AU MINISTRE DE LA GUERRE
A PARIS
Nsples, le l'r janvier 1807.
Monseigneur, après une campagne pénible dans la Calabre, je me trouve à Naples sans rien faire, parce qu'il n'y a rien à faire. Cette oisiveté dont j'ai perdu l'habitude, jointe à la mollesse du climat, détruit ma santé. Je suis malade, Monseigneur, et ne puis me rétablir, à moins que Votre Excellence ne daigne me tirer d'ici. Les médecins , tout d'une voix, assurent qu'il faut pour me guérir un air moins tiède que celui-ci et une vie plus active; je vous supplie donc, si cela peut s'accorder avec le bien du service, de me faire passer à la grande armée.
[Courier ne passa que deux mois à Naples, après lesquels il fut envoyé à Foggia, dans la Pouille, pour veiller à une levée de chevaux et de mulets qui se faisait dans cette province pour le service de l'artillerie. Force lui fut de partir avant d'avoir pu remonter son équipage, et sans avoir obtenu la moindre indemnité des pertes qu'il avait éprouvées en Calabre. Il obtint 1,900 francs en août seulement.
Pendant ce court séjour dans la capitale il avait reprisses éludes littéral i- is et établi des rapports intimes avec plusieurs érudits. Ceux-ci lui procurèrent la connaissance du marquis Tacconi, qui mit à sa disposition une riche bibliothèque.]