AVRIL 12T
Chaque oiseau pieusement Lance vers le firmament Son grelot, son diamant Ou sa perle.
Les oiseaux sont ignorants
Et naïfs, mais clans leurs rangs
Il n'est point d'indifférents
Ni d'impies, Et le Dieu de l'univers Se complaît aux chants divers Des paons, des geais, des pics-verts
Et des pies.
De la corneille au pinson, Chacun chantant sa chanson, Les oiseaux à l'unisson
S'émerveillent En Avril, ce joli mois, Aux champs, aux prés, dans les hois, Les cœurs font comme les voix :
Ils s'éveillent !
0 les gentils amoureux !
Le Printemps, exprès pour eux,
Sème au pied des arbres creux
L'herbe douce, Et dans l'ombre du chemin, Complice de leur hymen, Leur fait un lit de gramen
Et de mousse.
La poule d'eau sur l'étang Glisse et glousse en coquetant, Disparaît à chaque instant,
Plonge, fouille Et reparait tout à coup, Montrant le bec, puis le cou; Cela divertit beaucoup
La grenouille.
La grenouille lentement Nage et risque par moment Un petit coassement Rare et rauque ;