‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 105 sur 175 · A M. HAXO · texte numérisé non relu

A M. HAXO

CBEF DE BATAILLON DD GÉNIE, A BRESCIÀ.

Vérone, le î février 1808.

J'ai trouvé ici les meilleures gens du monde. Le colonel Faure m'a traité on ne peut pas mieux, et ses arrêts de rigueur me plaisent bien plus que les caresses de certains généraux. Malheureusement il s'en va, et me laisse sous la patte du major, avec lequel je serai peut-être un peu moins à mon

oise, surtout si ma retraite i finit plus tôt que je ne l'espère: ce service de garnison me donne par avance des nausées.

Je ne suis pas encore établi ; j'occupe provisoirement un logement de lieutenant, dans lequel j'aurais bien de la peine à te recevoir : c'est le seul inconvénient que je lui trouve, car mes hôtes sont les meilleures gens du monde, et le soleil ne paraît guère sur l'horizon que je n'en aie quelque rayon. Tes visites sont les seules que j'aime. Depuis que je t'ai quitté, je n'ai trouvé personne avec qui causer, et n'ai pas entendu un mot qui me soit resté dans la mémoire. Si tu pouvais venir ici quelques jours , nous ferions mille chiacchiere, mille promenades aux environs, car je sors tant que je veux, et n'ai rien à faire, c'est-à-dire aucun service; en un mot, je ne fus jamais plus libre que depuis que je suis prisonnier. Adieu; donne-moi de tes nouvelles, et ne soyons plus des siècles sans entendre parler l'un de l'autre,

A M. D'AGINCOURT

Florence, le 17 février 1808.

Monsieur, j'aurais bien voulu vous donner plus tôt de mes nouvelles, et surtout avoir des vôtres ; mais vous allez voir que depuis mon départ de Rome j'ai toujours couru, et que je cours encore, sans savoir où je vais. En vous quittant je vins ici, où je restai quinze jours enfermé avec Xénophon dans cette bibliothèque bâtie par Michel-Ange. Il y faisait grand froid, et je regrettai fort Naples. Du reste, je ne vis rien de Florence, pas même la galerie. J'allai ensuite à Milan. J'y passai huit jours tristement perdus à faire des visites et des révérences. De là on m'envoya à Vérone, mais en chemin je m'arrêtai quinze jours à Brescia, parce que j'y trouvai un de mes amis, officier du génie, qui revenait de Gonstantinople*. Lui échappé

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