-là les plus anciens des princes de la terre,- ceux-ci les plus nouveaux, se virent condamnés par le sort à errer, presque tous, sur un sol étranger et à manger le pain amer de l'exil. Seul, parmi les souverains, le successeur de Pierre est sûr d'avoir un successeur. Seule, la dynastie de Pierre méprise l'exil, car tous les papes reviennent à Rome, vivants ou morts. Seule, cette dynastie brave les tempêtes du temps,

car ollo (lurnra aiilaiil. (|ii(^ In loinps lui-rruhrio, ot (juand 111^111(3 lo IcMiips durorail oncoro [KMulanl des siMes do siùclos, lo doriiior [)a|)() serait, sur l(3s déhris du inoiido écroule, lo succossour cortaiu, légilimo et iHîcoiiiui do coliii h (|in il a élé dit : Tu es Pierre, et sur cette pierre je hd tirai mon Enlise, et les portes de r enfer ne prévaudront jamais contre elle ^

Léon XIII, sucoossoiir du |)rinco dos apôtres, a la mission do nous conllriner dans la doctrine que les ai)otrcs nous ont enseignée. Il l'a l'ait [)ar une suite (rencycli(iucs dans los(juollos il dénias(|uo les erreurs modernes et les pièti,es tendus sous les jias des nations par la négation de Tordre surnaturel. « La cause de tous nos maux, dil-il d'abord, c'est qu'on a méconnu et rejeté l'autorité apostolique -. » Puis, il presse les chrétiens do revenir au sentiment de l'égalité véritable et do la fraternité sincère qui doivent les réunir •'. (J'est la foi chrétienne qui seule peut éclairer la pensée dans ses études et dans ses recherches, garantir les conquêtes de la science ^. Seule elle peut préserver la famille des hontes du divorce ou de l'adultère ^. Seule elle rappelle avec autorité que tout pouvoir vient de Dieu, que c'est au nom de Dieu que les princes doivent commander, et que les peuples doivent voir en eux les images de Dieu même ^. Ouvrez les yeux, dit-il encore, ô chefs des nations, et demeurez sous la main de la véri-

1 Matth., xYi, 18.

*- Eacycl. Inscrutahili Dei consilio, 21 avril 1878.

3 Eacycl. Qiiod apostolici miuieris^ 21 décembre 1878.

^ Encycl. jE terni Patris, 4 août 1879.

^ Encycl. Arcaniim divince sapientix, 10 février 1880.

*^ Encycl. Diuturnum illud, 20 juin 1881.

table Eglise, si vous ne voulez pas tomber sous la domination de TEglise de Satan ^ Et pour conclure toute cette doctrine, il définit la constitution chrétienne des Etats, qui, basée sur Tindépendance des deux pouvoirs, s'adapte à toutes les formes légitimes de gouvernement, respecte toutes les libertés honnêtes, et convient à tous les temps, à tous les pays, à toutes les civilisations -. Vous entendez, dans ce commentaire actuel et vivant, saint Pierre et saint Paul, saint Augustin et saint Thomas, tous les siècles, tous les papes, toute la tradition. L'Italie, l'Espagne, la France, l'Allemagne, la Hongrie, recevront de Léon XIII des lettres particulières pour les consoler ou les avertir. Ainsi écrivaient les apôtres aux Hébreux, aux Grecs, aux Romains. L'autorité apostolique est toujours la même, et TEglise qui la garde est seule la véritable Eghse.

Heureux les peuples qui ont été retenus dans les domaines de Pierre ! Léon XIII vient de rappeler au Portugal sa fidélité, à l'Espagne son titre de puissance catholique, à l'Italie l'éclat et la grandeur que la papauté lui donne et le triste échange qu'elle ferait de ces belles destinées contre le titre de révolutionnaire et de persécutrice. La France a eu, dans cette belle audience des nations, le rang que lui assure son titre de fille aînée de l'Eglise. Léon XIII l'a bénie ; il a appelé sur ceux qui la gouvernent les grâces et les miséricordes du Seigneur; il a loué dans nos évêques le zèle avec lequel ils se rattachent à la chaire de

1 Encycl. Humanum genus, 20 avri! 1884.

2 Encycl. Immortak Dei, 1" novembre 1885.

SIU LA DIVIMir: I)i: L'ftGLISK CATIIOLIVI h. ^7

saint PioiTO, dans nos pnUres leur docilité onvors los ovnquos, dans nos lidôlos leur ompresseniont, leur gônorosiU'î, leur fj;randnui' (ITirno. (l'csL la Franco qui a donné àsainl PiiM'i'c U) plus do soldats, do niissionnairos oL do sœurs do (Uiarité. (^cst fçraco aux dons do la Franco (pjo saint Tiorro oonlinuo dans Tunivcrs entier ses missions et ses con(|uotes. L'épée de la France s'est levée cent fois pour soutenir et défendre saint Pierre. Où sert-on mieux qu'en Franco une cause qui est la cause mémo de la civilisation, de la justice et de la liberté?

IV. S'il faut ajouter à ces trois marques de la véritable Eglise une marque encore plus caractéristique et plus décisive, le jubilé de Léon XIII va nous la fournir. L'Eglise romaine est une, c'est son essence ; elle est catholique, c'est la loi de son développement; elle remonte jusqu'aux apôtres, c'est la date de son origine. Ce n'est pas tout, elle est sainte, et c'est par là qu'elle se montre la flUe du ciel.

La sainteté n'est pas moins sensible aujourd'hui dans la communion romaine qu'elle ne Ta été dans tous les siècles. Jésus-Christ, son chef et son auteur, qui est le Saint par excellence, nous a donné, par sa grâce et ses sacrements^ des moyens eflBcaces pour atteindre la perfection et nous rapprocher de lui, les uns par la virginité, les autres par l'étude et la science ; ceux-ci par la pénitence et le renoncement de la chair, ceux-là par la ferveur de la prière et le zèle de l'apostolat; tous par l'ambition de le suivre et de l'imiter ici-bas pour être couronnés avec lui dans le ciel. C'est aux fruits qu'il faut juger Tarbre ; c'est aux saints qu'il

faut reconnaître la sainteté de l'Eglise leur mère. Or, quelle est l'Eglise, sinon l'Eglise romaine, qui produit ces fruits merveilleux? C'est de siècle en siècle que se renouvelle ce prodige, et les canonisations solennelles que Léon XIII proclame aujourd'hui attestent que l'Eglise romaine a encore des saints, que Jésus-Christ vit encore dans l'Eglise romaine, que l'Eglise romaine est toujours Timmortelle épouse de Jésus-Christ.

Qu'elle est belle, cette liste empruntée à l'histoire de toutes les nations, qui vient prendre place dans les diptyques sacrés, au milieu des acclamations de l'univers I C'est Rodriguez et Berchmans : Tun consommé en sainteté, pendant une vie de quatre-vingt-sept ans ; l'autre, qui pratiqua la perfection dès Tâge le plus tendre et qui sortit du monde à vingt-deux ans, comme les Gonzague et les Stanislas, parce qu'il avait parcouru tous les degrés de la vertu. C'est le P. Claver, le nouveau Xavier, l'apôtre des nègres, qu'il sied bien de placer sur les autels quand les peuples qu'il aima apparaissent de toutes parts sur le continent africain, et pressent les âmes généreuses de les rendre à la hberté des enfants de Dieu. A côté de ces trois saints voici les sept fondateurs de l'ordre des Servîtes, la gloire de TEglise de Florence, aujourd'hui l'admiration de l'Eglise universelle. Il y a six siècles qu'ils dorment dans leur tombeau, mais leur sainteté est incontestable, car ils guérissent encore les malades les plus désespérés. C'est après avoir traduit ces prodiges devant le tribunal le plus sévère et le plus éclairé que le pape les constate, et que l'univers tout entier invoquera avec lui des saints dont la puissance révèle si bien la gloire céleste.

SUH LA DIVINITÉ I)K l/ÉGLlHK CATIIOLIO^B. SO

Los lionnours do la Ixuililication sont résorvos à d'aiUros hôms, ol |)ariin c(is Ih'm'os, doux Français, ririf^uoii (lo MonUoiiel la Sallo : coliii-là cliorà la Von- (léu, lo foiidalour (l(\s SciMirs do la Saj^osso, lo (lisoi[)lo, dos Endos ot dos Olior, 1 omulo do saint Vincont do Paul dans 1 oducation dos clorcs ot dans la Ibrnnation dos vior^os; colui-ci d'un ronom [)lus grand oncore, l'institulour dos ocolos clirôtionnos dans los deux inondos, à (jui llouona dôdiô la promièro statue, mais dont lo nom ost gravé, mieux que sur le marbre et l'airain, dans lo C(our de toutes les races qui ont appris de lui les éléments des lettres humaines. Si Léon XIII élève des autels à ces bienheureux, c'est parce que leur sainteté s'est affirmée par des miracles. Ces miracles sont d'hier, et pour ne citer qu'un de ceux qu'on doit à l'intercession du vénérable la Salle, nous avons connu nous-méme, toute la Normandie connaît comme nous un jeune malade auquel il rendit subitement la santé, en dépit de la nature, qui le condamnait à la mort, au grand étonnemenl de la médecine, qui désespérait de le guérir K Rome areconnu ce prodige ; Rome, dont la critique est bien plus difficile à convaincre que l'incrédulité même de la science moderne; Rome, qui ne se rend qu'à l'évidence et qui rejette impitoyablement des procès de canonisation les faits sur lesquels planerait encore l'ombre d'un doute ou d'une incertitude.

Ainsi s'affirme aujourd'hui comme hier la sainteté de la véritable Eglise. L'Eglise rom.aine est, aujour-

1 M. Etienne de Suzanne, après une neuvaine faite au vénérable do la Salle, sur les conseils du cardinal de Bonnechose, recouvra subitement la santé en 1868. Go miracle est cité dans le procès de béatification.

d'hui comme autrefois, la patrie des saints et la terre des miracles. Sa vertu se répand sans s'épuiser, et ceux qui essaient de la tourner en ridicule ne s'aperçoivent pas qu'ils n'ont plus pour eux ni la justice, ni la vérité^ ni la raison. Il faut en croire les aveugles qui voient, les boiteux qui marchent, les sourds qui entendent, les malades qui reviennent des portes du tombeau. Il faut se rendre aux signes qui éclatent dans notre siècle comme dans les siècles précédents, et qui confirment, comme au temps de Jésus-Christ et des apôtres, la doctrine enseignée par son vicaire. 0 communions séparées, où sont vos saints, où sont vos miracles ?

Joseph de Maistre a dit quelque part, avec ce don de seconde vue qui caractérisait son génie : « Le siècle qui a commencé en 1789 par la proclamation des droits de l'homme pourra bien finir par la proclamation des droits de Dieu. » Tel est, en 1888, dans l'année même qui termine ce siècle fameux, le spectacle qu'offre l'Eglise. Un pape s'est rencontré pour l'offrir au monde, sans que le monde y prît garde ni essayât de s'en rendre compte. Il a dit un mot à peine, il a cité la date de son sacerdoce, et ce mot, cette date, tombés de ses lèvres comme au hasard de la conversation, mais répétés d'un bout du monde à l'autre parles évèques aux prêtres et par les prêtres aux peuples, a provoqué, sans qu'il y pensât, la plus étonnante des manifestations de foi, de vénération et de confiance qu'aucun père puisse espérer de ses enfants, un roi de ses sujets, et que le pape, roi et père tout ensemble, ait pu imaginer dans son amour. Tout est spontané autant que grandiose, et l'année sainte

SllH I A iilVINITf: I)K I.'ftCI.ISK CKTUOl.KjVK. 61

(pii a coiiiinoiici'î lo T' jaiiviur va coiiliiinor son cours rnorvoilloiix, on faisant ôclalor (U) pins on pins 1(3S qnalro nian|nos inunorlolhvs qno rKglis(3 porto à son iront : Tniiitù sans rn|)tnro, la catliolicitn sans limitos, rapostolicitù sans interruption, la sainteté sans ombre et sans déclin. Léon XIII |)arlo, elles oracles qui tombent de sa bouche, pour e\[)liquer le symbole et le Décalogue, sont l'expression de la vérité même; il étend les bras, et toutes les nations se sentent appuyées sur son cœur et bénies de sa main ; il s'assied, et c'est saint Pierre que Ton regarde et que l'on vénère dans sa personne ; il ouvre le ciel, et les saints nouveaux qu'il y montre apparaissent à son appel, comme les étoiles, à l'appel de Dieu, apparaissent au firmament : Stcllx vocaux sunt et dixerunt : Adsumus K

Voilà les droits de Dieu avoués, reconnus, proclamés, juste un siècle après cette fameuse proclamation des droits de Thomme, où Terreur s'est tant mêlée à la vérité, et dont les passions humaines ont tant abusé. Ils sont avoués et reconnus sans qu'on y pense, par un hommage filial, volontaire chez les uns, involontaire chez les autres, mais qui se rapporte, bon gré, mal gré, au Dieu dont le pape est le vicaire.

C'est parce qu'il est pape qu'il est si grand politique, et que sa politique est si admirée, même de l'infidèle et de l'hérétique. C'est parce qu'il est pape que cette exposition universelle des arts et de l'industrie, étalée sous ses yeux, est devenue si grande, si complète, si unanime. C'est parce qu'il est pape qu'elle res-

1 Baruchj m, 35.

semble à une fête de famille, que Tintérêt en est absent, que la gloire même des choses humaines n'y prend aucune part, et que les peLils et les pauvres, avec leurs modestes présents, y sont aussi bien accueillis que les grands et les riches. Non, jamais on n'a rien vu de pareil depuis le temps des bergers et des mages, Tincrédulité en fait Tayeu. C'est Dieu qui a tout disposé, c'est Dieu qui triomphe. A Domino factura est istud, et est mirabile in oculis nostris ^

Allez maintenant, la proclamation des droits de Dieu a été entendue par ce siècle troublé qui ne voulait plus ni Dieu ni maître, qui s'était persuadé que le pape n'était qu'une ombre, et qui enterrait si naïvement Dieu, le pape et l'Eghse sous les ruines imaginaires entassées par une science ignorante dans les écoles, dans les théâtres et dans les romans. Tant il est vrai que l'homme s'agite et que c'est Dieu qui le mène ! Il l'a mené depuis 1789, à travers les monarchies et les républiques, parmi les débris des lois qui durent une heure et des constitutions qui durent un jour ; il l'a mené, du miheu de l'Angleterre et du fond de l'Allemagne, de toutes les provinces de la France, de l'Espagne et de l'Italie, comme des steppes et des glaces du nouveau monde, des champs où le soleil se lève et des mers où il se couche ; il Ta mené à Rome, à l'audience d'un prêtre captif de son devoir au fond de son palais, qui n'ayant pour lui ni trône, ni cour, ni armée, a, par sa parole seule, attiré tout l'univers à ses pieds, pour verser dans la basilique de Saint-Pierre le sang de l'Homme-Dieu sur

1 Ps. cxvii, 23.

fillU I.A DIVINITE I)K l/ftr.LISF CKTU OU (){]?.. 63

coUo foulo composée par les dùpulésde toutes les nations. Agitez-vous encore, enfants des hommes, Dieu vous mènera toujours là où vous ne voulez pas aller.

Et vous (pii aimez l'Eglise, ne tremblez plus, hommes de peu de loi. Quand le pape est insulté, dépouillé, banni, n'allez pas croire que tout est fini, et qu'il ne reste plus qu'à pleurer sur son tombeau. Autant vaudrait pleurer sur le soleil qui se couche, comme si Ton n'était pas sûr qu'il ouvrira le lendemain les portes de l'Orient. Ainsi se lève le successeur de saint Pierre du fond de la tombe où les tyrans croient l'avoir couché pour toujours. Le ci-devant pape que le Directoire enterrait à Valence est ressuscité dans Pie VU, dans Grégoire XVI, dans Pie IX, dans Léon XIII. Le pape est encore à Rome. Rome est encore au pape. Par lui le monde est encore à Dieu, et les droits de Dieu finissent toujours pour être reconnus et proclamés.

Les siècles qui ne sont pas encore ressembleront à ceux qui ne sont plus. Plaise à Dieu que la France y tienne toujours une grande place, que sa gloire s'y rajeunisse et s'y renouvelle, que sa langue y soit encore la langue dans laquelle le pape communiquera avec les nations assemblées aulour de son trône, et que les Bossuets de ces temps lointains disent comme ceux du siècle de Louis le Grand : « 0 sainte Eo;lise romaine, si jamais je t'oublie, que ma langue s'attache à mon palais, que ma droite se sèche si tu n'es pas toujours le principal objet de ma pensée et le centre de mes affections ^ !

1 Sermon sur V Unité de l'Eglise.

Mais toutes les nations sont périssables et TEglise seule est immortelle. Quels que soient les peuples de Tavenir, Tavenir n'appartient qu'à TEglise. Quels que soient leur langue, leur race, leur couleur, leur gouvernement, que la révolution déborde encore et qu'elle monte aussi haut qu'elle souhaite dans son orgueil, il y aura sur ces flots débordés un vaisseau qui les dominera toujours, et le pape qui en tiendra le gouvernail, dominant lui-même du regard, de la voix et du geste toutes les tenripêtes accumulées à ses pieds, le jour où il célébrera la cinquantaine de son sacerdoce, entendra encore s'élever vers lui, de tous les bouts du monde, le Credo de Nicée : TEghse est une, cathohque, apostolique et sainte : Unam, sanctam, catholicam et apostolicam Ecclesiam. On lui dira comme aujourd'hui : Tu es Petrus : c'est vous qui êtes Pierre. Et ce Pierre, embrassant dans ses bénédictions les deux mondes dont il est le pasteur, fera monter de la terre aux cieux le Te Deum de ses noces d'or, le Te Deum des noces éternelles.

LK TTRE

Page 1