‹ ŒuvresChapitre 11 sur 37 · I. A Sainle-Euphémie, le 4 juillet · texte numérisé non relu

I. A Sainle-Euphémie, le 4 juillet

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aux lions. Bien m'a pris de savoir l'italien et de ne pas perdre la tète! J'ai harangué, j'ai déployé, comme tu peux croire, toute mon éloquence'; bref, j'ai gagné du temps, et l'on m'a délivré. Une autre fois, pour éviter pareil ou pire inconvénient, je partis dans une mauvaise barque par un temps encore plus mauvais, et fus trop heureux de faire naufrage sur la même côte où peu de jours auparavant on avait égorgé l'ordonnateur Michaud avec toute son escorte. Une autre fois, sur une autre barque, je rencontrai une frégate anglaise qui me tira trois coups de canon. Tous mes marins se jetèrent à l'eau et gagnèrent la terre en nageant. Je n'en pouvais faire autant. Seul, ne sachant pas gouverner ma petite voile latine, je coupai avec mon sabre les chétifs cordages qui la tenaient, et les zéphyrs me portèrent , moins doucement que Psyché, près d'une habitation d'où, aux signaux que je fis, on vint me secourir et me tirer de peine. Que peut faire, dis-moi, dans une pareille guerre, un pauvre officier d'artillerie sans artillerie (car nous n'en avons plus)? Distribuer des cartouches à messieurs de l'infanterie, et les exhorter à s'en bien servir pour le salut commun : c'est où en sont réduits tous mes camarades et le général Mossel lui-même. Ce service ne me convenant pas, pour

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