‹ ŒuvresChapitre 62 sur 70 · LA TRANCHEE · texte numérisé non relu

LA TRANCHEE

Kouge encor du jus de la treille Qui l'avait jadis parfumé.

Là, j'ai vu, sous la pierre énorme, Un chapeau luisant, fier captif, Qui gardait, sous sa haute forme, Un peu du lustre primitif.

J'ai vu, sur des feuillets d'ardoise, Livrée au dernier courtisan, La bottine de la bourgeoise Dans le sabot du paysan.

Plus loin, sur des quartiers de tuile Et de verre aux tons éclatants, De gros bidons pleuraient une huile Qui fut extra-vierge en son temps.

Dans la tranchée, un vieux solfège Aux bouvreuils livre ses lambeaux.

Il fut le martyr d'un collège Où les chants n'étaient pas si beaux.

À ses côtés, un petit livre Jadis commenté, discuté.

Repose, heureux de se survivre Dans le calme et l'obscurité.

Les journaux de plusieurs provinces, Frottés de fiel et de piment, Devenus courtois et bons princes, Couchent ensemble. C'est charmant.

On a lâché les anciens rôles,

Les nouveaux sont moins énervants :

Ici, le tas de casseroles

l'ait sauter les lapins vivants.

C'est une douceur infinie, Habitants des ronciers épais, I >c vivre ainsi dans l'harmonie, Dans la solitude et la paix.

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