‹ ŒuvresChapitre 35 sur 37 · I . Fabvier · texte numérisé non relu

I . Fabvier

A M""^ Courkr ' .

Jeudi matin, mars 1824.

On m'envoie ici le Feuilleton. Je ne sais pourquoi ni comment ils m'ont pu découvrir et savoir mon adresse. J'en suis fâché. Cette lecture aurait pu t'amuser là-bas.

J'ai dîné lundi chez Hersent, et de là on m'a mené chez M™^ Gay, auteur, où j'ai entendu la lecture d'une comédie. Il y avait là beaucoup de monde. M"^® Regnault de Saint -Jean d'Angely m'a fait de grandes amitiés. Elle est encore belle. Lemontey y était; Elleviou, tellement vieilli que je ne l'ai pas reconnu; M""" Dugazon, qui m'a parlé aussi, et d'autres; M""^ Delphine Gay, qui fait des vers assez beaux à dix-sept ans; mais je crois qu'elle en a bien vingt. Tout cela ne m'amuse point.

On imprime ma drogue, qui, je crois, ne sera point saisie. J'en ai débité quelques morceaux, de

I. Sorti de prison, Courier faillit y rentrer en 1822, après la publication de la Pétition pour les villageois qu'on empêche de danser; mais il fut acquitté cette fois. Au mois de mars 1824, il veut se fixer à Paris pour quelque temps, et c'est pendant ce dernier séjour que fut écrite la lettre par laquelle nous terminons sa correspondance.

ÉCRITES DE FRANCE ET d'iTALIE 346

mémoire. Ils font plaisir à tout le monde. On est furieusement prévenu en ma faveur.

Je dîne aujourd'hui chez Gasnault, demain chez M""^ ***. Tout cela m'ennuie. J'aime mieux Hersent et sa femme : ils ont une maison agréable; ils gagnent beaucoup tous deux, et ils maudissent le métier. Leur santé est mauvaise.

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