‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 115 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. — IV. clxix · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — IV. clxix

nime des Pères quand il s'agit du véritable sens des paroles de l'Écriture.

« 8°. Mais saint Grégoire n'a-t-il point expliqué ce passage (nullus hominum vidit) comme le P. Malebranche, in' Job., chap. 28? Non, ce n'est point. là une explication, mais une moralité de saint Grégoire. Il s'en est très-souvent déclaré lui-même. Le père Malebranche ne l'a pas entièrement ignoré, lui qui, un peu auparavant page 256, tâche de se tirer d'un endroit de saint Grégoire où son fanatisme est clairement condamné '. D'ailleurs le P. Malebranche n'a pu se dispenser de lire au moins le chapitre entier où saint Paul parle ainsi de Dieu. Or, ce terme nullus, etc.

«9°. La" seule Clémentine ad nostrum de hœreticis suffit pour démontrer que ce qu'on condamne ici dans le malebranchisme est une véritable erreur. Ce n'est pas au reste une simple décrétale qu'on cite ici : c'est en une matière de foi la décision du concile œcuménique de Vienne, où ce décret fut porté pour condamner les erreurs des Béguards et des Béguines. Il ne s'agit pas même de prouver que ces erreurs soient les mêmes que celles qu'on réfute ici. Il s'agit précisément de ce qu'on y condamne comme hérétique : quiconque dira que l'âme humaine peut voir immédiatement l'essence divine sans être élevée par le secours surnaturel de la lumière de gloire 2, etc. On sait ce que les théologiens entendoient alors, et conséquemment ce que le Pape et les Pères du concile ont voulu exprimer par le nom de lumière de gloire. La décision de ce concile a été si constamment reçue de toute l'Église, que depuis jamais théologien orthodoxe n'a manqué de supposer en parlant de la vision de Dieu, que les bienheureux même dans le ciel ne voient l'essence divine que par le secours surnaturel de la lumière de gloire ;

1 « Fausseté. »

8 Molina, dans sa Concord. disp., 36, p. 753, dit cependant : Deuspotest efficere ut intus et sine lamine gloriœ conspiciat divinam essenliam.

clxx INTRODUCTION.

or, cela est faux , si le système du P. Malebranche est vrai , etc.

« 4 0°. Selon cet auteur fanatique, l'entendement des bienheureux n'agit point envoyant Dieu. Donc il ne peut sans contradiction reconnoitre la lumière de gloire pour élever la puissance d'agir que les bienheureux n'ont pas '. Peut-on nier que cette seule Clémentine ne suffise pour démontrer l'erreur du fanatisme malebranchiste contre lequel on veut que le P. André se déclare?

« 1 1°. Le P. André peut-il nier que les deux preuves marquées dans récrit latin pour montrer la témérité du fanatisme malebranchiste ne soient convaincantes ? n'est-il pas certain que Dieu est un acte si pur qu'il n'y a rien en lui qui soit distingué de l'essence divine, et qui ne soit Dieu même? Peut-il nier que toutes les écoles catholiques ne conviennent que l'esprit humain par ses seules forces naturelles et dénué de tout secours véritablement surnaturel , ne peut rien voir immédiatement de tout ce qui est en Dieu, et par conséquent identifié avec l'essence divine? Il ne peut nier non plus qu'en matière de théologie toute opinion est censée téméraire, dès là qu'elle est contraire au sentiment unanime de toutes les écoles catholiques. Qu'a-t-il donc à opposer? etc.

« \1°. Il y a plus, continue-t-il ; car on peut aisément démontrer que quand il y auroit en Dieu des idées des choses telles que le P. Malebranche s'imagine faussement, il seroit absolument impossible de les voir, sans voir en même temps la substance de Dieu.

«13°. Preuves de l'absurdité' prétendue du système du P. Malebranche.

4°. La conscience que nous avons de nos perceptions suffit à tout homme d'esprit, et réflexif en même temps, pour se convaincre qu'il ne connoît rien que par une action vitale

1 « Raisonnement foible, «

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