‹ ŒuvresChapitre 65 sur 70 · MON PAYS · texte numérisé non relu

MON PAYS

Vous avez donc abandonné votre village? ^Lettre.)

Non, je n'ai pas abandonné Le doux et triste coin de terre Où dorment les miens. J'y suis né Et j'ai grandi dans son mystère.

Là mon enfance interrogea Les champs, les prés, l'arbre, la nue.

J'étais seul, je souffrais déjà D'une àme qui n'est point venue.

Quand les angélus dans le vent Tintaient des coteaux aux vallées, Le soir, je suis resté souvent Parmi les choses désolées.

Premiers chagrins, premiers ennuis, Désirs de l'enfant solitaire, Je vous ai, dans l'ombre des nuits, Confiés à la pauvre terre.

De tous ceux qui veillaient sur moi, Toi seule, inquiète ou ravie, 0 mère, as partagé l'émoi De ton enfant devant la vie.

Si quelques-uns ont dédaigné De mes songes les fleurs naïves, Bien souvent mon cœur a saigné Sous des douleurs encor plus vives.

Trop tard, hélas! j'ai rencontré La suppliante Bien-Aimée, Si tard que nul n'a pénétré Dans mon âme sombre et fermée.

C'est la terre qui m'a souri, Aimé, bercé. Terre fragile,

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