‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 130 sur 175 · DEUXIÈME PARTIE. — V. CXCV · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE. — V. CXCV

et cent autres encore?. J'estime assez Pourchot ' pour ses sentiments, mais il est si superficiel que l'on n'y apprend rien. Enfin, en cette matière, on peut dire que, dans les collèges, non est qui faciat bonum, non est usque ad unum. Personne n'examine , personne n'approfondit , personne même ne s'y donne la peine d'écrire un peu passablement ce que l'on y dicte. La manière y est aussi mauvaise que le fond ; et il semble que l'on n'y soit payé que pour gâter l'esprit de la jeunesse. »

Ailleurs encore, 15 février 1715, dans une lettre à M. Larchevêque, il se moque de la célèbre théorie péripatéticienne des idées représentatives, qui faisait alors l'enseignement de l'école.

toire a vingt ans, professeur de philosophie à Angers, et enfin secrétaire de l'Académie des Sciences, par la protection de Colbert. Auteur de l'ouvrage très-estimable : Philosophia vêtus ac nova,, ud usum scliolœ accommodata, etc., imprimé en 1678, et dont la troisième édition , 2 vol. in-4°, est de Paris, 1684, ouvrage d'après lequel les jésuites composèrent une philosophie à l'usage de l'empereur de la Chine. V. Moréri. — Mais on ne voit pas quel peut être le Duhamel second du nom, qu'André met ici avec Chanevelle et Gaullruche. Moréri n'indique aucun autre Duhamel philosophe. Mais je trouve un cours de philosophie intitulé : Philosophia universalis, sive commentarius in universam Arislotelis philosophiam, ad usum scholarum comparatam, 5 vol. in-12, Paris, 1705, et dont l'auteur est un M. Jean Duhamel, licencié de la Faculté de théologie de Paris, delà maison de Sorbonne, et professeur émérite de philosophie dans l'Université de Paris. C'est probablement là le Duhamel dont parle André, à en juger par le caractère péripatélicien et extrêmement médiocre de ce cours de philosophie. Ce même Jean Duhamel a donné en français un livre intitulé .- Réflexions critiques sur le système cartésien de la philosophie de M, Régis, auquel livre Régis fit la Réponse aux réflexions critiques, etc., Paris, 1<>92; il y traite ce Jean Duhamel de licencié en théologie, de la maison et société de Sorbonne, et de cij-devant professeur de philosophie au collège du Plessis-Sorbonne. C'est donc bien véritablement l'auteur de la Philosophia universalis.

1 Instiluiiones philosophiez , ad faciliorem veterum ac recentiorum philosophoi'um lectionem comparai» opéra et studio Edmundi Pourchotii, senonensis, Universitatis Parisiensis antehac rectoris et emeriti philosophie professons; éd. tertia. Lugduni, I7ii,4 vol. in-12.

CXCVJ INTRODUCTION.

« La production de telle ou telle idée dépend des lois de l'union de l'âme et du corps plutôt que de la ressemblance

des images du cerveau et de leurs objets Comment se

pourroit-il faire que l'àme produisit ses idées telles qu'elle les forme, à l'aide de ces images qui ne leur ressemblent presque jamais?. . . . Assurément si l'on donnoit à un peintre une ellipse pour modèle du cercle , on l'embarrasseroit plus qu'on ne l'aideroit. Quelle est donc la stupidité de nos philosophes d'école de s'imaginer que l'âme n'a point d'autre modèle qu'elle envisage , quand elle pense aux objets extérieurs , sinon ces petites figures que l'ébranlement des nerfs trace dans le cerveau? Voilà pourtant, Monsieur, l'origine de ces tempêtes qui bannissent aujourd'hui la vérité des collèges où l'on fait profession de l'enseigner. Que je vous plains d'être obligé de servir d'écho à tant de voix profanes ! etc. »

C'est au milieu de ces occupations que survint le plus grand éclat de la bulle Unigenitas, qui , à cette époque , agita tous les esprits, divisa les évêques et les parlements, et partagea la France en jésuites et en jansénistes.

Personne au fond n'était moins janséniste qu'André. Déjà Malebranche, dans le traité de la Nature et de la Grâce, avait combattu la doctrine d'une grâce efficace par elle-même qui ne laisse point à l'âme humaine le mérite d'y coopérer, ni par une conséquence forcée, le pouvoir d'y résister. Et André était encore bien plus exact que Malebranche sur la théorie de la liberté humaine, comme on l'a vu dans sa profession de foi sur le formulaire et comme le reconnaissent eux-mêmes les philosophes de la compagnie K L'accusation de jansénisme ne pouvait s'appliquer avec le moindre fondement à André ;

1 Voyez p. cxlv et p. clxxxv.

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