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CONVERSATION AVEC UN PETIT CURÉ

Curé, dont la main s'ouvre et dont le front se penche,

Humble quêteur, voici pour ton église blanche,

Pour le temple futur, l'obole du chrétien.

Mon rêve le plus doux est le frère du tien,

Petit curé, qui veux, au creux de la ravine,

Offrir à ton village une église divine.

Le zèle, la douceur, la charité, la foi,

Cette fleur d'espérance épanouie en toi,

Ton âme d'architecte et tes bras de manœuvre,

Tout cela me fait croire, ù Prêtre, à ton chef-d'œuvre.

Les murs mystiques peu ù peu s'élèveront,

Beaux comme les désirs que tu portes au front.

Tu mettras dans la voûte, unie et surbaissée,

La courbe au vol fermé que suivit ta pensée.

Les piliers soutiendront, en montant vers les cieux, 0 cher petit curé, ton rêve audacieux, Et vers cet Infini que ta parole prêche Ton clocher portera sa gracieuse flèche.

Prêtre, chez le Seigneur fais régner la beauté. Choisis l'autel, où Dieu dans son immensité Repose et sur tes mains, qui touchent le miracle, Vient par la porte d'or de l'étroit tabernacle; Sculpteur, mets le caprice et les jeux singuliers Du trèfle et de l'acanthe au sommet des piliers. En leur criai nouveau que tes jeunes statues Soient d'une ombre discrète à demi revêtues. Peintre, dans l'épaisseur des murs silencieux Oue la verrière parle et déploie à nos yeux La beauté, la splendeur, les gestes, les symboles Du Dieu qui proposa les grandes paraboles. Mon frère, sois hardi.

Mais sois ingénieux !

Pour que l'église forme un tout harmonieux Il faut que le petit curé, dont la main tremble,

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