Il soufTraii de la vessie
ECRITES DE FRANCE ET D ITALIE iby
ceux qui ont voyagé en Italie comme amateur très-distingué des arts et de la littérature, et vous aurez pu aisément entendre parler de lui. Je le laissai, il y a dix ans, souffrant peut-être plus que vous du même mal, et je viens de le revoir, à l'âge de soixante-douze ans, non-seulement sans douleur, mais en tout, je vous assure, plus jeune qu'alors, n'étaient ses yeux, dont il se plaint. Voilà de quoi je suis témoin, et- voici le régime que commençait M. d'Agincourt quand je le quittai, il y a dix ans, et qu'il suit encore. Il ne mange que des végétaux cuits à l'eau simple, sans aucun assaisonnement ni sel ; mais sa principale nourriture est la polenta ou bouillie de farine de maïs, qu'on appelle en Languedoc millasse. D'ailleurs, abstinence totale de toute autre boisson que l'eau. Comme j'entretiens avec lui une correspondance fondée sur l'amitié dont il m'honore, je lui écris aujourd'hui pour avoir l'histoire de son mal et de sa guérison. Une pareille note, ou je me trompe fort, vous sera toujours bonne à quelque chose. Cette diète lui fut indiquée, à M. d'Agincourt, non par les médecins, mais par M. le chevalier Azara, qui l'avait vue, en Espagne, pratiquée avec succès, et s'en. souvenait : dont bien prit, comme vous voyez, à son ami. Qui empêche que je ne sois pour vous le chevalier Azara? Alors, vraiment, je me louerais de mes courses en Italie.
l68 LETTRES INÉDITES
Je VOUS livre, Monsieur, sans réserve, mon œuvre ', et mon nom, si on veut absolument le mettre en tète du volume. J'aimerais mieux cependant, par des raisons particulières que je puis appeler raisons d'État, n'être point nommé. Tâchez, je vous prie, de m'obtenir cela; du reste, le plus tôt sera le mieux. Si je pouvais avoir une vingtaine d'exemplaires... Mais tout est entre vos mains, et je suis trop heureux- qu'une amitié qui m'est si honorable et si chère vous engage à prendre ce soin.
Voici de quoi ajoutera mes notes -; vous voyez comme je travaille : tout ce qu'on appelle décousu, bâton rompu, n'est rien en comparaison. Une ligne faite à Milan, l'autre à Tarente, l'autre ici : Dieu sait comme tout cela joindra!
A M. Griois, major du 4*^ régiment d'artillerie à cheval, à Vérone.
Milan, le 10 mars 1809.
Ma foi, mon major, je vous quitte, et c'est à regret, en vérité. L'honnêteté n'entre pour rien