PREMIÈRE PARTIE. XXVlj
Paris, et pour faire ensuite l'ouverture de la première campagne contre M. Arnauld. J'espère, Dieu aidant, que ce sera le meilleur endroit de l'ouvrage »
au même. — 30 août 4717.
« J'ai fini l'analyse des trois lettres du P. Male-
branche, qui répondent au premier volume des Réflexions de M. Arnauld , sur le Traité de la Nature et de la Grâce. Cette lettre écrite, je commence à travailler sur celles qu'il a répondues aux neuf de son fameux critique. A mesure que j'avance, je trouve qu'il me manque encore bien des instructions pour faire un ouvrage complet et intéressant. En attendant, j'irai toujours mon train; car, toutes les analyses faites et le plan de la narration dressé selon l'ordre des temps, j'espère que le reste ne me coûtera pas beaucoup »
au même. — 3 octobre 4717.
« Je vous dirai que j'ai enfin achevé l'analyse du
troisième volume des réponses du P. Malebrancbe à M. Arnauld. Si on me donne du temps , je commencerai bientôt l'histoire des Entretiens sur la Métaphysique. Ce qui est plaisant , c'est que l'on m'accuse de jansénisme dans le temps même que j'écris très-fortement contre les jansénistes. ...»
au même. — Ce 4 4 octobre 4747.
« J'interromps avec plaisir l'analyse de la réponse du P. Malebranche au troisième volume des Réflexions de M. Arnauld pour vous remercier de votre obligeante lettre. Vous me faites beaucoup d'honneur d'avoir bien voulu être tenté de me venir voir. Si vous aviez été assez faible pour succomber à la tentation, je vous aurais montré à l'œil combien je suis avancé dans notre histoire ; vous en eussiez rendu à vos amis un compte plus exact et plus juste ; mais vous avez pourtant fort bien fait de ne vous pas détourner
XW1IJ INTRODUCTION.
pour si peu de chose, car notre livre n'est encore qu'une ébauche. Ainsi, Monsieur, je vous prie de me dispenser de vous en rien envoyer jusqu'à ce qu'il soit fini. Ce que je puis vous dire, en général, c'est qu'il sera plein de vérités importantes, de faits curieux , de mœurs, de caractères, de réflexions chrétiennes , toutes propres , si je ne me trompe , à former la raison et le cœur des personnes qui le voudront bien lire. Outre les livres que vous m'avez envoyés, j'en lis moi-même une infinité d'autres dont je tire beaucoup de lumière. Je souhaiterais que vous et vos amis en fissiez autant pour me fournir les éclaircissements dont j'ai besoin , mais que je ne vous demanderai que lorsque j'aurai fini mon ébauche ; par exemple : un plan fidèle de l'institut de l'Oratoire ' ; la succession des généraux de cette illustre congrégation sous lesquels a vécu le P. Malebranche , avec leurs caractères2; l'arrêt du conseil d'État donné, en 4675, sur le cartésianisme 3; le concordat des jésuites et des pères de l'Oratoire , en 1 678 4 ; un détail de la part qu'y eut le P. Quesnel , et de celle qu'il eut à la querelle de M. Arnauld avec notre grand philosophe ; l'histoire de ce qui se passa en Sorbonne, en 1690, touchant la nouvelle philosophie, lorsque le roi y envoya M. de Harlay, archevêque de Paris3, etc., que je vous dirai en temps et lieu. En un mot, quoiqu'il ne faille pas tout dire, je crois néanmoins qu'il faut tout savoir pour parler en maître sur les matières dont on entreprend de traiter »
' Voyez l'ouvrage déjà cité du P. Tabaraud.
2 Ibid.
3 Fragments philosophiques, t. II.
* Voyez l'ouvrage de Bayle, intitulé .- Recueil de quelques pièces curieuses concernant la philosophie de M. Descartes, Amsterdam, 1684. r' Voyez le Boileau de Saint-Marc ,1. 1.