‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 149 sur 175 · CCXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

CCXX INTRODUCTION

Gaen , comme il l'avait été déjà de tant d'autres collèges. A l'âge de près de soixante et dix ans, il s'adressa à François de Retz comme il s'était adressé à Michel -Ange Tamburini; il répondit, le 15 mars 1732, à toutes les accusations portées contre lui et réclama justice avec la vivacité et l'énergie de la jeunesse.

Heureusement le père provincial, Pierre Frogerais1, intercéda pour André auprès du père général. Nous avons du moins un billet de celui-ci, du 10 juin 1733, au père provincial , où , par égard pour lui , il veut bien lui abandonner la décision de cette affaire, mais en exigeant qu'André se soumette et signe le fameux formulaire d'Alexandre VII et la constitution Unigenitus.

Neuf ou dix ans après, en ïlhi , André recueillit un certain nombre de lectures qu'il avait faites à l'Académie de Caen , et les publia sous le titre d'Essai sur le Beau 2. Cet ouvrage, sur lequel nous reviendrons tout à l'heure, obtint un grand succès , fit beaucoup d'honneur à André , quoiqu'il n'eût pas voulu y mettre son nom , et le plaça au premier rang des écrivains de la compagnie , au milieu des pertes irréparables qu'elle avait faites et qu'elle faisait

1 Moréri ne parle pas du P. Frogerais. Nous trouvons ce nom au bas de la permission accordée au P. Bretonneau d'imprimer les Pensées de Bourdaloue. « A Brest, le 3 d'août 1731, P. Frogerais. » M. deQuens, dans ses notes, raconte que le P. Frogerais disait à André qu'on craignait qu'il ne formât un parti dans la société. « Quelle imagination, répondit André au P. Frogerais! je suis l'homme du monde le plus

inepte à être chef de parti mais, dit-on, plusieurs adoptent mes

opinions : en suis-je la cause? et du reste ils m'ont bien défiguré.»

2 Note de M. de Quens. « Le P. Catalan ( probablement le même qui travailla à la conversion de Dutertre) fut chargé par les jésuites de revoir l'Essai sur le Beau. Bel esprit; prédicateur; confesseur de la reine d'Espagne; revint en France , les Espagnols ayant prétendu nommer les officiers de la reine. »

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