A SAUMUR
Barletta, le 24 mai 1805,
Monsieur, depuis environ six mois que je suis à cette armée1, je n'ai point reçu de lettre qui m'ait fait autant de plaisir que la vôtre. Vous êtes assuré de m'en faire toujours beaucoup toutes les fois que vous me donnerez de vos nouvelles.
Ayant reçu ordre à Plaisance de me rendre ici pour commander l'artillerie à cheval de cette armée, j'achetai trois beaux et bons chevaux de selle, et je partis avec mon domestique *. Je m'arrêtai quinze jours à Parme, où je trouvai une belle bibliothèque : j'y travaillai sur Xénophon. Je vis la Virginie, peinte par Doyen; et ce tableau, qui n'est pas trop bon, me rappela mes anciennes études de dessin. De Parme j'allai à Modène en passant par Reggio, jolie ville où j'ai
1. L'armée française, qui occupait alors Tarente et la Fouille, commandée par le général Oouvion-Saint-Cyr.