‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 88 sur 175 · A M. LE GÉNÉRAL REYNIER · texte numérisé non relu

A M. LE GÉNÉRAL REYNIER

Foggia, le 17 février 1807.

Mon général, avec le tableau de mes misères, que vous pouvez voir ci-joint, je vais depuis trois mois de porte en porte, implorant le secours d'un chacun; mais la charité est éteinte, on me dit : Dieu vous assiste, et on me tourne le dos.

Quelqu'un pourtant me fait espérer (car il y a encore de bonnes âmes), si vous voulez bien certifier que par votre ordre j'ai pris la poste pour aller et revenir de Reggio à Tarente, voyage queji* lis deux lois, comme vous savez; sur ce certificat on dit qu'où mu paiera quelque chose. 11 est très-

vrai, mon général, que vous m'avez donné cet ordie; mais quand cela serait faux, comme il s'agit d'une aumône et de soulager un malheureux, ce seul motif sanctifie tout, et vous ne devriez faire aucun scrupule de mentir par charité. Pour donner aux pauvres, saint François volait sur les grands chemins. Notez, je vous prie, mon général, que ce certificat sera d'accord avec un autre certificat de vous, qui atteste fort inutilement que j'ai perdu trois chevaux laissés à Reggio, parce que j'étais parti en poste pour Tarente. Bon Dieu ! que de certificats 1 et quel style! Je devrais bien recommencer tout ceci pour vous écrire plus décemment et plus intelligiblement ; mais je compte à la fois sur votre indulgence et sur votre pénétration : deux choses dont je vous puis donner de bons certificats.

[A cette lettre se trouvait joint un Etat de perles, imprimé à Napies en janvier 1807 : nous le plaçons après la lettre qui suit, relative au même objet.

Le général Reynier observa que le sieur Courier était le seul olticier qui eut demandé à venir en Calabre, et le seul qui n'eût jamais demandé à en sortir.]

Page 1