LE CALVAIRE
Dans le geste, éternel de la Rédemption,
Laissant tomber, en un désert où nul n'écoute,
Tes larmes, pleur à pleur, et ton sang, goutte à goutte.
L'homme est loin du calvaire : il marche, il court, il fuit.
Seigneur, dans le jour morne et dans la triste nuit
Comment peux-tu, privé de respects et d'hommages,
Aux croix des temps nouveaux endurer tes images?
Gomment ne jettes-tu, sous le ciel étonné,
Que l'ancien cri : « Pourquoi m'avoir abandonné... »
Quand notre éloignement et nos ingratitudes
Te font sentir encor le poids des solitudes?
Et lorsque nous fuyons, loin de toi, sans remords,
Gomment nous cherches-tu toujours, de tes yeux morts