‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 10 sur 175 · PREMIÈRE PARTIE. XVij · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. XVij

dire , quoiqu'il ne faille pas tout dire ; car , comme dit Boileau dans son chef-d'œuvre de Y Art poétique :

Qui ne sait se borner ne sut jamais écrire.

« En un mot, Monsieur, je veux avoir à choisir , et qu'on ne puisse pas nous reprocher d'avoir omis rien d'important... «

au même. — Du 6 juin 4716.

« J'en suis au premier volume de la Recherche de la Vérité, dont j'ai fait l'analyse assez longue. Je me suis attaché particulièrement à rassembler dans un discours suivi tous les principes du P. Malebranche qui ont rapport à son dessein , en laissant ses écarts. Ce serait être peu sincère que de vous dire qu'en cela il n'y a point de difficulté , et jamais je n'ai mieux compris la différence qu'il y a entre lire un livre pour l'abréger et le lire simplement pour l'entendre ; mais la méditation éclaircit tout , excepté les faits. En voici quelquesuns sur lesquels je vous prie de m'instruire :

« 4°. Sous quel général le P. Malebranche fut-il reçu à l'Oratoire? En deux mots, son caractère '.

« 2°. En quelle année placerons-nous cette grande maladie dont il se guérit en buvant de l'eau , et celle qui fut suivie de ses Entretiens sur la mort ?

« 3°. Peut-on savoir à peu près quand il commença à lire

1 Malebranche, étant entré à l'Oratoire le 28 janvier 1660, dut y trouver, pour général, le P. Bourgoing, dont Bossuet a fait l'oraison funèbre. Yoyez, sur le caractère du P. Bourgoing, l'ouvrage du P. Tabaraud, intitulé .- Histoire du P. de Bérulle, suivie d'une Notice historique des supérieurs généraux de cette congrégation, 2 vol. in-8°, 1827. L'auteur d'un Précis de la Vie de Malebranche, en tète d'un traité de l'Infini créé, attribué à Malebranche (Amsterdam, 1769), prétend, d'après Grosley, dans l'Eloge du P. Lecointe, Éphémérides, Troyes, 1764, que le P. Bourgoing avait, pour la science des faits, une répugnance telle, que, pour distinguer un ignorant, il disait : C'est un historien. On suppose que cette tournure d'esprit du général de l'Oratoire ne fut pas sans influence sur Malebranche,

XViij INTRODUCTION.

saint Augustin ou Ambrosius Victor, et en quelle année précisément son Traité de la Nature et de la Grâce fut censuré à Rome?

« 4°. Où est située l'abbaye dePerseigne, dont parlent ces Mémoires? Il y en a une de ce nom à trois lieues d'ici; serait-ce elle-même?

« 5°. Je ne me suis pas bien expliqué sur le fait de M. de Cambray. Le R. P. Lelong a cru que je voulais une attestation de M. de Polignac , qu'il a eu en main une lettre du P. Malebranche à cet archevêque, et qu'il n'a pas jugé à propos de la lui envoyer. Ce n'est point cela que je voulais, mais que l'on fit raconter à son Éminence (de Polignac) tout ce qui s'est passé entre lui et le P. Letellier à ce sujet, et que l'on m'envoyât un témoignage authentique; autrement, je courrais risque d'être démenti par nos pères, si j'avançais quelque chose d'incertain ou de faux. Ne pourrait-on pas aussi avoir la lettre en question?

« 6°. Quel était le caractère de M. de Chevreuse, du docteur Divois , etc.

« C'en est assez pour aujourd'hui. Je vous proposerai mes autres doutes à mesure que l'ouvrage avancera.... »

au même. — Sans date.

« Monsieur,

« Je vous suis fort obligé de vouloir bien m'envoyer le livre de M. de Cambray, et celui de l'Action de Dieu; car je crois que , dans une histoire , il faut faire connaître à fond les choses dont on parle. J'entre fort dans ce que vous me dites sur le caractère que doit avoir la nôtre ; mais il est plus facile d'approuver vos pensées que de les exécuter. En tout cas, j'y ferai tout mon possible, et vous me ferez plaisir de m'envoyer vos critiques sur chaque endroit. Ainsi, vos bienfaits vous attireront de ma part de nouvelles peines. Je vous prie encore de m'éclaircir quelques faits :

Page 1