AUTREFOIS
Et quelque chose en eux souriait au passage
A tous les yeux, à tous les cœurs, à tous les maux.
Mais si la charité parlait sous leur écorce, Ils voyaient tous les maux et les leurs, sans faiblir. Souriant dans la grâce et marchant dans la force, Ils allaient aux devoirs qu'il convient d'accomplir.
A travers champs, sur les coteaux, par les ravines. Les durs et longs travaux des jours les harassaient. Mais dans l'air imprégné de tes sueurs divines, 0 Christ, de grands espoirs soudain les redressaient.
Sur le Ciel qui couvrait l'immensité des plaines Us savaient que toujours un Dieu reste penché, Et qu'il veut, pour bénir les semences humaines, La terre sans blasphème et le lit sans péché.
Alors les travailleurs songeaient à leurs compagnes, Aux enfants soulevés par des bras vigoureux. Puis, quand les Angélus informaient les campagnes, Us revenaient le soir, beaux, puissants et nombreux.
Des foyers, çà et là, ils cherchaient la lumière, Ou bien quelques reflets de lune au haut des toits. Dans l'ombre s'ils hélaient la ferme ou la chaumière, Du seuil lointain des voix répondaient à leurs voix.
Autour d'eux, devant eux, les hameaux, le village, La demeure isolée où le sentier conduit, Tout vivait, tout brillait, tout disait au passage Que la vie et l'amour palpitaient dans la nuit.
Plus tard, ils sommeillaient et dans l'ombre insondable Si l'ennemi rampait avec de noirs desseins, Des souffles annonçaient qu'un peuple formidable Soudain, pouvait bondir aux appels des tocsins.
Oui, l'on sentait partout les maisons défendues Et la terre peuplée et les Gieux obéis. Et quand le jour naissant dorait les étendues La gloire du soleil frappait un grand pays.