‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 144 sur 175 · CCX1V INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCX1V INTRODUCTION

Je suis bien obligé au P. de T ' de son amitié; il me fait beaucoup d'honneur, mais il me semble qu'il ne me fait pas justice lorsqu'il désapprouve si fort ma conduite. Car enfin , Monsieur, quelle est donc cette conduite scandaleuse qui a si fort déplu à certaines gens , qu'ils l'ont jugée digne des dernières violences? La voici avec toutes ses horreurs.

« 1°. Lorsque je faisois ma théologie à Paris, je voyois le P. Malebranche fort souvent. J'allois à ce qu'on appeloit les conférences de M. l'abbé de Cordemoi; je m'opposois, ou plutôt je témoignois assez publiquement que je ne me rendois pas aux médisances et aux calomnies que l'on débitoit contre M. Descartes et le P. Malebranche, en 4706: voilà pourquoi je fus envoyé à la Flèche pour finir mes études.

« 2°. En 4709, on me nomma pour régenter la philosophie à Amiens. Je déclarai à mes supérieurs que, ne trouvant aucun ancien cours philosophique qui fût à mon gré, j'en ferois un tout nouveau, en évitant néanmoins de rien enseigner qui choquât leur dernier Elenchus. Ils approuvèrent mon dessein, et je gardai ma parole. J'évitai avec soin toutes les matières sur lesquelles j'avois des sentiments particuliers, ou plutôt cartésiens ou malebranchistes. Mon cours se passa fort tranquillement ; mais , à la fin , on ne laissa point de vouloir trouver dans ma thèse générale des traces de malebranchisme , non pas tant, néanmoins, en ce que je disois, qu'en ce que je ne disois pas. Pourquoi , disoit-on , n'a-t-il pas parlé ni d'accidents absolus, ni de formes substantielles, ni d'état de pure nature? Voilà pourquoi ma thèse générale de philosophie fut censurée , en A 71 1 , par deux ou trois de nos savants de Paris , dont il y en eut un assez pénétrant pour y trouver le monothéisme. On en rira sans doute, mais la chose n'en est pas moins vraie.

« 3°. J'étois nommé pour le cours de Rouen. On me de- - manda une promesse par écrit que je réformerois ma philo-

1 Serait-ce le P. de Tournemine.'

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