II. André à la Flèche, année 1707 et 170b
Voilà donc le P. André établi , au commencement de l'année 1707, dans ce même collège delà Flèche qui avait servi de berceau à Descartes , et qui servait maintenant de lieu d'exil à un de ses derniers disciples. C'est dans cette situation que nous le montre la première correspondance. Il y cultive en paix ses études et ses amitiés de Paris. Dans trois lettres à Malebranche , du 12 février, du 9 mars et du 30 avril 1707 , il lui rend compte des lettres qu'il a reçues d'Italie , et de celles qu'il a écrites , de l'éloge qu'il y a fait de Descartes et de Malebranche , des petites conquêtes qu'il ménage autour de lui à la philosophie , ici dans un jeune jésuite de la Flèche , appelé de La Pillonière, là dans une demoiselle de la Pidoussière, « jeune personne, dit le P. André, fort sage et fort spirituelle, qui, depuis cinq ou six ans, n'a de goût que pour l'Évangile et la recherche de la vérité, » enfin de la résolution qu'il a prise de se livrer à la prédication, comme il l'avait annoncé au père Daubenton ; et il paraît qu'il avait commencé à exécuter cette résolution, si on en juge par le volume de sermons inédits trouvés parmi ses papiers *.
A MON RÉVÉREND PÈRE LE TRÈS-RÉVEREND P. MALEBRANCHE, PRETRE DE L'ORATOIRE , RUE SAINT-HONORB , A PARIS.
« Mon très-révérend père , « La bonté que vous ne vous lassez point de me témoigner m'oblige à vous faire une confidence que je ne ferois à nul autre. J'ai reçu depuis peu trois lettres d'Italie, deux de Rome et une de Lorette , qui m'ont mis dans la nécessité
1 Voyez plus haut, p. iv.