LA TRANCHÉE
La tranchée est le réceptacle, Le caphamaiim des débris.
La ronce, bravant tout obstacle, A couvert ses flancs assombris.
C'est un endroit sauvage et moine Où l'on vient jeter en passant Un tas d'objets sans nom ; la viorne Seule, curieuse, y descend.
Mais la tranchée a son mystère :
Ses deux larges flancs sont hantés, Les lapins ont fouillé la terre Et les talus sont habités.
Ici, le mulot creuse une arche, Les bourdons forent le sol dur ; La vie invisible est en marche Sur les parois de l'antre obscur.
Un arbre a sa mai tresse branche Au-dessus : c'est un peuplier.
Par le vent d'amont il se penche Pour voir les drames du hallier.
Par le vent d'aval il s'agite Et, comme un goupillon géant, Il jette des flots d'eau bénite Sur les hôtes du trou béant.
Débris sans choix, débris sans voile, Dans votre sombre entassement J'ai vu briller plus d'une étoile Ainsi que dans le firmament.
Là, j'ai pris un cul de bouteille, Des couleurs du prisme allumé,