DEUXIÈME PARTIE. — VII. CCXXJ
chaque jour '. En 11 hk , sur la nouvelle que Y Essai sur le Beau aurait bientôt une suite , Fontenelle écrivit à André :
« Je serois curieux, mon révérend père, de voir cette matière , agréable par elle-même , quoique très philosophique , traitée par une main comme la vôtre. Si vous voulez que j'aie ma part du plaisir que vous ferez au public , je vous avertis qu'il faut un peu vous presser, si vous le pouvez ; je n'ai pas le loisir d'attendre beaucoup. »
Qui ne croirait que la compagnie de Jésus ne se soit empressée d'entourer de respect et d'égards les derniers jours du vieillard , qui , presque seul en France , soutenait honorablement la réputation littéraire de la compagnie? Et pourtant il n'en est rien ; si la persécution s'était arrêtée , les défiances et les paroles sévères jusqu'à la dureté ne cessèrent de contristerle cœur d'André. En 1749, dans une circonstance que nos papiers n'éclaircissent point , André ayant refusé , à ce qu'il semble , quelque place administrative , et ayant exprimé franchement à cette occasion son opposition au système suivi par la société, fut vivement réprimandé par le P. provincial , et ne rentra en grâce qu'à force de soumissions et d'excuses ; c'est du moins ce que donnent à entendre les deux lettres suivantes du père provincial de la Granviîle.
' Daniel était mort en 1728, Hardouin en 1729, Buffier en 1737, Tournemine en 1739, Baltus en 1743, etc. Quand la société fut supprimée, en 1762, elle ne comptait plus en France un seul écrivain célèbre, ni même un peu connu, excepté André.