‹ Œuvres philosophique du père AndréChapitre 25 sur 175 · PREMIÈRE PARTIE. XXXix · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE. XXXix

gnac écrivit sur ce sujet à M. de Cambray, ou du moins la réponse de M. de Cambray à M. de Polignac, dans laquelle il désapprouve la préface du P. de Tournemine; ou, en cas que tout cela soit perdu, avoir une attestation en bonne forme de M. de Polignac que ces faits sont véritables?

« 8°. Ne pourrais-je pas avoir, en propres termes, la petite réparation d'honneur que le P. N, fit au P. Malebranche, soit de vive voix , ou par écrit , par le conseil , dit-on , du P. Letellier, ou par son ordre?

« Je vous demande, Monsieur, là-dessus, tous les éclaircissements et toutes les certitudes possibles; car je ne veux rien dire dans notre histoire que. de vrai , que de sûr, que d'incontestable. Il faut aller, autant qu'il se pourra , au devant de toutes les critiques , et avoir en main de quoi se défendre en cas d'attaque. La grande lettre du P. Malebranche à M. de Cambray, où il est parlé de mon affaire de Rouen *, me donnera occasion de dire bien des choses qui pourront ôter toute créance aux ennemis de la vérité ; car, à ne vous rien dissimuler, je ne leur trouve pas le sens commun par rapport au P. Malebranche. Ils avouent presque tous, les uns qu'ils ne l'ont pas lu, les autres qu'ils ne le comprennent pas , et cependant ils en parlent presque tous comme des papes. Assurément, c'est une insolence qu'il faut réprimer »

au même. — Du '16 février 1719.

« Je vous envoie , pour excuse de mon long silence , quatre petits cahiers que j'ai ajoutés à notre histoire. Vous ne sauriez croire combien le dernier m'a coûté à faire, surtout l'article qui me regarde. J'ai taché de n'y rien dire que le public n'ait pu ou ne puisse apprendre par un autre canal que le mien. J'ai supprimé mon nom, ne le trouvant pas digne d'un tel ouvrage. Vous l'exprimerez, si vous le jugez à propos. Je vais commencer l'affaire du P, Malebranche

' Voyez plus bas, 2e partie.

Xl INTRODUCTION,

avec le P. de Tournemine au sujet du livre de l'existence de Dieu par M. de Cambray, dont je finirai le portrait à cette occasion. Je ferai usage de tout ce que le P. Lelong m'a envoyé. Continuez, je vous prie, l'un et l'autre, à m'.enrichir de vos découvertes ; ne m'épargnez pas non plus vos critiques , ce sera le moyen de faire un bon ouvrage de l'essai d'histoire que vous avez. ......

au même. — \\ mars 4719.

« .... Je recommence demain l'endroit de notre histoire qui regarde le livre de M. de Cambray. J'y trouve de quoi autoriser presque tout le système du P. Malebranche, surtout en philosophie ; ce qui ne sera pas peu utile à la vérité ; car ce grand prélat, si fameux par son bel-esprit, me paraît avoir une grande autorité , non-seulement chez nous , mais dans le monde , quoi qu'en veuillent dire messieurs les jansénistes »

au même. — Du 3 mai 019.

« Je profiterai soigneusement de tous les avis que vous me donnez sur notre histoire. Ne me les épargnez pas; car il s'agit de faire, s'il est possible, un ouvrage accompli à la gloire de Dieu et de sa sainte vérité. N'ayez égard qu'à ses intérêts, sans penser à moi. Pour ce qui est d'une première édition de l'ouvrage en pays étranger, vous me permettrez de vous dire que cela n'est nullement à propos , et qu'il vaut mieux en retrancher sans façon tout ce que les approbateurs ou plutôt les censeurs de livres n'y trouveront pas à leur goût. Mais ne pourrait-on pas leur faire entendre raison sur les points dont il s'agit? Peut-on écrire la vie d'un auteur sans y faire entrer le caractère de ceux qu'il, a eu à combattre ? Et si ceux qu'il a eu à combattre sont gens à craindre par leur hardiesse à soupçonner les autres , surtout en matière de religion, à les décrier par .toutes sortes de voies, à les calomnier sans pudeur, n'est-il pas à propos, pour l'Église, de leur ôter toute créance par la simple narration des faits?

Page 1